‹ Claudine à l'écoleChapitre 42 sur 58 · Endommage · texte numérisé non relu

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des deux écoles, garçons et filles, la grande cour dont on a respecté les cèdres, heureusement, et les petits massifs réguliers à la française, et les lourdes portes de fer — beaucoup trop lourdes et trop redoutables — qui nous enferment, et les waterclosets à six cabines, trois pour les grandes, trois pour les petites (par une touchante ct pudique attention, les cabines des grandes ont des portes pleines, celles des petites : des demi-portes), les beaux dortoirs du premier étage, dont on aperçoit au dehors les vitres claires et les rideaux blancs. Les malheureux contribuables la paieront longtemps. On dirait une caserne, tant c’est beau!

Les élèves nous font une réception bruyante; Mile Aimée ayant bonnement confié la surveillance de ses élèves et celle de la première classe à la chlorotique Me Griset, pendant sa petite promenade à la gare, les classes sont semées de papiers, hérissées de sabots-projectiles de trognons de pommes-de-moisson. Sur un froncement des sourcils roux de Me Sergent, tout rentre dans l’ordre, des mains rampantes ramassent les trognons de pommes, des pieds s’allongent et, silencieusement, réintègrent les sabots épars.

Mon estomac crie et je vais déjeuner, charmée de retrouver Fanchette, ct le jardin, et papa; — Fanchette blanche qui se cuit et se fait maigrir au soleil, et m’accueille avec des miaulements brusques et étonnés; — le jardin vert, négligé et envahi de plantes qui se hissent et s’allongent pour

trouver le soleil que leur cachent les grands arbres; — et papa qui m’accueille d’une bonne bourrade tendre au défaut de l'épaule : 4 - Qu'est-ce que Lu deviens donc? ne te vois plus!

— Mais, papa, je viens de passer mon examen.

— Quel examen? | |

Je vous dis qu’il n’y en a pas deux comme luil Complaisamment, je lui narre les aventures de ces derniers jours, pendant qu’il Lire sa grande barbe rousse et blanche. Il paraît content. Sans doute, ses croisements de limaces lui auront fourni des. résultats inespérés. ;

Je me suis payé quatre ou cinq jours de repos, de vagabondages aux Matignons, où je trouve. Claire, ma sœur de lait, ruisselante de larmes parce que son amoureux vient de quitter Montigny" sans daigner même l'en prévenir. Dans huit jours elle possédera un autre promis qui la lächera au. bout detrois mois, pas assez rusée pour retenir less gars, pas assez pratique pour se faire épouser; et” comme elle s'entête à rester sage... ça peut durer longtemps, :

En attendant, elle garde ses vingt-cinq Houton petite bergère un peu opéra-comique, un peu ridi-. sule, avec le grand chapeau cloche qui protège son.

al

teint et son chignon (le soleil fait jaunir les che-

veux, ma chère!) son petit tablier bleu brodé de

blanc, et le roman blanc à titre rouge En Fête! qu’elle cache dans son panier. (C’est moi qui luÿ ai prêté les œuvres d’Auguste Germain pour l’initier à la grande vie! Hélas, toutes les horreurs qu’elle commettra, j'en serai peut-être responsable.) Je suis sûre qu'elle se trouve poétiquement malheureuse, triste;fiancée abandonnée, et qu'elle se plaît, toute seule, à prendre des poses nostalgiques, «les bras jetés comme de vaines armes », ou bien la tête penchée, à demi ensevelie sous ses cheveux épars. Pendant qu’elle me raconte les maigres nouvelles de ces quatre jours, et ses malheurs, c’est moiqui m'occupe des moutons et pousse la chienne vers eux :« Amène-les, Lisette! Amène-les là-bas! » c’est moi qui roule les « prrrr.… ma guélinel » pour les empêcher de toucher à l’avoine; j'ai l’habitude.

«… Quand j'ai appris par quel train il partait, soupire Claire, je me suis arrangée pour laisser mes moutons à Lisette et je suis descendue au passage à niveau. À la barrière j'ai attendu le train, qui ne va pas trop vite là parce que ça monte. Je l’ai aperçu, j'ai agité mon mouchoir, j'ai envoyé des baisers, je crois qu’il m'a vue. Écoute, je ne suis pas sûre, mais il m'a semblé que ses yeux étaient rouges. Peut-être que ses parents l’ont forcé de revenir. Peut-être qu'il m'écrira... » Va toujours, petite romanesque, ça ne coûte rien d’es- L | | 45

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GLAUDINE à L'ÉCOLE

pérer. Et puis si j'essayais de te détourner, tüne ine croirais pas.

