‹ Claude MonetChapitre 11 sur 39 · L. Clapisson · texte numérisé non relu

L. Clapisson

Puvis de Ghavannes écrit la lettre que faisait prévoir M"'* Morisot-

Manet.

Paris, 4 octobre 89.

Mon cher Maître,

Au reçu de votre lettre, je suis allé rue de Villejust pour soumettre à Madame Manet quelques observations que je crois utiles à la cause qui nous intéresse. Elle a bien voulu me permettre de vous en faire part. En attendant, je m'inscris pour trois cents francs, et je vous prie, cher Maître, de croire à mes vifs sentiments d'admiration pour votre beau talent si ferme et si original.

P. Puvis de Ghavannes.

Je disais entre autres choses qu'il était impossible de ne pas donner dans cette affaire le premier rang à Monsieur Proust, qui s'est toujours montré si dévoué à notre ami. Sa courageuse initiative dans les questions d'art rend son intervention indispensable.

Degas adhère et souscrit, sans autres phrases :

Mon cher Mon et.

Je vous demande pardon. Je vous réponds moins vite qu'il ne convient. Veuillez m'inscrire sur la liste pour la somme de cent francs. Vous me direz quand il faudra vous les faire parvenir.

Amitiés.

Degas.

Ary Renan, d'une manière toute juvénile :

20 octobre 1889.

Monsieur et Maître,

Je suis fort touché de ce que vous avez pensé à moi pour l'œuvre que vous poursuivez. Je l'approuve sans restriction, et, connaissant personnellement la situation difficile de Madame veuve Manet, je puis dire que vous faites à la fois une haute et belle charité et une importante manifestation d'art vrai.

Puvis de Chavannes écrit la !etlr«' que faisait prévoir M'"* Morisot- Manet.

l'un s, 4 octobre 89 Mon cher Maîlro,

Au reçu de votre lettre, je suis allé rue de Villejust pour soumettre à Madame Manet quelques observations que je crois utiles à la cause qui nous intéresse. Elle a bien voulu me permettre de vous en taire part. En attendant, je m'inscris pour trois cents francs, et je vous prie, cher Maître, de croire à mes vifs sentiments d'admiration pour votre beau talent si ferme et si original.

P. Puvis de Chavannes.

Je disais entre autres chosf^^i^il^'i^tait impossible de ne pas donner dans cette affnii^f^^^ai^/rmi'Sû »vîùniv^é)!iisieur Proust , qui s- V.s/ toujours montré si dévoué ii notre ami. Sa couratja tivt' f/«/i> /' "^' que.'^iions d'art renirsorrintervention indif,j

Degas adhère el souscrit, sans autres phrases :

.Mon cher Monet,

Je vous demande pardon. Je vous réponds moins vite qu'il ne convient. Veuillez m'inscrire sur la liste pour la somme de cent francs. Vous me direz quand il faudra vous les faire parvenir.

Amitiés.

Decas.

Ary Renan, d'une manière toute juvénile :

Monsieur et Maître,

Je suis fort touché de ce que vous avez pen.*ié à moi pour l'œuvre que vous poursuivez. Je l'approuve (riction, et, connais-

sant personnellement la situation <...,,-;* de Madame veuve Manet, je puis dire que vous iaitos it la fois une haute et belle charité et une importante manifestuiion d'art vrai.

Malheureusement, mes moyens sont des plus restreints, — je ne suis à vrai dire qu'un gamin. Veuillez donc m'inscrire pour cinquante francs seulement. Je pense que je recevrai un avis de vous pour m'en demander le versement. Si à cette époque je me trouvais plus à l'aise, je vous prie de croire que je grossirais cette somme, et j'espère que vous m'en fourniriez le moyen.

Merci donc. Monsieur et Maître; en attendant l'occasion qui me permettra de vous serrer la main et de vous dire combien je vous aime de loin, croyez à mon plus respectueux dévouement.

Ary Renan.

Camille Pissarro manifeste son enthousiasme et son désir de la réussite :

Éragny, par Gisors (Eure), 24 octobre 89.

Mon cher Mo net.

Je vous prierai de m'inscrire pour la somme de 50 francs, regrettant de ne pouvoir faire plus pour une si belle cause.

Je pense que vous ferez bien d'écrire à Murer, à Auvers-sur- Oise; j'en avais parlé à Van Gogh, il semblait vouloir souscrire et pensait trouver parmi quelques amateurs de notre peinture des adhérents; je crois donc que vous feriez bien de lui en faire part. Votre vieil ami bien dévoué,

G. Pissarro.

Stéphane Mallarmé, toujours délicieux, en phrases ici clairement contournées et délicatement affectueuses :

Paris, 89, rue de Rome. Vendredi.

Mon cher Mon et,

Le fait d'avoir, malgré tout, présenté cette liste à un ami, qui ne peut être des vôtres presque rien que par son nom, est charmant, et je vous en remercie, en pensant que sans mon humble droit à m'inscrire pour vingt-cinq francs, je ne m'associais pas à votre grand acte, et pieux. Je suis en train toujours de saigner

mes rares connaissances donnantes, à propos de Villiers-derisle-Adani et des siens; donc empêché alentour, mais il y a vingt-cinq autres francs d'un camarade et je ne désespère pas de mieux prochainement. Voici la précieuse liste, je la renvoie, pour les instants que la récrire soustrait à la peinture. Alors je n'aurai point un trait de vous, jaune ou rouge, ou bleu, dans mon livre, c'est un chagrin et un peu ma faute : parce que si j'avais pu aller à Giverny, je vous aurais torcé à trouver excellentes vos tentatives, qui le doivent être; mais je respecte, de loin, votre solitaire timidité et tout ce qui émane sincèrement de vous. Quant à quelque chose de vous, sur mon mur, Monet, je n'ai pas le cœur de cacher ma joie. Merci, votre main.

Stéphane Mallarmé.

Léon Lhermitte approuve sans réserves :

Mont-Saint-Père, par Château-Thierry (Aisne),

24 octobre 89.

Cher Monsieur Monet,

Je serai très heureux de contribuer, si modestement que ce soit, à l'achat de 7'Olynipia, et vous prie en hâte de m'inscrire pour 50 francs.

Je partage entièrement votre avis que rien ne peut mieux honorer la mémoire de Manet que d'offrir au Louvre cette toile, une des plus caractéristiques de son œuvre.

Comme vous m'y invitez, je transmets votre lettre à Cazin, qui, je n'en doute pas, sera heureux de se joindre à nous.

Léon Lhermitte.

De même, Gervex :

Le 4 novembre 1889.

Mon cher Monet,

Je suis très heureux de participer à cette œuvre de justice, et

je vous prie de m'inscrire pour la somme de 100 francs.

Mille bons souvenirs de votre bien dévoué.

H. Gervex.

CLAUDEMONET 147

Puis, Edmond Bazire, le premier historien de Manet par son

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