SCENE V11I. W
mon orgueil, mon mauvais orgueil à moi, s'humilie (levant vous. Je vous demande la main de votre fille, que vous m'avez enseigné à estimer comme elle le mérite... (Rc?ny lui fait signe que c'est à Ciaudie de repondre. — Sylvain, se levant, à Ciaudie.) Ciaudie, pardonnez-moi, acceptez-moi pour votre soutien. Je vous aimais à en mourir, et quand j'ai appris la vérité, ce n'était pas du blâme que je sentais. .\on ! comme Dieu m'entend ! c'était de la jalousie. Mais je ne serai même plus jaloux. Je n'ai plus sujet de l'être. Fiez-vous à moi, je vous aimerai, et vous défendrai d'un cœur pareil à celui de votre père. Fiez-vous à moi, je vous dis, je ne crains pas le monde, moi, et je saurai faire respecter ma femme î
claldie, S'- tournant vers Sylvain.
Non, Sylvain î j'ai juré de me punir moi-même en portant seule la peine de ma faute.
la mère, passant devant Sylvain, Rcmy, et allant à Cl au die.
Ciaudie, c'est par crainte de nous déplaire que vous parlez comme ça ; mais moi, voyez -vous, je vous ai toujours souhaitée pour ma fille.
CLALDiE, se tournant entre la mère Fauvenu et Rose.
MèreFauveau, demandez-moi ma vie, c'est tout ce que je peux vous donner.
ROSE
Ciaudie ! c'est moi qui vous ai le plus offensée ici !... Faudra-t-il que je me mette à genoux?
CLALDIE.
Mme Rose, c'est moi qui me mettrais aux vôtres pour vous remercier d'être si bonne, mais ne me demandez pas ce que je ne peux pas accorder...
Sylvain, désespéré du refus de Ciaudie, se jette dans le sein
de son père.
fauveau, vaincu, à Oau'lie. * Ma fille, c'est bien à vous de vous défendre comme ça ; mais, par pitié pour vous-même et pour mon pauvre enfant, fiez-vous à sa parole et à la mienne.
SYLVAIN
Oh ! merci ! père, merci !
Père Fauveau, je vous remercie, je vous respecte, je vous aime, mais je ne peux point vous obéir. Sylvain, pleurant.
Oh ! mon Dieu ! mon Dieu ! elle ne m'aime point ! rémy, prenant Claudie parla muin et l'um nant à lui.
Claudie, c'est à mon tour de le prier ; refuseras-tu à ton père?
Je ne peux pas accorder à mon père ce que j'ai juré à Dieu de n'accorder à personne.
RÉMY
Eh bien ! Dieu donne à ton père le droit de briser ton serment, et je le brise. Je t'ordonne de m'obéiret d'épouser cet homme juste...
Claudie chancelle et laisse tomber sa tète sur le sein de son
père .
Sylvain, même jeu, de l'autre côté de Rémy.
Elle pâlit, elle souffre î elle me déleste ! rémy. soutenant sa fille dans ses iras, et s'adressant doucement à Sylvain, avec joie.
Non ! elle t'aime, et la violence qu'elle se fait pour le cacher est au-dessus de ses forces. Mais, jele sais, moi! elle a eu le délire eu partant d'ici , elle a pleuré, elle a parlé! Voilà pourquoi je suis revenu!... (Elevant le* mains.) Merci, mon Dieu ! qui m'avez permis de ne pas
* FauTeau, Sylvain, Rémy, Claudie, la mère Fauveau. Rose.