Au bout de cinq jours de trôleries dans les bois, « à me grifler les bras et les jambes aux ronces, à rapporter des brassées d'œillets sauvages, de bluets et de sceaux-de-Salomon, à manger des merises amères et des groseilles à maquereau, la curiosité etle mal de l’École me reprennent. J'y retourne. :

Je les trouve toutes, les grandes assises sur des bancs à l'ombre, dans la cour, travaillant paresseusement aux ouvrages « d'exposition »; les petites, sous le préau, en train de barboter à la pompe; Mademoiselle dans un fauteuil d'osier, son Aimée à ses pieds sur une caisse à fleurs renversée, flânant et chuchotant. À mon arrivée, Milk Ser- : gent bondit et pivote sur son siège :

— Ah! vous voilà! ce n’est pas malheureux!.

Vous prenez du bon temps! Ml Claudine court les champs, sans songer que la distribution des prix“ approche, et que les élèves ne savent pas une note du chœur qu’on doit y chanter!

— Mais. Mie Aimée n’est donc pas professeur, de chant? ni M. Rabastens (Antonin)?

— Ne dites pas de bêtises! Vous savez fort bien. que Mie Lanthenay ne peut pas chanter, la délis catesse de sa voix ne le lui permet pas ; quant à M. Rabastens, on a jasé en ville sur ses visites et”

ses leçons de chant, à ce qu’il paraît. Ah! Dieu!

notre sale pays de cancans ! Enfin il ne reviendra

plus. Ün ne peut pas se passer de vous pour les

chœurs et vous en abusez. Ce soir, à quatre heures,

nous diviserons les parties et vous ferez copier les “couplets au tableau.

— Je veux bien, moi. Qu'est-ce que c'est, le chœur de cette année ?

— L'Hymne à la Nature. Marie, allez le chercher sur mon bureau, Claudine va commencer à le seriner. |

C’est un chœur à trois parties, très chœur de pension. Les sopranos piaillent avec conviction :

Là-bas au lointain, L'hymne du matin S'élève en un doux murmure...

Cependant que les mezzos, faisant écho aux rimes en tin, répètent fin tin tin, pour imiter la cloche de l’Angelus. C'est. bête à pleurer. Ça plaira beaucoup.

Elle va commencer, cette douce vie, qui consiste

- à m'’égosiller, à chanter trois cents fois le même

- air, à rentrer aphone à la maison, à m’enrager

. contre ces petites, réfractaires à tout rythme. Si on me faisait un cadeau, au moins!

Anaïs, Luce, quelques autres, ont heureusement une bonne mémoire de l'oreille, et me suivent de la voix dès la troisième fois. On cesse parce que

- Mademoiselle a dit : CAssez pour aujourd'hui »; ce

CLAUDINE À L'ÉCOLE serait trop de cruauté de nous faire chante long. … temps par cette température sénégalienne. | — Et puis, vous savez, ajoute Mademoiselle, … défense de fredonner l’'Hymne à la Nature entre les leçons! Sinon, vous l’estropierez, vous le dé- » formerez et vous ne serez pas capables de le chan- « ter proprement à la distribution. Travaillez, maintenant, et que je n’entende pas causer trop haut. On nous garde dehors, les grandes, pour que « nous exécutions plus à l’aise les mirifiques tra- « vaux destinés à l'exposition des ouvrages de main! (Est-ce que les ouvrages peuvent être autres que « de main »? Je n’en connais pas de « pied »). Car, « après la distribution des prix, la ville entière vient admirer nos travaux exposés, emplissant deux classes : dentelles, tapisseries, broderies, lingeries enrubannées, déposées sur les tables d'étude. Les « murs sont tendus de rideaux ajourés, de jetés de lit au crochet sur transparents de couleur, de descentes de lit en mousse de laine verte (du tricot détricoté) piquées de fleurs fausses rouges et roses, toujours en laine; — de dessus de cheminée en peluche brodée... Mais ces grandes petites filles, coquettes des dessous qu’elles montrent, exposent surtout une quantité de lingeries somptueuses, des » chemises en batiste de coton à fleurettes, à empiècements merveilleux, des pantalons forme sabot, jarretés de rubans, des cache-corsets festonnés en haut et en bas, tout ça sur transparents de papier « bleu, rouge et mauve avec pancartes où le nom de

Dur cr

l’auteur ressort, en belle ronde. Le long des murs s’alignent des tabourets au point de croix où repose soit l’horrible chat dont les yeux sont faits de quatre points verts, un noir au milieu, soit le chien, à dos rouge et à pattes violâtres, qui laisse pendre une langue couleur d’andrinople.

