Religion Nationale, p
trésor de la Patrie », ce qui n'était pas à dédaigner en ces temps de crise financière [)erpétijelle.
11 s'agit d'établir un irn[)ôt progressif sur les fortunes. L'impôt sera perçu selon une pro[)ortion toujours croissante: « double, tripl<î et même décu[)le ». D'ailleurs à [)art la division des contribuables en quatre classes, Fauchel n'apporte aucune précision. Il se contente de dire qu'avec son moyen « l'Ktat est aussitôt beureux à jamais ». Une fois de [)lus il a dccouverl la source du bonheur.
La première classe com[)rend les citoyens (pii n'ont pas le nécessaire. Non seulement ils ne paieront pas d'impôt, mais encore l'Etat se chargera de leur fournir des moyens d'existence. La deuxième classe est formée de ceux qui n'ont que des moyens d'existence restreints « ceux (jui atteignent à l'étroite médiocrité ». On peut supposer que Fauchet range là-dedans les ouvriers et les tout petits bourgeois. Ils ne doivent à riùat (pie « l'obole de la veuve ». S'il ne dii pas en (pioi elle consiste, KaucbeL ajoute que, vu le nombre immense des citoyens, le « tribut sera vaste v. La troisième classe «l'honnête aisance... fournira beaucoup et de grand cceur ». Kauehet ne devait iruère connaître les contribuables. Kniin la dernière classe, « l'opulence » « eoniblera la mesui'e. la surpassera, la fera relluer surabondaininenl pour la pi-ospérilé de riMn[)ire ». Toutefois Kauehel ne tioil pa> «lU grand eccui" de l'opulence. lN)ur une tois son oj^ti-
misme est en défaut et il demande contre elle toute r autorité de la Loi.
La répartition du produit de l'impôt sera faite par les citoyens réunis c< dans les mille centres de l'empire ». Il n'y a pas d'autres précisions.
Moyennant quoi « l'Etat est aussitôt heureux à jamais... Vous aurez toujours des pauvres, mais ils auront toujours du travail et du pain, la Patrie immensément opulente leur en fournira. Vous aurez toujours des riches, mais ils auront de la modestie et des vertus. »
Ces moyens que nous venons d'examiner suppriment la trop grande inégalité des fortunes [l'état social n'est avantageux qu'autant que tous les hommes n'ont rien de trop] et assurent le minimum d'existence [l'état social n'est avantageux qu'autant que chacun a quelque chose]. Ils manquent absolument de précision dans les détails. On aurait aimé savoir quel degré de fortune séparait une classe d'une autre dans l'impôt progressif ou comment se faisait sa perception. Gomment le contrôle de la perception par les citoyens pouvait fonctionner sans vexations. Si Fauchet en avait parlé plus longuement on aurait pu comparer ses ateliers de charité avec les ateliers sociaux de tel autre économiste ou nos ateliers nationaux de 1848.
Fauchet a été plus précis dans sa loi agraire et ses corollaires la loi des mariages et celle des successions.