‹ ClaudieChapitre 51 sur 83 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

SYLVAIN, seul, s'asseyant à droite, pleurant.

Me marier, moi! oh! jamais, par exemple! car il n'y a point de femme sans reproche. Non ! il n'y en a point, puisque Claudie est fautive ! La maîtresse de Denis Ronciat, d'un sot, d'un glorieux qui n'a pour lui que son argent, son assurance auprès des femmes, son air hardi et content de lui-même ! Ah ! les plus retenues dans l'apparence .«ont les plus trompeuses ! Elle l'a aimé, elle s'est abandonnée à lui! Et sans doute qu'elle l'aime encore, et qu'elle n'est venue en moisson par ici que dans l'espérance de se faire épouser, comme il le prétend! Et moi, qui croyais qu'elle m'aimait secrètement et qu'elle me le cachait par grande vertu! (Se levant.) Mais peut-être bien qu'il m'a menti, ce Ronciat ! Il a du dépit de ce que la Rose ne veut point de lui, et il ne sait à qui s'en prendre. Ça ne serait pas la première fois qu'il se vanterait d'être bien avec une femme qui ne le connaîtrait seulement point! C'est la coutume des farauds comme lui ! Ils vous disentça dans l'oreille, ilsvous demandent le secret, et celle qu'on décrie ne peut point se défendre. Ah ! Claudie ! je veux qu'elle me parle, qu'elle s'accuse, qu'elle se confesse de tout!... Sinon, je veux la mépriser et l'oublier.

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