‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 17 sur 176 · CHAPITRE II 3i · texte numérisé non relu

CHAPITRE II 3i

même cette habitude jusque dans un âge avancé ; la preuve, c'est que Sandrart Ta encore vu procéder de cette manière.

Ayant été entraîné par son ami à faire des « subdialia », Claude ne se contenta pas d'essayer ses crayons, il entreprit encore de peindre en plein air, et c'est sur sa façon de travailler à cette époque que son ami donne les détails les plus curieux : « Plus tard, quand mon ami intime et proche voisin à Rome, le très célèbre Claude Gellée, recherchait toujours des endroits retirés dans les champs, afin de pouvoir s'exercer à dessiner d'après nature, genre pour lequel il était très peu doué par la nature, tandis que pour le coloris il avait une grande facilité, il nous arrivait (le dessin et les ombres ayant été indiqués au moyen de la craie noire ou du crayon) de peindre d'après nature, avec des couleurs, — aux champs ensoleillés de Tivoli et dans les endroits qu'on appelle maintenant Frascati, Sobiacho, al S. Benedetto et ailleurs, — sur du carton dûment préparé ou sur de la toile, les montagnes, les cavernes, les vallées, les terribles chutes du Tibre, le temple de la Sibylle, et d'autres choses semblables1. » On relève chez Baldinucci un autre détail qui montre quel prix le maître lorrain attachait à ses études peintes, et l'usage qu'il en fit : sur la liste, que lui fournit Joseph Gellée, des principaux tableaux de son oncle, on en remarque un qui fut peint par Claude à la villa Madame, près Rome. Ce tableau fixa plus tard l'attention du pape Clément IX, qui offrit au peintre de le couvrir d'or s'il voulait le lui céder, mais Claude refusa. Il l'avait peint pour lui-même ; il le regardait tous les jours pour la variété « degli alberi e gli foglie », il persistait à le conserver et trouvait toujours des défaites nouvelles à opposer aux sollicitations du saint-père.

La plus grande obscurité règne sur les travaux de Claude pendant les premières années qu'il passa à Rome après son retour de Nancy. Il avait commencé, dès i63o, à dater ses eaux-fortes, mais il m'a été impossible de découvrir sur une de .ses toiles une date antérieure à 1639, époque à laquelle il data deux tableaux exécutés pour le pape

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