‹ Claude de Chouvigny, baron de Blot l'EgliseChapitre 31 sur 43 · LA VIE DE BLOT XXIX · texte numérisé non relu

LA VIE DE BLOT XXIX

Les Limbes, ou le Purgatoire (Il vaut mieux juger bien que mal) ; Mais si pour être jovial, D'un cœur vigoureux, franc et brave, D'une humeur libre et non esclave, De bon sens et d'esprit pointu, Et faire des Vers in promptu, On acquiert un rang honorable Dans le Royaume per durable, Je voy bien des Gens, aujourd'hui], Qui seroient au-dessous de luy.

Scarron, dans le numéro de ses Epîtres burlesques (1) de la même date, est moins élogieux ; il n'insiste que sur son esprit :

De Blot est mort, cet esprit rare.

Il seroit d'âme bien barbare Celuy qui ne pleureroit pas Un si déplorable trespas.

Si ce n'est que tout brancart tombe, J'irois escrire sur sa tombe :

Icy gist le pauvre de Blot Qui fust /'Antipode du sot.

Les deux gazetiers se taisent sur la nature de la maladie à laquelle il succomba ; en tout cas, elle fut de courte durée. Le souhait formé par Blot en bonne santé s'est-il réalisé?

Je ne demande au Seigneur (2),

Pour bonheur, Que d'estre buveur, fouteur, Incrédule et sodomite,

Puis mourir (bis), Puis mourir de mort subite !

(1) Les Épttres burlesques de Scarron et d'autres autheurs paraissaient à peu près régulièrement chaque semaine, il y en a 15 de Scarron sur 32 de Tannée 1655 ; leur éditeur Lesselin en reprit la publication, après un intervalle de huit mois, de 1656 à 1658 sous le titre de Muse de la Cour (voir Les œuvres libertines de Claude Le Petit, Paris, 1918, notice, p. xxn et suivantes). — La Muse de la Cour est une gazette rarissime, on n'en connaît que trois exemplaires incomplets, le premier est à la Bibl. nationale, le deuxième à Wolfenbuttel, le troisième dans une collection particulière.

(2) Ce texte est celui du Ms. Potocki, T. I, p. 512, voici une variante d'autres Ms : Je prie souvent le Seigneur D'estre ivrogne et sodomite

De bon cœur Et mourir de mort subite.

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