ACTE II, SCENK X
SYLVAIN
Qu'est-ce qu'on peut lui avoir dit pour vous mettre raal avec elle ?
Je n'en veux rien savoir, pour n'emporter de rancune contre personne.
SYLVAIN
Vous ne pensez pas que ça serait quelqu'un de chez vous... par exemple. . . Denis Ronciat?...
CLAUDIE, tressaillant.
Si quelqu'un a dit des méchancetés ou des faussetés sur moi, que le bon Dieu lui pardonne.
SYLVAIN
Mais si c'étaient des vérités?
Je ne crains pas qu'aucune vérité dite sur mon compte me mérite l'affront des bons cœurs et des honnêtes gens.
SYLVAIN
Aussi, ceux qui vous affrontent ont grand tort; mais vous auriez pu éviter cela en allant de vous-même au-devant des accusations.
Pourquoi faire, puisque je ne voulais point rester ici?
SYLVAIN
Mais une personne comme vous doit vouloir emporter l'estime d'un chacun?
Ça ne regarde que moi !
Ça regarderait pourtant l'homme qui vous aimerait ?
GLAUDIE.
Qui m'aimerait!.. . Je ne veux point être aimée.
SYLVAIN
Vous souhaitez pourtant vous marier?
GLAUDIE.
Vous vous trompez bien.
SYLVAIN
oh ! par exemple, si Denis Ronciat voulait vous épouser, vous feriez peut-êlre votre devoir et votre contentement en le voulant aussi?
GLAUDIE.
Je crois que je ne ferais ni Tun ni Tautre.
SYLVAIN
Ce n'est point ce qu'il dit 1
GLAUDIE.
Il parle de moi ? Eh bien, moi, je ne parle point de lui !
SYLVAIN
Ecoutez, Claudie, ne vous faites point^ comme ça arracher les paroles une par une. Parlez-moi; marquez-moi de la confiance. Dites-moi comment et depuis quand vous connaissez cet homme-là. Ce que vous me direz, je le croirai. Mais si vous ne me dites rien... je crois toutl...
(Elle fait un pas vers le fond; — il se place devant elle avec douleur.)
Voyons! ne nous quittons pas comme ça! ça fait trop de mal! Votre conduite avec moi n'est point franche... Vous vous taisez toujours, je le sais; mais le silence est quelquefois une offense à la vérité, pire que les paroles. On est coquette, des fois, en ayant Tair d'être farouche, .. On attire les gens en ayant l'air de les repousser!... Claudie! Claudie, il faut tout me dire !
(Il pleure et s'appuie contre le buffet.)