FEMMES AU, JARDIN
Musée du Luxembourg.
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y ait de l’attraction, ([ui l'au’ s<> joindre les molécules éparses.
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cours de dessin, puis de Renoii', île Sisley, de Baziile, chez (îieyre.
Les promenades de ces camarades à travers les expositions' des
dernières années de l’Empire les mèneni à la galerie Martinet, où
avait exposé Delacroix, où expose Manet. Celui-ci, au Salon, est
agacé par la signature de son presque homonyme, mais elîace
vile ce mouvemenl de nerVUiaiiUi't idA'saaiMMaraartisles, l’aîné et le
cadet, sont vite. des amis, ci les cnio i umes yeu.s se joignent à ceux , . .•aii/odmaxifJ ub sèauM -, .
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On peut distinguer ; ■ * senteni réunis par les :
lions de la critique, lis sionnisles, les Indépendaic
i . lütre.s. D’a.strc' (il.n-Lalour, Bracijuecfînd, - jeune, venu sur le lard, qui space qui s’étail faite, mais qui dunna pas à l’étude des phénoa.: ;si. Forain ne parut pas au . lie. et se donna, avec l’ardeur ■ sociale.
caîdage d’hommes qui se pré- ’ expositions et les malédic- . ■ à tour ajfpeiés les Impres- I ! l'ansigeauls, mais ces deux
CLAUDE MON ET
dernières épithètes ne faisaient que signifier leur attitude en face des Salons, des récompenses officielles, de la guerre des journaux. C’est le nom d’impressionnistes qui leur est resté, quoiqu’il ne les englobe pas tous, par la raison que c’est ce nom qui a paru résumer la nouveauté de l’apport. Monet a fourni l’enseigne, sans le vouloir, comme en le verra plus loin, en exposant une ébauche sous le titre d’impression, un lever de soleil sur l’eau. Quelqu’un prit le mot, le jeta aux nouveaux-venus qui l’acceptèrent, comme autrefois les Jacques, les Gueux, acceptèrent les désignations de leurs ennemis.
Si l’on s’en tient à un groupe spécial, à une formule définie, cette formule s’appliquerait à la peinture de Monet, de Pissarro, de Renoir, de Bertbe Morizot, de Sisley, de Marie Braequemond, de Guillaumin, mais l’histoire de ce mouvement ne séparera pas ceux qui se sont autrefois réunis, quelles que soient leurs divergences de visions et de pensées. Ce sera l’histoire d’un moment, d’une phase, non l’histoire d’une technique. Ces hommes ont été combattus et victorieux ensemble, ils resteront réunis avec leurs physionomies diverses. Est-ce à dire que leurs conceptions se séparent si nettement, que les uns n’aient jamais aperçu leurs entours, que les autres n’aient pas cherehé la elarté véridique de ce qui prenait leur attention d’observateurs? Si Monet s’est donné tout entier à la recherche passionnée de l’univers lumineux, si Degas a concentré toutes ses forces d’esprit devant la physiologie des formes et certains spectacles de civilisation, Pissarro n’a-t-il pas évoqué la vie rurale dans la lumière des champs? Renoir n’a-t-il pas vu la beauté des visages et la poésie du faubourg sous le môme soleil qu’il voit se relléter sur les paysages? Raffaëlli n’a -t- il pas cherché une atmosphère en rapport avec les drames et les comédies dont il est l’observateur attentif? L’œuvre de Manet n’est-elle pas l’image d’une évolution incessante qui va des plus belles traditions de la peinture aux spectacles directs, de la beauté du morceau è la beauté de l’espace?
Ici, d’ailleurs, en songeant à Degas, à Forain, à Raffaëlli, je souscris à une remarque faite un jour par ce dernier, parce (ju’il m’apparait qu’il y a là une vérité. Pourquoi les chercheurs de
lumière seraient-ils seuls les impressionnistes? Ceux qui viennent d’être nommés sont des impressionnistes par le dessin, et leurs recherches qui comportent, forcément, la recherche de la lumière, valent aussi par l’inattendu de la sensation, par la vérité fugitive de la silhouette entrevue, par tout le momentané, si expressif de l’ensemhle de la vie, qu’ils ont aperçu et fixé. Quelques traits égratignés par F orain sur une page blanche donnent l’impression de gens, de caractères, de milieux.
