ETUDE D ARBRES
(Collection Albertine.)
tout ce qu'il était réduit à apprendre d'un autre maître qu'elle, il ne l'a jamais possédé qu'à demi.
Deux défauts percent d'assez bonne heure dans les œuvres de Claude, défauts dont il n'a jamais pu se défaire : le dessin de ses figures et sa perspective linéaire sont toujours restés fort imparfaits, quoiqu'il se fut livré à des études spéciales sur l'un et l'autre. Pendant son séjour chez Augustin Tassi, — séjour qu'il faut placer, d'après Sandrart, au début de son arrivée à Rome; d'après Baldinucci, au contraire, après son voyage à Naples, — Claude s'occupa surtout beaucoup de perspective, sous l'œil même du maître : consulcnte et informante euin patrono, Prospectivœ operam dabat. Il y lit même de certains progrès, et la preuve c'est qu'il commença, à quelque temps de là, à peindre des façades de maisons à la mode italienne : — domicilio subdialia œdificiis exornata pingeret ; — mais Sandrart ajoute, avec une candeur qui semble lui avoir été imposée par le propre récit du maître : « ces travaux-là n'avaient pas une grande valeur, ils étaient payés à vil prix ». La situation de Claude ne s'améliorant pas, il se vit forcé de vivre avec la plus stricte économie : parcimoniœ eo tenacius studens.
Quant aux figures de ses tableaux, il était, nous dit l'auteur allemand, — et tout le monde peut s'assurer de sa véracité en examinant les dessins et les croquis du maître, — « aussi incapable de peindre les hommes et les animaux qu'habile à représenter les effets de la nature », et cependant il ne cessait de faire les plus grands efforts pour y parvenir. Les animaux qui figurent presque toujours dans ses dessins d'après nature, s'ils ont les allures, ont rarement les formes qui leur sont propres. Mais, avec la même conscience qu'il met à dessiner une feuille, une tige, une petite fleur à moitié éclose, Claude essaie sans cesse de représenter des quadrupèdes ou des volatiles de toute espèce. Il nous en a laissé quelques charmants croquis, comme dans ce coin de ferme dans lequel se prélasse un pourceau (collection de M. Malcolm), mais c'est là une exception. Le plus souvent ses tentatives sont plus ou moins malheureuses. Quelquefois, il fait passer sous nos yeux des vaches qui ne ressemblent à rien moins qu'à des