‹ Claude MonetChapitre 15 sur 39 · C. Pissarro · texte numérisé non relu

C. Pissarro

13 mai 1884.

Enfin j'ai pu toucher quelques sous, si peu, de quoi vivre trois ou quatre jours à Eragny, je suis à la dernière limite, je me verrai forcé de vendre coûte que coûte, car je reçois lettres sur lettres de ma femme m'exposant toute sa détresse : vendre! c'est facile à dire, à qui?... J'en perds la tête!

Eragny, par Gisors (Eure).

Mon cher Mo net,

Votre télégramme m'est arrivé ici, bien en retard, naturellement; du reste je ne comptais pas aller à Paris, I^ucien étant forcé d'y aller pour ses publications de gravures, j'étais forcé do rester. — Ne vous étonnez pas si je ne puis plus assister à nos dîners et déjeuners, les temps sont tellement durs que je suis forcé de regarder à la dépense. — Durand est parti en me donnant si peu de chose, que je suis dans la nécessité de vendre mes

toiles par ci par là, c'est à peine si j'arrive à joindre les deux

bouts. J'espère, cependant, que lorsque je sortirai de l'embarras

actuel, nous pourrons nous retrouver ensemble comme par le

passé. — Excusez-moi donc, mon clier ami, et ne m'en veuillez

pas.

Votre vieil ami.

G. Pissarro.

Zola ni a envoyé l'Œuvre, je suis en train de le lire.

Je reçois à l'instant votre lettre, je n'osais vous écrire craignant que vous ne fussiez encore à Paris. — Je me suis mis au travail aussi, je vous donne de bonnes raisons pour mes absences à nos dîners, ce ne sera, je l'espère, que momentané. Je suis à la moitié du livre de Zola! non! ça n'y est pas, c'est un livre romantique, je ne connais point le dénouement, c'est égal, c'est pas cela! — Le Claude est peu étudié, le Sandoz est mieux, on voit qu'il l'a compris. — Quant à nous faire du tort, je ne le crois pas, c'est un roman peu réussi pour l'auteur de l'Assommoir et de Germinal, voilà tout.

Je suis embêté en ce moment de mes études, je travaille plus que jamais, au revoir.

Mon cher Mo net.

Paris, 7 décembre 1885.

On parle beaucoup d'exposition depuis quelque temps, de tous côtés il en est question.

Je suis allé faire une visite à M^'"" Cassatt, il y avait longtemps que je lui avais promis d'aller la voir, sans parvenir à trouver le temps. Cloué ici sans le sou pour aller à Eragny, j'ai pu aller de côté et d'autre.

Les premières paroles échangées ont été pour parler de l'exposition. Ne pourrions-nous nous entendre à cet effet?

Nous, Degas, Caillebotte, Guillaumin, M'"^ Berthe Morizot, M"^ Cassatt et deux ou trois autres formerions un excellent élément d'exposition, le diflicile serait de s'entendre, je crois, qu'en

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la débâcle (vétheuil)

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Paris, 7 décembre 1885.

Mon cher Mo net.

On parle beaucoup d'exposition depuis quelque temps, de tous côtés il en est question.

Je suis allé faire une visite à M''^ CaHuati, il y m'nif lom^ que je lui avais promis d'aller la voir, stttts p« ■>. trouver

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166 CLAUDE M ONET

A^e connaissant personne à Paris qui s'occupe de la vente, je vous serais bien reconnaissant si vous pouviez me donner quelque indication.

Pensez-vous que M. Montaignac, l'ancien commis de Georges Petit, voudrait se charger de ce soin, n'étant pas du tout au courant, ne le connaissant pas, voudricz-vous me dire votre avis et nie donner son adresse ?

Votre vieux camarade. C. Pissarro.

Eragny, par Gisors (Eure), 9 mars 1892.

Je n'ai pu assister à l'ouverture de votre petite exposition, mais j'ai pu voir les toiles Peupliers en leurs cadres, je suis certain que cette fois encore vous avez dû avoir un grand succès; je regrettais fort de partir, car Durand m'avait annoncé que vous

aviez encore d'autres tableaux à exposer quelle belle chose,

les trois arrangements des peupliers, le soir, que c'est peintre, et si ornemental! Quand nous reverrons-nous? Je compte aller à l'ouverture des Indépendants le 18, et Lucien y expose.

Votre vieux camarade.

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