C’est une preuve nouvelle, à ajouter aux autres, que l’Impressionnisme ne fut pas une doctrine restreinte, valable pour un temps, une formule étroite à classer parmi les curiosités de l’art, mais que ce fut, au contraire, un chapitre de l’histoire universelle, l’art pris où il était et mené plus loin, la vie continuée. Ne songez plus aux vaines querelles, prenez le mot pour ce qu’il est, scrutez-le, dégagez-en le sens général, et il vous apparaîtra applicable dans tous les temps, à toutes les productions d’art, partout où vous apercevrez sur la toile une lueur subite et propagée ou une furtive silhouette humaine. Pour prendre des exemples tout près de nous, chez des artistes qui semblent à l’opposé de ceux-là qui sont en question ici, est-ce que Whistler, Carrière, ne sont pas des impressionnistes par le côté passant de leur œuvre?
Première apparition du Groupe en 1874
La première exposition du groupe eut lieu, 35, boulevard des Capucines, chez Nadar. Le catalogue porte en indication : « Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs, graveurs, etc. Exposition 1874, ouverte du 15 avril au 15 mai, de 10 heures du matin à 5 heures et de 8 heures à 10 heures du soir », ce qui, pour le soir, était une innovation qui n’a pas été souvent imitée. Comme nom d’éditeur : « Paris, imprimerie Edmond Baume, 109, rue de Lafayette. » Pas de préface. Il y eut là, cette première fois, un personnel d’exposants un peu divers, dont la liste est ainsi complète : Zacharie Astruc, Antonin-Ferdinand Attendu, E. Beliard, Eugène Boudin, Félix Bracquemond, Édouard Brandon, Pierre-Isidore Bureau, Adolphe-Félix Cals, Paul Cézanne, Gustave Colin, Louis Debras, Edgard Degas, Jean-Baptiste Guillaumin, Louis Latouche, Ludovic-Napoléon Lepic, Stanislas Lépine, Jean- Baptiste-Léopold Levert, Alfred Meyer, Auguste de Molins, Claude Monet, M"® Berthe Morizot, Mulot-Durivage, Joseph de Nittis, Auguste-Louis-Marie Ottin, Léon-Auguste Ottin, Camille Pissarro, Pierre-Auguste Benoir, Stanislas-Henri Bouart, Léopold Robert, Alfred Sisley.
L’envoi de Claude Monet se composait de ; sept croquis au pastel, et de cinq peintures : le Boulevard des Capucines; Le Havre, Bateaux de pêche sortant du port; Coquelicots; Le Déjeuner; et enfin. Impression, soleil levant. Ce dernier titre, que Monet ajouta pour dire exactement qu’il s’agissait d’une vision instantanée, rapidement rendue, ce mot, suffit aux critiques et aux échotiers des journaux pour se faire une opinion défavorable sur la peinture de Monet, Cézanne, Degas, Guillaumin, Berthe Morizot, Pissarro, Renoir, Sisley, pour ne désigner que ceux qui allaient
former le groupe définitif des réprouvés du Salon. La blague de l’esprit parisien tomba sur eux comme une grêle d’orage, ils furent dorénavant, et pour toujours, d’abord les Impressionnalistes, puis les Impressionnistes. Ils eurent au moins autant d’esprit que les critiques et les échotiers. Ils acceptèrent la blague, le mot, et le drapeau. Et une nouvelle école de peinture se trouva fondée. Il faut s’en louer aujourd’hui. Leur réunion fit leur force.
