MÉDITATION
Collection Kœchlin
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fCu effefu Dur-:; .sv ti! 1878 : on en est revenu.
Ueprenyni i-ihoi v :-ou élude <hi groupe de peintres auquel il avait voué sa < i jîique depuis 1878., l'héodore Durel publiera en HhM>. (Paris, pioury) la première édihon de son Histoire des Peintres impressionnistes, et h i a. noMiie librairie, une nouvelle édition, eu 1019. C’est le livre d on témoin. On ne saura nulle part plus
exaetement coimnenl ier. j »dalions se sont nouées entre ces artistes,
et comment leurs priunières expositions en commun ont été organisées. Et si des explicàtions nouvelles et des commentaires dilîérents se sont produits, il n’a pas été énoncé de définitions plus exactes sur la manière de peindre des sept artistes, que Théodore Duret étudie, sous la dénomination de Peintres impressionnistes : Pissarro, Claude Monet, Sisiey, Renoir, Bertlie Morisot, Cézanne, Guillaumin. Comme on le voit, il s’en est tenu aux paysagistes et à ceux t[ui avaient appliqué î.^^*F;'^^\?^iôuvelle à la représentation (igurch. I miis C- prt'miti|ji3gy}i|ool»o9lÉ3lonard Manet a bien sa ié.i < , uiai- somI ab.-en?- l>C‘r.«'^. (K^ty ***' Forain, Caiilebotte, dont ' ' • isux peinC.av.-. d; ^ ••xodencc moderne ne peiil éi-.-v
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pure, aussitôt qu’elb d’exemple de Claude
Monet.
Ce dernier, dans le i -* l’objet d'un récit où .son
existence d’artiste «*t h >• œuvre sont présentées d’une
fa^on succincte, dan.^ é ' .iwe et précise de Durel. J’inscrirais des difiercuces . r e s sm' Monet, qui accepta l’in-
lluence de Manet poui e - i, la loree de sa peinture, mais
qui fut, pour Manet, i n : il- la peiiilure lumineuse en plein
air; et sur Monet pciii! i , : je suis de ceux qui regrettent, sur les preuves qu'il a . ' ' ) > d > sa doubb* aptitude, qu’il n’ait pas
CLAUDE MO N ET
mené parallèlement l’étude de l’être humain et l’évocation des paysages. La Dame h la robe verte, de 1866, restera parmi les chefsd’œuvre nés de la représentation des personnages : s’il y a la robe, il y a aussi le visage, et 1a tournure. Et d’autres exemples pourront être invoqués.
On trouve dans les pages de Duret, non seulement une présentation de l’œuvre, mais des détails circonstanciés sur les difficultés de vivre des peintres impressionnistes, et de Monet en particulier :
« Les Impressionnistes, — dit Duret, — en se faisant connaître, avaient soulevé tout le monde contre eux. Après cela, les quelques partisans qu'ils avaient recrutés, qui cherchaient à les défendre, les trois ou quatre marchands qui avaient eu le courage d’acheter et d’offrir de leurs œuvres, se trouvèrent comme des gens prêchant dans le désert. Ils ne purent se faire écouter. Les tableaux impressionnistes devinrent invendables. Ce furent alors des années de détresse et de misère. Monet partagea le sort commun. Il connut les pires embarras d’argent. Il dut abaisser le prix moyen de ses toiles à cent francs, et ce ne fut qu’à grand' peine qu’il parvint à en vendre suffisamment pour ne pas sombrer. »
Duret cite, parmi les amis fidèles, en ces temps héroïques de la peinture impressionniste, avec Durand-Ruel, le chanteur Faure, ami de Manet, et le gentilhomme roumain, M. de Bellio. Il ne pouvait se citer lui-même.
En 1879 ET EN 1880, quatrième et cinquième expositions du groupe
En 1879, du 10 avril au 11 mai, quatrième exposition, avenue de l’Opéra, 28. Présents : Bracquemond, Marie Bracquemond, Caillebotte, Cals, Mary Cassait, Degas, Forain, Lebourg, Monet, Pissarro, Bouart, Somm, Tillot, Zandomeneghi.
