‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 8 sur 176 · CHAPITRE PREMIER i · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER i

documents du plus haut intérêt : entre autres du testament de Claude le Lorrain, provenant des Archives capitolines. Cette pièce, rédigée le 25 novembre 1 663, pendant le cours d'une maladie qu'on croyait mortelle, contient des dispositions assez compliquées; les codicilles ajoutés en 1670 ne contribuent pas à la rendre d'une compréhension plus facile. Le tout est précédé de la déclaration du notaire, appelé par la famille, lors de la mort du peintre, pour communiquer ses dernières volontés et pour constater son identité. Chaque pièce a son importance pour la biographie de Claude. Dans les détails relatifs à sa fortune et dans les soins qu'il met à la partager entre ceux qu'il aime, nous trouvons mille indications dont nous pouvons tirer parti pour découvrir les habitudes du peintre, son caractère, ses goûts. Nous y rencontrons même la confirmation du témoignage de Joachim de Sandrart, qui taxe son ami d'une ignorance peu commune.

La partie de la Teutsche Académie qui contient la vie de Claude a été reproduite en latin par Rhodius sous le titre de Academia nobilissima, etc., et imprimée à Nuremberg en i683, — c'est-à-dire, à peu près en même temps que la première édition de Baldinucci. Si Sandrart s'était trompé, on aurait donc bien eu le temps de découvrir ses erreurs. Eh bien ! toute la biographie de Claude (que nous donnons en appendice, à la fin de notre volume) a été reproduite sans le moindre changement dans l'édition latine. Toutes deux contiennent les mêmes remarques sur cette « ineptie première » si suspecte, au dire des écrivains modernes. Sandrart affirme d'abord que c'était parce qu'il faisait si peu de progrès à l'école que ses parents mirent Claude chez le pâtissier : in disciplinant tradebatur pictori ' cuidam artocreatum. Et plus loin, quand il parle du départ de Claude pour l'Italie, le biographe ajoute qu'à son arrivée à Rome « Claude, ne sachant pas l'italien et étant en toutes choses fort ignorant, ne pouvait pas prétendre à une bonne place ». Les deux textes rapportent encore que ce fut la même raison qui obligea Claude à entrer chez Augustin Tassi et à devenir son domestique plutôt que son élève. Sandrart, qui connaissait si intimement le peintre lorrain, revient sur ce point pour la troi-

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