Jules Claretie fut de ceux qui ne virent pas la forte nouveauté apportée par les artistes nouveaux. Au cours de son Salon de 1874, recueilli dans son livre de ÏArt et les artistes français eontemporains, publié chez Charpentier en 1876, il parle ainsi de Manet et de ses amis :
«A/. Manet est de eeux qui prétendent qu’on peut, en peinture, et qu’on doit se eontenter de l’impression. Nous avons vu, de ces impressionnalistes, une exposition naguère au boulevard des Capucines , chez Nadar. C’était purement déconcertant. MM. Monet, — un Manet plus intransigeant, — Pissarro, Morizot, etc., semblaient déclarer la guerre à la beauté. L’impression de quelques-uns de ces paysagistes devenait du brouillard et de la suie. »
Et Claretie ajoutait en note, dans son livre :
« La deuxième exposition des impressionnalistes ou impressionnistes, rue Laffitte, a révélé des gens de talent, MM. Caillehotte, Deshoutin , Outin, sans compter MM. Degas et Legros, qui n’avaient pas à être révélés (avril 1876). »
Au salon de 1875, Claretie s’inquiétait, discutait et prévoyait :
(( Les peintres de la lumière et les peintres du plein air sont peut-être les artistes de f avenir... Les impressionnistes forment, à côté des fortunystes, un clan spécial, qui ressemble assez à un camp de révoltés comparé à une bande d’indépendants pleins d’élégance. Les impressionnistes procèdent de Baudelaire et les fortunystes du Décaméron... mais la richesse de couleur du
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Jules Claretie fut de ceux (|ui ne virent pas la forte nouveauté apportée par les artistes nouveaux. Au cours de son Salon de 1874, recueilli dans son livre de l’Avlcl les artistes français coutemporains, publié chez Charpentier en 1876, il parle ainsi de Vianet et de ses amis : '
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pinceau de Manet ne peut donner à l’auteur crArgenteuil une science qui lui manque... M. Manet n’a pas fait d’études artistiques suffisantes, et, quel que soit le talent d’écrire d’un homme, il lui manquera toujours quelque chose s’il ne sait pas f orthographe. En peinture, f orthographe, c’est le dessin. Le canotier et la canotière de M. Manet sont largement brossés, mais on ne peut soutenir qu’un seul trait de leurs visages soit dessiné... C’est une pochade... Le fond du tableau est tort joli. Mais cette tache d’un hleu cru qui s’étale derrière les personnages a-t-elle la prétention de représenter la Seine ! Jamais la Méditerranée n’a été a ussi radicalement bleue que M. Manet nous peint la Seine. Il n’y a que les im pression nistes pour habiller ainsi la vérité. Et quand on pense que M. E. Manet est timide, dans ses effets, à côté de M. Claude Monet, on se demande où s’arrêtera la peinture en plein air et ce qu’oseront les artistes qui entendent chasser f ombre et le noir de la nature entière !
Ne protestons pas trop. Peut-être sortira-t-il de là un absolu progrès. La science de ces in transigeants est nulle, mais leurs procédés, je le répète, sont curieux, et qui sait s’il ne seront pas appliqués, un jour, par quelque maître savant qui unira du moins la solidité de f étude à la curiosité de ces essais d’artistes, dont f excentricité a pour excuse et pour mérite qu’ils tentent du moins quelque chose de nouveau et qu’ils combattent à f avant-garde ? »
Vente a l’Hôtel Drouot en 1875, sous les huées
Il ne s’agissait pas seulement d’exposer, il s’agissait de vendre, — pour vivre. Si l’on veut avoir l’idée de la situation de nos artistes et des sympathies qui les encourageaient et les aidaient, qu’on lise cette lettre d’Edouard Manet, écrite à Théodore Duret en 1875. On y verra en pleine lumière la délicatesse, la simplicité, la bonté de ce grand homme :
Mon cher Duret,
Je suis allé voir Monet hier. Je Vai trouvé navré et tout à fait à la côte. Il m’a demandé de lui trouver quelqu’un qui lui prendrait au choix de dix à vingt tableaux, à raison de centlrancs. Voulez-vous que nous fassions l’affaire à nous deux, soit cinq cents francs pour chacun ?
Bien entendu chacun, et lui le premier, ignorera que c’est nous qui taisons l’affaire. J’avais pensé à un marchand ou à un amateur quelconque, mais j’entrevois la possibilité d’un refus.
Il laut malheureusement s’y connaître comme nous pour faire, malgré la répugnance qu’on pourrait avoir, une excellente affaire et en même temps rendre service à un homme de talent. Répondez-moi le plus tôt possible ou assignez-moi un rendez-vous.
Amitiés.
