‹ ClaudieChapitre 81 sur 83 · ACTE m, SCÈNE YIII · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE YIII

LA MÈRE FAUVEAU, passant devant Sylvain, Rémy, et allant,

Claudie , c'est par crainte de nous déplaire que vous parlez comme ça ; mais moi, voyez-vous, je vous ai toujours souhaitée pour ma fille.

CLAUDIE, se tournant entre la mère Fauveau et Rose.

Mère Fauveau, demandez-moi ma vie, c'est tout ce que je peux vous donner.

ROSE

Claudie ! c'est moi qui vous ai le plus offensée ici 1 Faudra- t-il que je me mette à genoux?

Madame Rose, c'est moi qui me mettrais aux vôtres pour vous remercier d'être si bonne, mais ne me demandez pas ce que je ne peux pas accorder.

(Sylvain , désespéré du refus de Claudie , se jette dans le sein de son

père.)

FAUVEAU, vaincu, à Claudie.*

Ma fille, c'est bien à vous de vous défendre comme ça; mais, par pitié pour vous-même et pour mon pauvre enfant , fiez-vous à sa parole et à la mienne.

Oh ! merci ! père , merci !

Père Fauveau , je vous remercie , je vous respecte , je vous aime, mais je ne peux point vous obéir.

SYLVAIN, pleurant.

& Oh ! mon Dieu , mon Dieu ! elle ne m'aime point !

* Fauveau, Sylvain, Rémy, Claudie, la mère Fauveau, Rose.

lOG 1 CLAUDIE.

RÉMY, prenant Claudie par la main et l'amenant à lui.

Claiidie , c'est à mon tour de te prier ; refuseras-tu à ton père?

CLAUDTE.

Je ne peux pas accorder à mon père ce que j'ai juré à Dieu de n'accorder à personne.

RÉMY

Eh bien ! Dieu donne à ton père le droit de briser ton serment, et je le brise. Je t'ordonne de m'obéir et d'épouser cet homme juste.

(Claudia chancelle et laisse tomber sa tête sur le sein de son père.) SYLYAIN, même jeu, de Fautre côté de Rémy.

Elle pâlit , elle souffre ! elle me déteste !

RÉMY, soutenant sa fille dans ses bras, et s'adressant doucement à Sylvain, avec joie.

Non ! elle t'aime, et la violence qu'elle se fait pour le cacher est au-dessus de ses forces. Mais, je le sais, moi! elle a eu le délire en partant d'ici, elle a pleuré, elle a parlé! Voilà pourquoi je suis revenu ! (Élevant les mains.) — Merci, mon Dieu ! qui m'avez permis de ne pas mourir avant d'avoir donné un bon souîiea à ma fille ! (On entend

une cloche lointaine: à Sylvain et à Claudie.) A genoux, meS enfants, (Aux autres ) Mes amis, à genoux ! c'est l' Angélus qui sonne. (li reste seul debout.) C'c^t l'heurc du re|.os! qn'il descende dans nos cœurs, le repos du bon Dieu, à la fin d'une journée d'épreuves, où chacun de nous a réussi à faire son devoir 1 Demain cette cloche nous réveillera pour nous rappeler au travail; nous serons debout avec une face joyeuse et une conscience épanouie, (Relevant les enfants. — Tous se lèvent.) Car le travail, ce n'est point la punition de l'homme... c'est sa récompense et sa force... c'est sa gloire

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