CHAPITRE miEMIKH Principes théoriques et moyens d'application
Toute la théorie sociale de Fauchet repose sur deux principes: « Tout homme a naturellement droit à ce qui lui est nécessaire ; l'Ktat social n'est avantageux aux hommes qu'autant (pi'ils ont tous quelque chose et qu'aucun d'eux n'a rien de trop. »
Ces principes établis après Rousseau dans h* sixième discours au (Cercle Social, Fauchet les indi- (juail dans son discours sur les Mœurs Rurales (|uand il demandait non pas l'égalité absolue de lait mais une éi^alilé au moins relative des contlitioiis. ^v A Dieu ne plaise cpie, partisan d'une |)hil<>s()plu<' ipii n'est i)as la philosophie et d'une sai;(»sse (|ui m'c'sI pas la sau:esse nous applaudissions à des pi'inei()es «l'/'i^alité (pie la nature même et la société désavou( ni 11 faut des riches et des [)anvres ( 1 ).d(»s infVM'ienis et des
1. I''auil»cL t'aiL nnc (lisLiiuMittu capilalo iMiln- l.i mi^i r. il la pauvreté. Lu imsèrt" c'est « lu privaliDn des ciiusc» o.!isci)licllfi> A U tic
supérieurs, mais il ne faut pas des insolents et des misérables... Chacun son être, chacun son bien, chacun son indépendance sous Tautorité des lois. » Plus tard, à la Société des Amis de la Constitution, Fauchet demandait l'application de ce vrai principe renfermant toute bonne institution de l'ordre social ;« L'assurance des moyens de la suffisante vie à tous les individus de la société, Taisance proportionnelle au travail et à l'industrie, la grande abondance aux travaux largement productifs et à l'industrie supérieure . »
Pour mettre ces principes en œuvre, Fauchet propose à la fois des moyens moraux, sociaux, financiers et légaux. Nous allons examiner ensemble les trois premiers. Ce sont les moins précis. Les derniers au contraire sont plus originaux et plus développés. C'est sur eux que Fauchet comptait le plus sûrement.
Les moyens moraux sont les moins intéressants. Fauchet les indique pour donner au peuple le bonheur. Comme tous les théoriciens de l'époque, il était trop teinté de sensiblerie pour pouvoir se soustraire à sa recherche. Qu'est-ce que le bonheur pour un peuple,
et des moyens légitimes de se les procurer ». La pauvreté c'est la privation des biens corporels qui ne sont pas étroitement nécessaires à la vie. Le pauvre a quelque chose, l'état social est pour lui avantageux ; autrement dit il a le minimum de biens que Fauchet exige et déclare suffisant pour chacun.
Quant à la misère, la seule sécurité des personnes et des biens la ferait disparaître.
cet â^e d'or toujours promis? Jamais Faucliet ne s'est expliqué là-dessus. Mais en revanche il a indiqué pour l'obtenir des moyens aussi simples que iiuiubreux.Il faut développer les mœurs: « Il faut donc favoriser une liberté sage et assurer le fruit légitime des travaux; avec rirreligion et la licence point de mœurs, il faut donc ranimer les principes religieux et honorer la vertu pure (1). » Suivre l'état de nature: « Nous voyons, dans les traditions de l'histoire, les peuples heureux tant que la simplicité des mœurs champêtres a conservé sur les chefs du gouvernement son aimable empire (1). » Unir l'Evangile et la Liberté: « Je vois dans TEvangile le Gode parfait de la vertu et Tunique moyen de bonheur pour mes concitoyens(:2). » Abjurer les richesses : « L'abjuration des richesses, le genre humain ne Ta pas encore comprise. Elle est cependant tout le secret des mœurs, toute la science de la vertu, toute la perfection de la liberté publicjue, tout le fondement de la prospérité des em[)ires.,. Malheur aux riches, voilà toute la morale de la libellé, toute la morale du bonheur... 11 faut (jue toutes les consciences repoussent l'intérêt propre, que la nature corrompue re[)roduit sans cesse pour le malheur de l'humanité et le désespoir de la société... Unissons l'Evangile à la Liberté (4). »