FAUVEAU , LA MÈRE FAUVEAU
[ Fauyeau est assis à la table où son souper est servi ; il n'y fait pas attention. Il fait face au public.)
LA MÈRE FAUVEAU, assise près de lui à gauche.
Eh bien, mon mari, mangez donc voire souper.
FAUVEAU , l'air contrarié.
Merci, femme, je n'ai pas faim.
LA MÈRE FAUVEAU
Avalez une verrée de vin blanc. Ça vous remettra en appétit.
FAUVEAU
Non, femme, je n'ai pas soif.
LA MÈRE FAUVEAU
C'est donc que vous êtes malade ?
FAUVEAU
Eh ! non, femme, je me porte bien.
LA MÈRE FAUVEAU
Tenez, mon homme, vous avez du soucie
FAUYÈAU.
Ma foi non, je suis plutôt content.
LA MÈRE FAUVEAU
Ah ! vous êtes content, vous ? Il n'y a pas de quoi.
FAUYEAU, avec colère.
Voyons, qu'est-ce qu'il y a? Tredienne, depuis tantôt deux heures vous me boudez, vous ne me parlez point, et à cette heure, voilà que vous me regardez avec des yeux tout moites, qui ne valent rien.
LA MÈRE FAUVEAU, tristement.
Mon pauvre cher homme, les yeux de votre femme sont le miroir de votre conscience, et vous n'êtes point content de mes yeux, quand vous n'êtes point content de vous-même.
FAUVEAU
Tu veux que notre garçon ait raison d'aimer cette Claudie? Eh bien, tu es folle! f aimerais mieux me couper les deux bras que de donner la main à un mariage comme ça.
LA MÈRE FAUVEAU
Vous aimeriez mieux perdre votre fils ?
FAUVEAU
Femme, femme, je ne sais pas si c'est pour m'endormir; mais vous me dites là des paroles !,..
LA MÈRE FAUVEAU
Ah ! que les hommes sont aveugles 1
FAUVEAU, avec colère.
Aveugle, moi?
LA MÈRE FAUVEAU
Vous n'avez donc point vu ce que Sylvain a tenté quand