Sandrart, Academia, page
de l'obligeance d'une personne qui a des connaissances spéciales en matière de peinture, et qui a bien voulu s'occuper pour moi de cette recherche, les renseignements suivants : « Le marquis Muti-Papazurri m'affirme qu'il n'y a qu'une seule salle peinte à fresque dans les palais appartenant autrefois à sa famille, et cette salle se trouve, comme vous le dites, dans celui de ces palais qui occupe une partie de la Piazza dei Santi Apostoli, et qui donne également sur la Piazza Pilota. Le possesseur actuel de ce palais, le comte Braschi, l'a acheté d'un Français, le comte Montileone ; quoiqu'il ne semble plus porter un intérêt bien vif à ses fresques, il m'a dit avoir trouvé dans la salle, collée sur les murs ou écrite sur un papier, l'inscription : « Pittura « di N. Pussino ». « Tout le monde, m'a-t-il dit, sait très bien que ces « fresques sont du Poussin. » Mais, pour moi, elles n'offrent aucun des caractères de son style. La salle est longue et étroite, avec trois fenêtres de chaque côté, et entre chaque fenêtre une fresque d'une exécution pauvre et d'un coloris terne, mais composée avec beaucoup de grâce. Chacune représente un paysage, avec fabriques et rivières. Près du palais qui se voit dans la première, et qui rappelle les mots de Sandrart que vous me citez, il y a un arbre d'un dessin ferme et large, tout à fait digne de la main du Lorrain, mais il n'y a ni tempête, ni rochers, ni cascades. Il s'y trouve, cependant, une seconde série de fresques dans les lunettes au-dessus des portes et des fenêtres, et là, nous voyons une marine avec un grand bateau échoué sur la côte, qui répond presque au sujet indiqué par Sandrart. Ces dernières compositions sont, cependant, toutes beaucoup plus riches de détails et bien plus belles de couleur que celles qui figurent sur les murs du bas. On voit aussi dans chacune d'elles une petite figure de Mercure (?) qui flotte sur les nuages, et ces figures sont très bien dessinées et d'une bonne couleur. »
Malgré ces analogies , il n'est pas possible de se prononcer positivement sur l'authenticité de ces fresques, même en tenant compte des dessins qui se rapportent à la description ci-dessus mentionnée ; l'hypothèse la plus vraisemblable, c'est que la décoration de la salle commencée par Claude reçut des additions considérables d'une autre main.