‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 61 sur 176 · LA TENTATION DU CHRIST · texte numérisé non relu

LA TENTATION DU CHRIST

Dessin à la plume lavé à la se'pia. (Britiih Muséum.)

ii4 CLAUDE LORRAIN

Temple de Castor et Pollux (L. V., i); on n'y voit que les mots « Claudio Gellée dit le Lorane à Roma », avec la date « 23 avril 1680 »; mais je crois qu'ils indiquent l'existence de la réplique d'un tableau qui fut exécuté longtemps auparavant pour le chevalier Saraceno.

D'après le registre qui accompagne les reproductions du Livre de Vérité, publiées par Ludovic Caracciolo en 181 5, il existait alors deux tableaux de ce même sujet ; l'un appartenant à lord Cathcart (ce tableau est toujours conservé à Thornton le Street chez l'héritier de ce seigneur), et l'autre chez un « M. Hickey ». L'inscription collée sur le dessin que je viens de citer est précédée par une autre : « Audi 10 d'Agosto 1677 ce présent livre aupartien a moy que je faict durant ma vie Claudio Gellée1. » On croyait que la date de 1677 était peut-être celle de l'exécution du dessin et du premier tableau2. Mais, en rapprochant ce très beau dessin d'autres signés et datés par Claude en 1677, il est impossible d'admettre qu'ils soient de la même époque. Aussi en examinant attentivement, à mon tour, le Livre de Vérité, fus-je enchantée de découvrir que les deux inscriptions du revers n'étaient pas écrites sur le dessin, mais sur un morceau de papier blanc ajouté postérieurement à son exécution. Ce n'est qu'en tenant le feuillet à contre-jour qu'on parvient à lire, sous le papier qui les recouvre, ces quelques mots tracés de la main de Claude « pour le Cav. Saracino. Claudio fecit in V. R. » Le « Cavalière » était sans doute de la famille napolitaine qui s'appelait autrefois Girifalca, mais qui avait conquis le surnom de « Saraceno » à la suite d'une victoire éclatante remportée sur l'ennemi commun de la chrétienté. Au xvie siècle, les Saraceni avaient donné un cardinal à l'Église; mais je ne possède sur le « Cavalière » aucun renseignement permettant de fixer le moment où Claude a peint pour la première fois son tableau du Cotisée, et le maître n'a fait suivre son inscription d'aucune date.

Jusqu'au moment où il me fut donné d'examiner le Livre, j'étais également persuadée que le tableau dans lequel Claude traita, en 1680, le motif qu'il avait déjà peint pour le chevalier Saraceno, fut la dernière

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