Marie Bracquemond exposait ses Muses des Arts, cartons ayant servi pour une peinture sur faïence; Félix Bracquemond, des eauxfortes; Caillebotte, des canotiers, des vues de toits, des portraits; Mary Cassait, des portraits de femmes et d’enfants; Degas, le portrait de Duranty, des chevaux de course, des blanchisseuses, des danseuses, des chanteuses; Forain, des scènes des Folies-Bergère, des loges, des sorties de théâtre, des coulisses, des cafés; Lebourg, des paysages d’Alger et de Rouen; Pissarro, des champs, des bois, des potagers, des effets de neige.
Claude Monet exposait 29 toiles : Habitation bourgeoise à Zaandam {Hollande); Paysage à Courbevoie; Marine (1875) ; Vétheuil, vu de Lavacourt; Fleurs; Pommiers; Effet de neige à Vétheuil; La rue Montorgueil, fête du 30 juin; Effet de brouillard, impression; Estacade de Trouville, marée basse; Paysage à Vétheuil; Lavacourt ; La Seine à Lavacourt, soleil couchant; Vétheuil; Parc Monceau; Bords de la Seine, environs de Paris; La rue Saint-Denis, fête du 30 juin 1878; Un jardin (1867); Église de Vétheuil; Jardin à Sainte- Adresse (1867); Les charbonniers (1875); Effet de neige à Argenteui 1 (l87o) ; La Mare, effet de neige (1875); Lavacourt, temps gris; Chemin de halage à Lavacourt; Etude de mer; Coucher de soleil; Paysage d’hiver; Le Petit bras à Vétheuil.
Des noms d’amateurs possesseurs d’un certain nombre de ces
loiles sont ceux de MM. Baudry, Durel, de Bellio, Duez, Chabrier, Lecadre, Schlessinger, Frat, Hayem, Murer, Guillemet.
En 1880, du 1®"^ au 30 avril, cinquième exposition, rue des Pyramides, 10. Exposants : Marie Bracquemond, Bracquemond, Caillebotte, Mary Cassatt, Degas, Forain, Gauguin, Guillaumin, Lebourg, Levert, Bertbe Morisot, Pissarro, J. -F. BalTaëlli, J.-M. RalTaëlli, Rouart, Tillot, Vidal, Vignon, Zandomenegbi. Absent : Claude Monet.
Marie Bracquemond expose L’Hirondelle ; Félix Bracquemond, le dessin du portrait d’Edmond de Goncourt et des eaux-fortes pour décoration de services de faïence et de porcelaine; Caillebotte, des Intérieurs; Mary Cassatt, des portraits peints et des gravures; Degas, ses Petites Hiles Spartiates, de 1860, des Danseuses, parmi lesquelles sa fameuse statuette en cire d’une petite danseuse de quatorze ans; Forain, des dessins; Gauguin, des paysages et un buste en marbre; Guillaumin, le Pont d’Austerlitz, des paysages de F’ontenay-aux-Boses et de Cbâtillon; Lebourg, des paysages de Normandie et de Paris; Bertbe Morisot, des portraits et des paysages du Bois de Boulogne; Pissarro, des paysages, des paysannes, et des pointes-sècbes; Raffaëlli, tout un ensemble de paysages et de personnages de banlieue.
L’absence de Claude Monet s’explique de ce fait qu’il préparait une exposition particulière résumant son œuvre de vingt années, après un nouveau refus au Salon de l’étrange et magnifique tableau des Glaçons.
Exposition de Claude Monet a la « Vie Moderne »
Le 7 juin 1880 et les jours suivants, Claude Monet fit une exposition particulière dans la galerie du journal illustré La Vie Moderne, dont l’éditeur était Georges Charpentier, et le rédacteur en chef Émile Bergerat. La préface, écrite par Théodore Duret, débutait ainsi :
« Claude Monet est l’artiste qui, depuis Corot, a apporté dans la peinture de paysage le plus d’invention et d’originalité. Si l’on classe les peintres d’après le degré de nouveauté et d’imprévu de leurs œuvres, il laut le mettre sans hésiter au rang des maîtres. Mais comme la foule éprouve d’abord une répulsion instinctive pour tout ce qui, en peinture, est nouveau et original, cette même personnalité, qui devrait suffire à le recommander, est précisément la raison qui, jusqu’à ce jour, a écarté de lui le public et le gros des critiques. Nous prétendons que Claude Monet sera placé, dans l’avenir, parmi les paysagistes, à côté de Rousseau, Corot et Courbet, et les observations qui vont suivre ont pour but de justifier cette opinion. »
Suivait l’explication de la manière de peindre le tableau devant la nature, ce que n’ont fait ni Rousseau, ni Corot, ni Courbet, en remarquant que ces deux derniers peignaient leurs esquisses devant le paysage, alors que Rousseau composait son tableau d’après des dessins, croquis, aquarelles, pastels. La peinture directe devait créer la peinture claire, contrairement aux sombres préparations d’atelier qui absorbaient les couleurs timides. Ce fut, sauf pour Delacroix, la manière de peindre de tout un siècle. Puis, l’apparition
des albums et des estampes du Japon fut, relate encore Duret, une excitation vers la vérité des clartés et des colorations. Le critique montrait ensuite Monet travaillant en toute saison directement sous la voûte du ciel, fixant des aspects qui n’auraient pu être saisissables autrement. Ce fut l’impressionnisme, et le mot reste juste pour désigner tout un ordre de sensations et de sentiments.
