‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 87 sur 176 · Cabinet des singularité^, etc., tome III, page · texte numérisé non relu

Cabinet des singularité^, etc., tome III, page

3. L'abbé de Marolles compare Claude et Bellangé à «Callot presque divin ». Il cite aussi, à ce propos, La Bella, Barrière et d'autres graveurs en renom. Si Bellangé, dit-il, est au-dessous « de ces

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fécond Gilles Sadeler, ne lui ait fait apprécier derechef les services que la gravure peut rendre aux peintres.

Admettons donc que l'exécution de la Tempête (i63o) ait été précédée par quelques essais qui ne nous sont pas parvenus, et examinons avec soin cette pièce afin de préciser les influences qui ont pesé sur Claude au moment de son exécution. Et, tout d'abord, je ne serais pas éloignée de croire que la Tempête a été la première des eaux-fortes que l'artiste ait jugée assez réussie pour la livrer à l'impression. La préoccupation du pittoresque y éclate dans toute sa force, mais on y remarque aussi des parties très dures, et — ■ il faut l'ajouter — de la confusion et des superfluités. Le ciel, indiqué au moyen de lignes parallèles, rappelle le travail du burin plutôt que celui de la pointe, et, en dépit d'une différence de touche très sensible, se confond presque avec la mer.

Nous retrouvons les mêmes tendances dans certaines parties du Dessinateur, où Claude a reproduit le tableau peint pour le « Dr Perrochat » , et dans le Pont de bois. L'aspect général du Dessinateur, surtout, me semble accuser l'influence d'un graveur, — peut-être de Joachim de Sandrart; — on y constate, comme dans certaines parties de la Tempête, un souci évident du procédé, et comme un mélange de la technique propre à la pointe avec celle du burin ; le manque de parti pris est rendu encore plus sensible par le contraste des blancs avec les noirs. On remarquera aussi les mêmes hésitations dans la traduction, au moyen de tailles régulières et parallèles, des contours des collines dans le fond du Pont de bois, si on les rapproche de celles qui ferment à droite le petit port du Dessinateur. Dans l'Apparition (R.-D., 2) et dans la Fuite en Egypte (R.-D., 25), Claude comprend déjà mieux les services que la pointe, plus souple et plus expéditive, est capable de rendre. Mais sur le feuillage, à l'extrême gauche de la dernière de ces deux planches, la touche, sans vigueur et sans liberté, offre des analogies avec la facture des groupes d'arbres agités par le vent que l'on voit dans la partie droite de la Tempête; elle accuse encore un reste d'inexpérience.

mains si parfaites », Claude le Lorrain n'en use pas ainsi ». Dans un autre endroit, il o demande qui pourrait l'oublier». [Le Livre des Peintres et Graveurs.)

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