ACTE II, SCENE XIII
heureux ! un ange du bon Diou qui nous consolait de tout, et qui ne nous faisait pas honte, nous l'aimions trop pour ça!... Et, dans noire endroit, chacun Tainiait et le plaignait d'être si chétif qu'il ne pouvait pas vivre ! Pauvre petit! il avait été nourri de larmes! Et vous nous reprochez ça! Vous chassez ma fille comme une vagabonde, et vous ne chassez pointa coups de fourche et de fourchât un infâme qui, après lui avoir juré le mariage, l'a délaissée, oubhée dans sa misère, et qui ose encore venir auprès de vous l'accuser du tort qu'il lui a fait? Vous avez pourtant vu conime cette fille souffre et travaille ! vous ne lui avez jamais entendu faire une plainte ni un reproche, ni une bassesse, ni une avance ! et vous osez dire qu'elle veut se faire épouser par votre garçon ! (Montrant Sylvain.) Est-ce qu'il €St digne d'elle, votre garçon? Qu'il soit honnête homme et bon ouvrier tant qu'il voudra, est-ce qu'il a montré sa vertu par des épreuves comme les nôtres? est-ce qu'il a été foulé de misè'e et de chagrin comme nous? est-ce qu'il connaît comme nous la patience et la soumission aux volontés du bon Dieu?... Non, non! ne soyez pas si fiers! Vous êtes plus aisés que nous, et voilà tout ce que vous avez de plus que nous dans ce monde; mais nous verrons là-haut, nous autres, qui sera le plus
près du Dieu juste!... (Entraînant Claudie dans le fond.) Viens,
ma Claudie ; allons-nous-en ! il me reste encore assez de force pour gagner ma pauvre cabane, où je veux mourir en paix !
LA MÈRE FAUVEAU et ROSE, éperdues.
Non, vous ne partirez pas comme ça... père Rémy! père Rémy!.,,
RÉMY, s'exaltant toujours.
Retirez-vous ! nous ne voulons plus rien de vous au-
très... Ah! vous croyez que je n'aurais plus la force de défendre ma fille ; essayez-y un peu !
(U sort avec Glaudie en menaçant avec égarement les personnages qui veulent s'opposera son départ.)
(Rideau.)