Avec cette préface de Duret, le catalogue s’ornait d’un portrait de Claude Monet, dessiné par Édouard Manet, croquis vivant, qui reste bizarre et significatif, physionomie franche aux yeux aigus, Monet à quarante ans, solide et fin, coiffé bizarrement d’on ne sait quelle coiffure, probablement un chapeau de paille placé en arrière, qui semble un bourrelet comme en portent les garçonnets.
Je me souviens de cette exposition de 1880, où il y avait des toiles imprévues, singulières, originales, d’une maîtrise certaine, comme les Drapeaux rue Monforgueil, 30 juin 1878, la première fête populaire après la guerre de 1870, dont Monet avait saisi et compris l’éclat et la joie, la somptuosité tricolore; Y Effet de soleil sur le givre; les Pommiers en fleurs a u bord de l’ea u ; la Vue de Vétlieuil; les Bateaux à Argenteuil ; la Gare Saint-Lazare ; la Corbeille de fruits; la Salle à manger; les Glaçons et la Débâcle, hiver de 1879-80, pages dramatiques et splendides qui auraient dû classer Monet, dès cette époque, à la plus haute place de l’art. Tous ces tableaux sont maintenant dans les musées et dans les collections, après avoir monté d’échelon en échelon, à des prix que l’on peut dire fantastiques, si l’on songe aux modestes désirs de Monet lorsqu’il les peignait et les exposait, au milieu de trop de critiques et de risées.
11 avait pourtant déjà des sympathies, et on lira avec curiosité et plaisir une lettre de la femme de l’éditeur, M"*® Charpentier, demandant à Monet l’acquisition de son tableau de la Débâcle, qu’elle put obtenir aux conditions qu’elle indiquait, et que tous les familiers de la librairie de la rue de Grenelle se souviennent d’avoir vu, jusqu’à la fin, dans le cabinet de l’éditeur, en même temps que le délicieux petit portrait de M"'® Charpentier, peint par Renoir, qui a été depuis acquis par l’Étal. Voici la lettre adressée à Claude Monet par M""® Charpentier :
Monsieur,
Paris, 22 Juin.
Je sais que mon mari désire beaucoup votre grand tableau de la Débâcle; je voudrais lui en faire cadeau sur mes économies, et quoique je déteste marchander surtout un homme de votre talent, il n’entre pas dans mes moyens de le payer 2.000 francs. Comme vous ne l’avez pas encore vendu, peut-être voudrez-vous bien accepter mes conditions : 1.500 francs payables en trois fois — 500 francs au 14 octobre — 500 francs au 14 janvier 1881 — 500 francs au 14 avril 1881 .
Vous m’excuserez, cher Monsieur, d’avoir l’air de vous marchander et je vous prie d’agréer l’assurance de mes sen timents distingués.
Marc. Charpentier.
Cet achat fut l’un des rares résultats de l’exposition de la Vie Moderne. Monet n’en garda pas moins sa confiance en l’avenir, et M. Georges Rivière, dans son livre de Renoir et ses amis (Floury, 1921) trace du peintre de l’impressionnisme ce portrait d’après nature daté de 1880 ; « L’accueil ironique ou indifférent du public n’ébranla pas un instant le courage de Monet. Je n’ai jamais connu d’esprit plus ferme que le sien. C’était pour moi un sujet d’admiration. Les attaques injustes dont ses amis et lui étaient l’objet le rendaient lui-même plus combatif. Le fait d’exposer seul pour la première fois et de braver sans appui les quolibets et les injures déjà prodigués aux Impressionnistes, lors de leurs expositions collectives, témoigne de la volonté irréductible de Monet de tenir tête à ses adversaires et de s’imposer à eux. » M. Georges Rivière ajoute que Monet recevait alors ses amis dans le petit pied-à-terre de la rue Moncey où il resserrait ses tableaux, et que là on le trouvait toujours aussi vaillant que si l’exposition de la Vie Moderne avait été un grand succès.
