‹ Claude Fauchet, 1744-1793Chapitre 27 sur 38 · La. Religion Nationale, p · texte numérisé non relu

La. Religion Nationale, p

est non seulement un attentat contre l'Humanité, c'en est un contre Dieu, seul arbitre des consciences. Mais ce n'est pas persécuter (jue de refuser les grandes prérogatives de citoyen à ceux qui par leurs sentiments se déclarent étrangers au culte de la Patrie. On ne leur otc aucun dcsdrcjits de 1 liumme ; (ju les accueille même avec rallcciion de fraternilé qui doit unir t(ius les humains ; on It^s chérit ; on les laisse jouir des avantages de la nature et de la société. Les lois protègent leurs personnes, leurs biens, Irm- bonheur ; que peuvent ils exiger de plus? De partager les magistratures et d'entrer dans la corporation intime de la nation? (^'est unr [)ic't('ulion injuste et ce serait une contradiction dans l'Ktat. L'unité légale serait rom[)ue à sa racine et dans toutes ses branches. La religion ne serait plus rien dans la constitution dr la Patrie, quoicpi^elle doive l'embrasser tout entière et ^ en former les liens indissolubles (i). » S'il se tri vivait malgré tout parmi les non-calholiijues des hommes de génie ou de talent vraiment exceptionnel, on pourrait les associer au gouvernement. ( e serait une exception cpii ne com[»roniettrail pas la règle.

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Kauehct n'a gucic insiste dans /ai Hrlit^ion Xatich nuLe sui' le choix du meilleur gou\ (Mncmciil. S'il

en parle ce n'est qu'incidemment et pour montrer que « Tétat constitutionnel de la religion catholique » doit être le modèle de tous les gouvernements.

Mais nous avons d'autres sources. Nous avons déjà étudié les idées que Fauchet a exposées dans sa critique du Contrat Social, Toute souveraineté vient du peuple ou souverain ; elle ne peut jamais s'aliéner, mais elle peut être représentée. Le peuple ne pouvant pas exercer le pouvoir exécutif a un «gouvernement» dont la forme importe peu; une seule chose est essentielle, c'est qu'il dépende du peuple et obéisse à sa volonté.

Là-dessus Fauchet n'a jamais varié. Les discours au Cercle Social sont de 1790-179L Un an plutôt dans sa « motion du 20 novembre 1789 à la commune de Paris » il écrivait : « Tout pouvoir vient du peuple, ^ tout exécuteur du pouvoir est comptable au peuple. Le peuple est tout ; il se constitue un chef et des représentants ; le chef ne peut s'écarter des lois, et les représentants ne peuvent exprimer dans les lois que la volonté publique. Quand les lois sont publiées et promulguées, elles doivent avoir leur effet soudain, mais il faut qu'elles soient ensuite acceptées par la nation, pour avoir le dernier sceau de la volonté publique, qui est le principe et la fin de toutes choses dans l'Etat. » On trouve à peu près les mêmes termes dans son troisième discours sur la Liberté. Plus tard enfin, en mars 1791, Fauchet faisait ainsi sa

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profession de foi sociale dans son adresse à la Société des Amis de la (lonslitiition : « Souveraineté du [)eu|)ic sans iacjuelle il n'existe ni liberté ni égalité, lieprésenlalion (I) et division des pouvoirs législatif, exécutif, aduiinislralif et judiciaire, (jui, non représentés, réduiraient la Ic^Msialion nicuic et le gouvernement à l'irupossible et (jui non divisés faciliteraient le ichuii du dcspolisuie. Le rassemblement périodicpie du souverain, son droit supr(^me de sanctionner les lois, ou d'en exiger la réformation par ses représentants Ci), droits sans l'exercice ducjuel la souveraineté serait aliénée et anéantie. »

Remontons en arrière. Nous retrouverons dans La Relii(ion Natiomilc les mêmes prin(i[)es. <^ Le meilleur état constitutionnel pour une i^rande nation, est une monarchie tellement ordonnée que les volontés de toutes les classes de citoyens soient consultées, concourent pour former le ('ode «les Lois, et se concentrent dans l'unité d<' l'administration confiée au roi comme au pcre commun, en ce «pii concerne les intérêts de la ualion l<>ul entière; et dans la concordance- de rexeculiou confiée aux magistrats mililaires et «'ivils. comun^ arix gardiens communs, en ce (pii i-egarde les intérêts de cliaenn en partitulitM-. coidorriiément à la noIouIc publiipie. Car si I»* sonve-

1. Nous avons vu ijut* l'uuchel lulnul la rrpri'soutuUoii, eu opposition ili- la doolrin»' de Uouhscbu qui la refuse (p. 7I-7Î).

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