E. Manet.
Passons au récit de la vente, véritable manifestation qui eut lieu dix mois après l’exposition. Le 24 mars 1875, à l’hôtel Drouot, furent soumis et offerts au public des tableaux et aquarelles de Claude Monet, Renoir, Sisley, Berthe Morizot. La préface du catalogue était écrite d’une façon mesurée par Philippe Burty^
« On nn point oublié, — disait-il, — que ce groupe d’artistes, exclus systématiquement du Salon, avait groupé une centaine d’œuvres dans la maison jadis occupée par Nadar, au boulevard des Capucines. Ces peintures, différant par l’expression personnelle, mais conçues dans une direction de doctrine très nette, reçurent là ce que leur refusent leurs puissants confrères : la discussion. Cette épreuve, qui leur fut profitable, devait se renouveler au printemps. En attendant, les artistes que nous avons cités plus haut en appellent au public de f hôtel Drouot. »
Et Burty rédigeait cette défense :
« Combien ces œuvres méritaient plus que f attention, la sympathie, par le désir d’éveiller le souvenir de sensations de nature vives et franches; la recherche technique des effets du paysage, sans les artifices des repoussoirs ou des épisodes vulgaires; la préférence pour les tons clairs et hardis; la suppression du détail au profit des masses. Nous avons fait des réserves (et nous les maintenons) sur les rudesses de la touche, le sommaire du dessin, le précieux de certaines indications. Cependant, cet essai d’un mode nouveau en quelques points de la peinture à f huile est digne d’intérêt. L’originalité et la bonne foi de ceux qui le tentent ne sauraient être sérieusement mises en doute. Il y a bien d’autres exemples d’évolutions dont le temps a démontré les avantages, quelques critiques quelles aient commencé par soulever. Ces paysages, ces marines, ces bouquets de fleurs, ces scènes de la vie moderne, apportent dans nos sombres intérieurs infiniment de fraîcheur et de clarté. On n’en saurait dire autant de bien d’autres œuvres payées fort cher, et qui. Jaunes, ternes, fatiguées, sans âme et .sans recherche, n’apportent aux amateurs délicats et sincères que la fatigue et f ennui. »
Le Rappel publiait à la veille de la vente une note dont l’auteur était probablement Ernest d’Hervilly :
« Nous savons infiniment gré à des peintres de réaliser avec leur palette ce que les poètes de leur temps ont su rendre avec un accent tout nouveau : f ardeur de l’azurpendant l’été, les feuilles
de peuplier changées en louis d’or par les premières gelées blanches; les longues oinhres portées des arbres, l’hiver, sur les guérets; la Seine à Bougival ; ou la mer sur la côte, frissonnant sous le souffle du matin; les enfants se roulant dans les gazons piqués de fleurettes. Ce sont comme de petits fragments de la vie universelle, et les choses rapides et colorées, subtiles et charmantes, qui s’y reflètent, ont bien droit qu’on s’en occupe et qu’on les célèbre. »
Le Charivari manquait à sa tradition d’esjîrit français en écrivant sous la signature de P. Girard :
« Vous rappelez-vous une exposition qui s’installa naguère au boulevard des Capucines, dans l’ancien local de Nadar le Grand ? Des peintres schismatiques y élevèrent autel contre autel et entreprirent de lutter contre le Salon. La lutte ne fut pas heureuse. Cependant quatre de ces audacieux (dont une dame) ont organisé une vente à l’hôtel Drouot. On appelle cette école nouvelle l’école des impressionnistes. Et pourtant jusqu’ici elle n’a fait aucune impression sur le public. Cette peinture à la fois vague et brutale, nous parait être l’affirmation de l’ignorance et la négation du beau comme du vrai. Nous sommes assez harcelés par les fausses excentricités, et il est trop commode d’appeler l’attention en faisant plus mauvais que personne n’osa Jamais faire. »
Les prix des tableaux de Monet varièrent entre 165 francs et 325 francs. Ceux des œuvres de Berthe Morizot entre 80 francs et 480 francs. Ceux de Sisley entre 50 francs et 300 francs. Renoir fut le plus maltraité parles enclières : sur vingt peintures, dix n’atteignirent pas 100 francs, le prix le plus élevé fut 300 francs. On ne se borna pas à rire, la colère surexcita les spectateurs qui brandirent des cannes et des parapluies contre les œuvres maudites.
Néanmoins, comme les toiles mises en vente étaient nombreuses, Burty put célébrer le total obtenu. Le surlendemain, il écrivait dans la République Française :
« La vente des tableaux, des aquarelles et des pastels de y/iie Berthe Morizot et de MM. Monet, Renoir et Sisley a eu à