La Critique de J. -K. Huysmans.
Huysmans ne fut pas tendre aux premières manifestations des Impressionnistes. Attiré surtout par les images de la vie moderne que Degas, avec une puissance sereine, une audace inconnue, que Forain, avec un sens aigu des réalités interlopes, faisaient surgir au milieu des fadeurs de la mode, l’auteur des Sœurs Vatard et de En ménage, qui n’aimait guère les spectacles de la nature, devait être moins pris par les spectacles de vérité observés au bord des flots, au long des berges, dans les champs, les prairies, les vergers, par Claude Monet, Camille Pissarro, Alfred Sisley.
Pourtant, il reconnaissait l’apport nouveau, en rendant compte de l’exposition des Indépendants de 1880 :
« C’est au petit groupe des Impressionnistes que revient l’honneur d’avoir balayé tous ces préjugés, culbuté toutes ces conventions. L’école nouvelle proclamait cette vérité scientilîque : que la grande lumière décolore les tons, que la silhouette, que la couleur, par exemple, d’une maison ou d’un arbre, peints dans une chambre close, diffèrent absolument de la silhouette et de la couleur de la maison ou de l’arbre, peints sous le ciel même, dans le plein air. Cette vérité, qui ne pouvait frapper les gens habitués aux jours plus ou moins restreints des ateliers, devait forcément se manifester aux paysagistes qui, désertant les hautes haies obscurcies par des serges, peignaient au dehors, simplement et sincèrement, la nature qui les entourait. »
Mais Huysmans se demandait si cette tentative avait abouti, à l’époque où elle fut osée, et il se répondait : « Presque jamais, je dois le dire. »
Les peintres impressionnistes parlaient d’un point de vue juste.
il le reconnaissait, mais il estimait qu’ils avaient erré et hésité, et que là où la nature avait « une délicieuse finesse de fugitives nuances », ils avaient fixé une « lourdeur écrasante, opaque. » Avec sa verve de polémiste, il concluait :
« Ces irisations, ces reflets, ces vapeurs, ces poudroiements, se changeaient sur leurs toiles, en une houe de craie, hachée de hleu rude, de lilas criard, d’orangé hargneux, de cruel rouge... Ils ont badigeonné des visages avec des grumeaux de violet intense, appuyant pesamment là où la teinte était à l’état de soupçon, où la nuance perçait à peine. »
Et il ne craignait pas de conclure :
« Ajoutez maintenant à l’insuffisance du talent, à la maladroite brutalité du faire, la maladie rapidement amenée par la tension de l’œil, par l’entêtement si humain de ramener à un certain ton aperçu et comme découvert, un beau jour, à un certain ton que l’œil finit par revoir, sous la pression delà volonté, même quand il n’existe plus, par la perte de sang-froid venue dans la lutte et dans la constante âpreté des recherches, et vous avez l’explication des touchantes folies qui s’étalèrent lors des premières expositions chez Nadar et chez Durand-Ruel. L’étude de ces œuvres relevait surtout de la physiologie et de la médecine. Je ne veux pas citer ici des noms, il suffit de dire que l’œil de la plupart d’entre eux s’était monomanisé ; celui-ci voyait du hleu perruquier dans toute la nature, et il faisait d’un fleuve un baquet à blanchisseuse ; celui-là voyait violet; terrains, ciels, eaux, chairs, tout avoisinait, dans son œuvre, le lilas et l’aubergine; la plupart enfin, pouvaient confirmer les expériences du Charcot sur les altérations dans la perception des couleurs qu’il a notées chez beaucoup d’hystériques de la Salpêtrière et sur nombre de gens atteints de maladies du système nerveux. »
En somme, Huysmans s’exprimait de la même manière que Louis Enault, Bertall, Albert Wolfî, n’était pas d’accord avec Duranty, Théodore Duret, Philippe Burty. Use prononçait nettement contre le « système des taches impressionnistes » , il tenait pour