‹ Claude de Bermen, sieur de la Martinière (1636-1719) [microforme]Chapitre 2 sur 14 · PR PS DRE ET TERRE EEE · texte numérisé non relu

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e official de l’évêque de Québec, Lauzon-Charny eut bientôt d’autres sollicitudes. Claude de Bermen qui avait épousé la veuve se fit le protecteur des mineurs de Lauzon. Il fut pour eux un père véritable. Jamais pupilles n’eurent un tuteur plus dévoué(). Jean de Lauzon avait laissé trois filles. Elles entrèrent aux Ursulines de Québec et y embrassèrent la vie religieuse. Le plus vieux des garçons, Jean, mourut en bas âge(2).

Le cadet, Charles-Joseph, né en 1657, passa en France quelques années après la mort de son père.

Le grand sénéchal en épousant Anne DesPrés l’avait dotée d’une pension viagère de quatre cents livres(3) Il n'avait eu pout assurer cette dot que les revenus problématiques que pouvaient lui donner les seigneuries dont son père l'avait fait propriétaire.

Ces domaines encore incultes étaient plus onéreux qu’utiles. Bermen de la Martinière s’oc-

(1) Bermen de la Martinière avait été nommé tuteur des enfants de Lauzon par l’intendant Bouteroue, KA premier décembre 1668. (Voir greffe de Gilles Rageot 26 déc. 1669).

(2) On ne peut préciser la date de sa mort, mais le e Lafontaine croit pair ’elle eût pe entre 1669 et 1679. los

(3) Contrat de mariage-—greffe Audouart, 21 octobre 1651.

MAO À. AR cupa de les mettre en valeur. La plus grosse part de la succession de Lauzon se trouvait

être la seigneurie qui a gardé ce nom.

Cette vaste propriété de trente-six lieues de

superficie, située en face de la capitale de la

colonie, ne pouvait manquer d'acquérir un jour une importance considérable. Pendant vingt ans; de la Martinière en dirigea l'établissement. On peut dire quil y exerça les véritables droits du seigneur de 1668 à 1689. Dans ces deux décades, tous les titres de concession portent son nom. Grâce à sa bonne administration, la veuve de Jean de Lauzon put jouir pendant ces vingt années de la dot de quatre cents livres que lui promettait son contrat de mariage.

En 1689, Anne DesPrés mourut. Il ne restait plus pour représenter la famille du grand sénéchal qu’un filsunique Charles-Joseph de Lauzon (1). Il allait entrer en possession des biens dont sa mère avait joui depuis tantôt un quart de siècle

(1) Pour l’usufruit de Anne Des Prés voir 1°. Régistres de

| la Mat de + ax 2 aux dates du 4 septembre 683 et du

26 juin nperente et délibérations du conseil dr TL p330(1 uillet 1688) p 245 (16 août. 1688) ; 30. Les

titres de concession octroyées dans la seigneuric de Lauzon de 1661 à 1689. Pour le droit d’hérédité de Charles de Lauzon voir la déclaration du 19 mai 1690.

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lorsqu'il disparut à son tour, quelques mois à peine après son mariage avec damoiselle Mar guerite Gobelin qu’il avait se à Paris en

Charles-Joseph de Lauzon était mort sans di laisser de postérité, Sa femme qu'il avait fait | la donatrice de tous ses biens (1) ne tarda pas à Ill s'apercevoir que les successions d'Amérique ne 1e sont pas toujours ce qu’un vain peuple pense. Al L'héritage des Lauzon était grevée d’hypothèques. Marguerite Gobelin, pour une somme de quatre mille livres que son époux devait à un bourgeois de Paris, M. Thomas Bertrand, dût Jui abandonner la seigneurie de Lauzon et la plupart des domaines que l’ancien gouverneur avait distribués à sa famille avec tant de complaisance pendant son séjour dans la colonie,

Thomas Bertrand, en faisant l'acquisition de ces propriétés, voulait seulement sauver du naufrage les avances qu’il avait faites à la fa-

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(1) Contrat de mariage passé devant es me et Robil

notaires au C Châtelet de Paris, en date du 12 Janvier 1088 Les régistres du Conse! cr EE de Québec en font une mention sommaire.

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* mille de Lauzon(). Il donna procuration à

François de la Forêt, un des officiers qui servait avec de Tonti au fort Saint-Louis des Illinois, de recevoir tout ce qui pouvait lui être dû pour fermages, arrérages de cens et droits seigneuriaux. (2 De la Forêt chargea de cette tâche Charles Macart, bourgeois marchand à Québec().

En bon négociant qu’il était, Macart voulut exécuter son mandat sans délai. Mais quand il vint pour se mettre en possession de la seigneurie de Lauzon et retirer les fermages dûs par les censitaires, ce fut une autre affaire.

Depuis ngt ans, Claude Bermen de la Martinière avait retiré les revenus de ce domaine seigneurial et il lui coûtait de les abandonner

(1) Voir la vente du 19 mai 1690, devant L. Normand et Raäppé, conseillers notaires au Châtelet. Par cet acte, madame de Lauzon abandonne à Thomas Bertrand la seigneurie de Lauzon, la seigneurie de la Citière, les terres de la rivière du Petit Pré concédées en 1652, une terre près de Lauzon concédée en 1653, la ferme de la Grange concédée en 1655, un domaine près du cap Rouge, une seigneurie près de l’Ile Verte.

2) Procuration pooderent Normand et Rappé, notaires à ip le panie 1690. (vol III. 545. Jugements du Conseil supérieur.

(3) 4 juin 1691-—Greffe Rageot.

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