I?4 CLAUDE LORRAIN
Ainsi donc, déjà très peu de temps après la mort de Claude, si les paroles de Mariette ont trait comme je le crois, aux Feux d'artifice, l'attention des amateurs se portait sur ces pièces curieuses. Les épreuves que l'habile graveur-collectionneur tirait alors de Rome pour son célèbre cabinet n'étaient évidemment que des planches détachées, et Mariette semble avoir toujours ignoré le but que le peintre s'était proposé en les exécutant. M. Robert-Dumesnil a le premier signalé un ouvrage contenant la description de ces « feux », mais il a dû en même temps ajouter que les pièces gravées par Claude ne s'y trouvaient pas, toutes les planches qui accompagnaient le texte étant sorties de la pointe de Luca Ciamberlano. On a donc pu supposer que les eaux-fortes de Claude, destinées à l'origine à cette publication, avaient été jugées insuffisantes et remplacées par les œuvres de Ciamberlano; mais une hypothèse plus probable, c'est qu'il restait à découvrir un autre ouvrage auquel les estampes du Lorrain avaient été destinées, ouvrage spécialement consacré aux feux d'artifice organisés, lors de la même fête, par l'ambassadeur d'Espagne.
L'énigme a été depuis peu résolue par la découverte d'un volume ' illustré de ces mêmes eaux-fortes et portant le titre de Description de las fiestas que el S' Marques de Castel Rodrigo embaxador de Espana celebro en esta corte ala nueva del élection de Ferdinando III de Austrica, Rey de Romanos. Hecha por Miguel Bermude^ de Castro. En Ronia por Francisco Cabalo, M.D.C.XXXVII, con licentia de los superiorcs. Ce livre précieux, après avoir appartenu à M. Valentin Carderera, et ensuite à M. Emile Galichon, fait aujourd'hui partie de la collection de M. Dutuit. Il conserve encore sa première reliure en parchemin blanc et porte sur les plats les armes d'Urbain VIII avec les trois abeilles. « C'est donc, dit M. Duplessis, l'exemplaire même qui fut donné au souverain pontife. Par quel concours de circonstances est-il arrivé en Espagne, et de là en France? On ne saurait le dire; mais ce qu'il importe de signaler, c'est que la même couverture pro-
suivi de l'indication d'une page, ce qui démontre que les épreuves de c.-t état étaient destinées ;'i accompagner un texte qui n'a jamais paru. » i. Galette des Beaux-Arts, septembre 1871.