‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 74 sur 176 · Voir page · texte numérisé non relu

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i4o CLAUDE LORRAIN

Tout nous porte à conclure que le maître faisait d'habitude deux sortes d'études préliminaires. 11 mettait les plus grands soins à exécuter des études d'après nature ; s'il ne réussissait pas toujours à reproduire avec la brosse aussi bien qu'avec la pointe les détails qu'il observait, il n'en est pas moins vrai qu'il faisait des efforts très sérieux dans ce sens. De ces études faites d'abord d'après nature il tirait des matériaux qu'il employait selon le jeu de la fantaisie, exceptionnellement personnelle, que nous voyons à l'œuvre dans les pages du Livre de Vérité. Là , elle se promène à travers le pays des souvenirs , avec un sentiment absolument inné de l'harmonie des lignes; là, les impressions dominées par une imagination enthousiaste sont reproduites avec toute la sagesse et la modération imposées par une instinctive et vigoureuse entente du tableau. Ainsi, fortifié d'abord par de solides études faites au grand air, en plein midi, ou au clair de lune, après avoir gravement interrogé sa pensée et pesé les moyens d'y répondre, Claude se mettait à peindre. Quand il s'est senti menacé par des contrefaçons plus ou moins habiles, les dessins dont il s'était servi, pour déterminer l'ordonnance générale et essayer l'effet cherché, se trouvèrent tout prêts à servir de registre et à fournir des preuves irrécusables contre les faussaires. Mais ce serait rabaisser la personnalité de l'artiste que de supposer que les beaux dessins qu'il montrait fièrement dans sa vieillesse à des amis tels que Baldinucci n'aient été faits que pour être consultés quand il s'agissait de donner un démenti aux imitateurs trop habiles, dont les toiles « nella maniera del Lorenese » figurent encore dans les inventaires de presque toutes les grandes maisons de Rome.

Si le Livre de Vérité nous offre le moyen unique d'étudier ce qu'on peut appeler le cùté méthodique du talent de Claude, on peut dire aussi que la belle collection de ses dessins d'après nature, au Cabinet d'estampes du musée de Londres, est seule propre à nous révéler tout ce qu'il y a de personnel et de moderne dans sa manière d'envisager la nature. Dans plusieurs collections privées, dans les musées de Florence, de Munich, de Paris, de Vienne, de Pesth ; dans la Bibliothèque de la reine, à Windsor ; chez des amateurs tels que Monseigneur le duc

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