Le Cabinet de l'Amateur
G. Voir aussi le Peintre-Graveur français, tome XI.
7. M. Meaume se trompe (Peintre-Graveur français, tome XI) quand ilditque le Campo Vaccino est la seule gravure que Claude ait exécutée d'après un de ses tableaux. Il en a gravé treize : les n,,s R.-D., 7, S, (), 10, i3, 14, i5, i'J, 20, 21, 22 et 23 sont tous des eaux-fortes d'après des tableaux reproduits dans le Livre de Vérité ; le n" 24. est fait d'après un tableau de la collection du duc de Westminster.
if>4 CLAUDE LORRAIN
M. Bénard pour le cabinet de M. Paignon-Dijonval, et par M. Regnault-Delalande, pour le cabinet de M. le comte Rigal. M. Bénard, cependant, ne cite que dix-sept gravures de Claude, tandis que M. Regnault-Delalande en fait remonter le chiffre à vingt-six. Plus tard, M. Duchesne l en signala trente-trois, et ce nombre — porté par M. Robert-Dumesnil2 à quarante-deux — est arrivé depuis3 à quarante-quatre. Le petit livre de Lepel est un travail fort peu systématique : il décrit les épreuves du cabinet du roi de Saxe, qu'il avait entre ses mains, mais il se trompe souvent et, quand il n'est pas d'accord avec tout le monde, il donne des dates et des détails qui ne valent pas la peine d'être discutés. C'est ainsi qu'il affirme que le Pâtre et la Bergère (R.-D., 27), — décrit par lui sous le titre des Deux Chèvres et la Vache, — porte la signature du peintre avec la date 16 [4; — « Claudio Gillée 16 14 ». Mais cette date, que nous fournit Lepel, n'y est pas. Au bas des épreuves du premier état, au centre, sur la marge, on voit une sorte de griffonnage, qui paraît n'être qu'un jeu accidentel de la pointe; c'est une belle et bonne signature du peintre, très lisiblement écrite au rebours, de gauche à droite. 11 faut donc prendre un miroir à la main pour la déchiffrer (l'on peut même tenter l'expérience sur la reproduction de cette planche faite par M. Amand- Durand). On verra alors que Lepel a dû être trompé par l'imperfection grossière des traits. L'inscription n'est pas citée par M. Duplessis, mais M. Robert- Dumesnil l'a reproduite, telle que je la déchiffre moi-même — Claudio Gillet inv. — A tous égards la date indiquée par Lepel est inadmissible : si le travail de la pointe est assez grossier, en revanche l'ensemble est traité avec beaucoup trop de liberté pour être de la main d'un garçon de quatorze ans. Le Pâtre et la Bergère peut très bien être l'une des premières eauxfortes du Lorrain, mais non un de ses premiers travaux; le sans façon avec lequel les montagnes et les petits bâtiments du fond sont indiqués dénote à lui seul un talent déjà exercé.
1. Catalogue des estampes exposées à la Bibliothèque du Roi. 182 3.