‹ Claudine à l'écoleChapitre 27 sur 58 · L. Pr Ed LR D J · texte numérisé non relu

L. Pr Ed LR D J

voulu, ce n’est pas moi que ça regarde, oh! Dieu non, moi MOINS que personnel.

La chaleur est telle qu’on en perd le sentiment de la coquetterie, — ou plutôt que la coquetterie se modifie sensiblement: maintenant, on montre de la peau. J’inaugure des robes ouvertes en carré, quelque chose de moyenägeux, avec des manches qui s’arrêtent au coude; on a des bras encore un peu minces, mais gentils tout de même, et pour le cou, je ne crains personne ! Les autres m’imitent : Anaïs ne porte pas de manches courtes, mais elle en profite pour retrousser les siennes jusqu’à l'épaule; Marie Belhomme montre des bras dodus, imprévus au-dessus de ses mains maigres, un cou frais et Zestiné à l’empâtement. Ah! Seigneur, qu'est-ce qu’on ne montrerait pas, par une ‘empérature semblable ! En grand secret, je remplace mes bas par des chaussettes. Au bout de trois jours

\ toutes le savent, se le répètent, et me prient tout

| bas de relever ma jupe. | -.

4 | — Fais voir tes chaussettes, si c’est vrai? \} — Tiens!

\) — Veinardet C’est égal, je n’oserais pas, moi. Li) — Pourquoi, rapport aux convenances ?

| -— Dame... | — Laisse donc, je sais pourquoi, tu as du poil | sur les jambes!

| — Oh! menteuse des menteuses! on peut regarder, je n’en aipas plus que toi; sculèment ça me

‘ferait honie de sentir mes jambes toutes nues

sous ma robe!

La petite Luce exhibe de la peau, timidement,

de la peau blanche et douce à émerveiller; et la grande Anaïs envie cette blancheur au point de

lui faire aux bras des piqûres d’aiguilles, les jours

de couture.

Adieu le repos! L'approche des examens, l’hon-

-neur qui doit rejaillir sur la belle école neuve de

nos succès possibles ont enfin tiré nos institutrices de leur doux isolement. Elles nous enferment,

nous, les six candidates, elles nous obsèdent de redites, nous forcent à entendre, à retenir, à comprendre même, nous font venir une heure avant les autres et partir une heure après! — Presque toutes, nous devenons pâles, fatiguées et bêtes; il y en a qui perdent l’appétit ct le sommeil à force de travail et de souci; moi, je suis restée à peu près fraiche, parce que je ne me tourmente pas

beaucoup, et que j’ai la peau mate; la petite Luce Lanthenay aussi, qui possède comme sa sœur Ai-

“mée, un de ces heureux teints blancs et roses

-inattaquables…

Nous savons que Mile Sergent nous conduira toutes ensemble au chef-lieu, nous logera avec elle

- à l'hôtel, se chargera de toutes les dépenses et qu’on

réglera les comptes au retour. Sans ce maudit examen, ce petit voyage nous enchanterait.

Ces derniers jours sont déplorables. Institutri-

PCPTE

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