‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 39 sur 176 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de son oncle fut le cardinal Mellin, car il lui commanda cinq tableaux. Aucune de ces toiles n'est indiquée dans le Livre de Vérité, si ce n'est le Paysage avec Mercure et Battus (L. V., 128), peint en 1637 pour « M. Mielein », et conservé, en compagnie du paysage représentant un sujet analogue (exécuté trois ans auparavant pour M. Mierette), à Holker, chez le duc de Devonshire. Je n'ai pas encore visité cette belle collection, mais M. F. G. Stephens, qui l'a explorée tout dernièrement1, m'a signalé les tableaux de Claude à Holker comme étant de la plus grande beauté. A côté des trois, ouvrages que nous avons déjà mentionnés on en voit un quatrième, privé de date, mais qui appartient, d'après M. Stephens, à la meilleure période du maître. C'est le grand paysage en hauteur, avec le Repos de la Sainte Famille, de Philippe Lauri, (L. V., 88), exécuté par Claude pour « il Conte Crescence », un parent de son premier protecteur à Rome. Ce n'est peutêtre pas trop nous aventurer que d'attribuer à l'année 1 656 cette page ainsi que les charmantes petites Cascatelles de Tivoli (L. V., 101). Ce tableau, peint avec une légèreté et une grâce exquises, — la plus fraîche idylle qui fut jamais, — • orne la galerie de lord Ellesmere. Cette galerie hors ligne s'enorgueillit également de posséder l'une des deux toiles exécutées pendant le cours de la même année pour M. Delagarde, un amateur sur lequel je ne possède pas d'autres renseignements. C'est un paysage d'une note gaie, contenant au premier plan une ronde de danseurs qui s'arrêtent brusquement à la vue d'un paysan s'approchant d'eux. Il fallait sacrifier au goût des contemporains en évoquant les souvenirs de l'antiquité classique. Claude a donc orné la tête du paysan de branches d'olivier, et dès lors le tableau a le droit de s'appeler 77 Pastore di Paglia cangiato in olivo (L. V., 142). Son pendant, une fort jolie marine, aujourd'hui à Dresde, devait également subir une métamorphose, et devenir la scène des amours à'Acis et Galatée guettés par le géant Polyphème (L. V., 141).

Dans les deux tableaux exécutés pour M. Delagarde, comme dans les Cascatelles de Tivoli, Claude commence à accuser nettement sa dernière manière. Son exécution très ferme, très savamment scandée,

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