‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 91 sur 176 · Voir page · texte numérisé non relu

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et une justesse d'observation qui doit nous émerveiller autant que l'élégance spirituelle de l'exécution.

Pourquoi Claude n'a-t-il pas signé une seule planche entre les années i636 et i65i? Après le Campo Vaccino et à l'exception, toutefois, des Feux d'artifice, nous ne rencontrons plus entre ces deux dates la moindre eau-forte revêtue de son nom. Était-il trop découragé par Tinsuccès de ce dernier travail, pour attendre quelque incident extraordinaire, tel que sa liaison avec Dominique Barrière, de Marseille, avant de tenter de nouveau les hasards de l'eau-forte? Je vois que Sandrart, le graveur avec qui le Lorrain s'était lié en 1627, quitte Rome en 1 636, c'est-à-dire au moment même où Claude paraît renoncer à la pointe. C'est aussi le moment où le maître prend son essor comme peintre; l'époque où il commence à travailler pour les princes de ce monde et pour ceux de l'Église : peut-être ces différentes circonstances ont-elles également contribué à lui faire négliger un art qu'il avait pratiqué à ses heures avec tant de bonheur.

Le vif intérêt qu'ont toujours éveillé les planches des Feux d'artifice provient plutôt de leur extrême rareté que de leur mérite intrinsèque. On en connaît aujourd'hui quatorze, mais à l'époque où M. Robert-Dumesnil rédigea son premier volume, le chiffre total n'était que de onze. L'une d'elles, la première pièce de la série, a été gravée deux fois par Claude dans des dimensions un peu différentes. La seconde planche était moins grande que la première et elle portait sur la marge inférieure cette inscription : « Li fuochi dell' Eccmo Sigr Marchese di Castel Rodrigo ambassadore dello ' Maesta catolica nell' elettione di Ferdinando Terzo Re di Romani fatte in Roma del mese di Febraio M. D.C. XXXVII. » Sous les trois lignes occupées par ces mot son lisait en lettres plus petites : « Romae superior. licentia. Claudius F. ». Il s'ensuit que Claude a gravé ces planches à l'occasion des fêtes célébrées à Rome en février 1637, en l'honneur de l'élection de Ferdinand III d'Allemagne, comme roi des Romains. Mais étaient-ce là des pièces détachées dues à la fantaisie du peintre qui les avait gravées « d'une pointe légère et badine », ou bien faisaient-elles partie

1. Dans le second état de la planche ce mot a été corrigé en « délia ».

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