‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 92 sur 176 · CHAPITRE VII i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII i

d'un livre commandé par l'un des organisateurs de la fête qu'elles devaient illustrer. Les numéros inscrits sur toutes ces eaux-fortes, comme ceux que Ton remarque sur plusieurs autres pièces de l'œuvre de Claude, ajoutent encore au mystère qui les entoure1. J'ai dit qu'on n'en connaissait que onze, mais l'une des onze porte le numéro XVI, ce qui a fait croire qu'il y en a eu bien d'autres. La question se complique encore davantage si l'on se demande pour quel recueil et pour quelle personne Claude a pu les exécuter.

Dans Y Abecedario de Mariette, au nom de Claude, une note détachée semble avoir trait à ces planches énigmatiques : «. J'ai vu toutes ces pièces, dit Mariette, dans l'œuvre de Huguier avec plus d'attention que la première fois; elles m'ont paru avoir été fraîchement imprimées, et de là je préjuge que ce seront des planches qu'on aura retrouvées, qu'on les aura fait imprimer, chose qu'on avait négligé de faire parce qu'on ne croyait pas qu elles en valussent la peine, et je crois aussi qu'on les vend actuellement à Rome avec tout le reste de la suite. Huguier, à qui j'en ai fait l'observation, n'est est pas autrement disconvenu; il est facile d'éclaircir la chose. — Je l'ai fait, et ces estampes me sont arrivées ». Ce qui rend encore plus probable que Mariette parle ici des Feux d'artifice, c'est qu'il distingue « ces estampes » des autres eaux-fortes du maître, car il ajoute : « 11 en est arrivé autant des paysages de Claude le Lorrain, on n'en connoissoit qu'un certain nombre, et il en a paru des nouveaux qui se sont trouvés gravés au dos des anciennes planches. »

i. Les numéros tracés non seulement sur les Feux d'artifice, mais aussi sur un grand nombre des autres eaux-fortes de Claude, ont donné lieu à toutes sortes de conjectures. M. Meaume résume la question comme suit : « Ils sont de deux sortes. Les plus anciens se trouvent dans la marge, à gauche. Ils sont d"un caractère assez gros et d'une écriture du xvne siècle. Ils paraissent avoir été ajoutés du vivant du maître, ou peut-être après sa mort, pour classer les planches de manière à en composer une suite. Cependant, ces numéros ne se suivent pas ; ils n'existent pas sur toutes les planches, et l'écriture, assez grosse, est semblable à celle qu'on remarque sur certaines planches de Dominique Barrière. Dès lors, il est probable que la suite en question devait se composer non seulement de certaines planches de Claude, mais aussi de celles de Barrière ou de tout autre. Plus tard, les mêmes planches déjà numérotées et d'autres qui n'avaient reçu aucun numéro, ont été chiffrées en petits caractères, non plus dans la marge latérale, dont les numéros ont toujours été respectés, mais dans celle du bas, près du trait carré. On croit que ce numérotage a été exécuté au xvme siècle, en Angleterre, après que les planches furent sorties des mains de Janinet, marchand d'estampes, place Maubert. Dans ces dernières inscriptions de la marge du bas, le numéro est presque toujours

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