CHAPITRE VII
Les eaux-fortes de Claude. — Leurs caractères et leur chronologie. — Influence de Joachim de Sandrart et de Callot. — Les eaux-fortes de i63o à iG3y. — Les Feux d'artifice. — Influence de Dominique Barrière. — Les eaux-fortes de 1 65 1 à 1 663. — ■ Conclusion.
eaucoup de peintres célèbres ont tenté la gravure avec plus ou moins de succès, mais très peu d'entre eux ont obtenu des résultats aussi orig-inaux, aussi complets que Claude. Ses eaux-fortes réunissent toutes les qualités de ses tableaux. Partout, l'air et la lumière abondent; en l'absence de contours nets, d'habiles dégradations de ton indiquent le dessin ; les lignes ne servent jamais à préciser les formes des objets que l'artiste représente. On dirait qu'il s'est demandé, comme un peintre de nos jours : « Quel est l'endroit où l'air circule le plus ? » et qu'il a trouvé la même réponse : « Derrière les parties qui sont le plus indécises », tant il met de soin à éviter les affirmations positives. De sa pointe gracieuse et légère, il cherche les valeurs, le jeu des ombres et de la lumière; il rencontre des finesses exquises pour rendre des dégradations presque inappréciables et il évoque la forme tout en ayant l'air de la négliger.
Ses procédés lui appartiennent au même titre que sa manière devoir. Quelques-unes seulement de ses gravures, comme le Passage du gué (R.-D., 3), sont exécutées entièrement à l'eau-forte; d'autres montrent partout les traces du brunissoir et les fines barbes de la pointe sèche. On reconnaît bien les marques de ces deux outils dans la Fuite en Egypte (R.-D., 25) et dans la Danse au bord de F eau (R.-D., 6), mais c'est surtout dans le Soleil levant (R.-D., i5), que l'emploi en est sensible; — l'estampe entière, du reste, témoigne d'un travail excessif. Mais au point de vue du procédé, la Danse villa-