‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 52 sur 176 · CHAPITRE IV io · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV io

avaient dans leurs poches. Le connétable, à son retour de Civita Vecchia, trouva sa maison vide, et apparemment pour se consoler, il chargea immédiatement son peintre favori d'exécuter pour lui le Temple de Vénus (L. V., 178), — Tune des plus belles compositions qui aient illustré le nom de Claude, celle qui a été le plus souvent reproduite par les graveurs de différentes époques. Pietro Parboni, Vivares, Mason, Gosselin, ont tour à tour cherché à en rendre le charme, et ce n'a été qu'avec regret que je me suis vue forcée de renoncer à l'espoir d'étudier l'original. J'espérais trouver ce tableau — devenu depuis longtemps, à ce que je croyais, la propriété de la famille Rospigliosi — clans le palais occupé par elle à Rome ; mais je l'ai vainement cherché dans les appartements privés du prince, et dans la galerie ouverte au public. 11 est possible, toutefois, qu'on ait enlevé le Temple de Vénus du palais Rospigliosi lors des événements de 1870, quand le prince quitta Rome pour ne plus y revenir, et que le tableau se trouve maintenant dans sa villa de Florence1.

Les deux autres compositions exécutées par Claude dans le cours de l'année 1672 sont loin de montrer cette beauté clans les masses et cette souplesse de lignes qui prêtent un charme si grand au Temple de Vénus. Énée qui tue des cerfs (L. V., 180), peint pour le même signor Paolo Falconier, qui avait déjà demandé au peintre deux scènes de la Jérusalem délivrée, et Jacob qui lutte avec l'Ange (L. V., 181), exécuté pour « l'Illmo Signor Henry Halma, Évesque d'Ypres », sont traités d'une façon assez ordinaire. Dans le premier, des cerfs surpris à la pointe du jour, dans une forêt au bord de l'eau, fuient devant les flèches d'Enée ; c'est ce que l'on peut appeler un paysage simple ; dans le second, — dont il existe une première esquisse dans la collection de dessins de Chatsworth2, — on aperçoit au premier plan des ruines magnifiques qui relèvent ce qu'il y a de poncif dans l'ordonnance générale de la composition. Le sujet avait sans doute été choisi par l'évêque lui-même : c'est toujours au moment de leur confirmation

1. M. Dussieux a encore vu le tableau au palais Rospigliosi, dans le salon du prince Pallavicini (page 471).

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