Bien entendu, la lingerie, plus que tout le reste, intéresse les gars, qui viennent visiter l'exposition comme tout le monde ; ils s’attardent aux chemises fleuries, aux pantalons enrubannés, se poussent de l'épaule, rient et chuchotent des choses énormes.

Il est juste de dire que l'École des garçons possède aussi son exposition, rivale de la nôtre. S'ils n’offrent pas à l'admiration des lingeries excitantes, ils montrent d’autres merveilles : des pieds de table habilement tournés, des colonnes torses, (ma chère ! c’est le plus difficile), des assemblages ide menuiserie en « queue d’aronde, » des cartonnages ruisselants de colle, et surtout des moulages en terre glaise — joie de l’instituteur, qui baptise cette salle « Section de sculpture, » modestement — des moulages, dis-je, qui ont la prétention de reproduire des frises du Parthénon et autres bas-reliefs, noyés, empâtés, piteux. La Section de dessin n’est pas plus consolante : les têtes des Brigands des Abruzzes louchent, le Roi de Rome a une fluxion, Néron grimace horriblement, et le président Loubet dans un cadre tricolore, menuiserie et cartonnage combinés, a envie de vomir (c’est qu'il songe à son ministère, explique Dutertre,

toujours enragé de n'être pas député). Aux murs, des lavis mal lavés, des plans d’architecture et la « vue gêènérale anticipée (sic) de i’Exposition de 1900, » aquarelle qui mérite le prix d'honneur.

Et pendant le temps qui nous sépare encore des vacances, on laissera au rancart tous les livres, on travaillera mollement dans l’ombre des murs, en se lavant les mains toutes les heures — pré- « texte à rôderie — pour ne pas tacher de moiteur les laines claires et les linges blancs ; j'exposo sou: lement trois chemises de linon, roses, forme bébé, avec les pantalons pareils, fermés, détail qui scandalise mes camarades, unanimes à trouver cela « inconvenant, » parole d'honneur!

Je m'installe entre Luce et Anaïs, voisine ellemême de Marie Belhamme, car nous nous tenons, par habitude, en un petit groupe. Pauvre Mariet « Il lui faut retravailler pour l’examen d'octobre. Comme elle s’ennuyait à périr dans la classe vide, Mademoiselle la iaisse par pitié venir avec nous; elle lit dans des Atlas, dans des Histoires de France quand je dis qu'elle lit... son livre est ouvert suc. ses genoux, elle penche la tête et glisse des regards vers nous, tendant l'oreille à ce que nous disons. Je prévois le résultat de l’examen d'octobre!

— Je sèche de soift As-tu ta bouteille? me de-. mande Anaïs. 1 — Non, pas pensé à l’apporter, mais Marie doit « avoir la sienne. 4

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Encore une de nos coutumes immuables et ridicules, ces bouteilles. Dès les premiers jours de

grosse chaleur, il est convenu que l’eau de la pompe

devient imbuvable (elle l’est en tout temps), et chacune apporte au fond du petit panier, — quelquefois dans la serviette de cuir ou Le sac de toile— une bouteille pleine de boisson fraîche. C’est à qui réalisera le mélange le plus baroque, les liquides

- les plus dénaturés. Pas de coco, c’est bon pour la « petite classe! À nous l’eau vinaigrée qui blanchit - les lèvres et tiraille l'estomac, les citronnades aiguës, les menthes qu’on fabrique soi-même avec les feuilles fraîches de la plante, l’eau-de-vie chipée à la maison et empâtée de sucre, le jus des groseilles vertes qui fait regipper !. La grande Anaïs déplore amèrement le départ de la fille du pharmacien, qui nous fournissait jadis des flacons pleins d’alcool de menthe trop peu additionné d’eau, ou encore d’eau de Botot sucrée; moi qui suis une nature simple, je me borne à boire du vin blanc coupé d’eau de Seltz, avec du sucre et un peu de citron. Anaïs abuse du vinaigre et Marie du jus de réglisse, si concentré qu’il tourne au noir. L’usage des bouteilles étant interdit, chacune, je le répète, apporte la sienne, fermée d’un bouchon que traverse un tuyau de plume, ce qui nous permet de boire en nous penchant. sous prétexte de

1. Mot intraduisible indiquant l'impression produite par les saveurs astringentes.

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V #4 ramasser une bobine, sans déplacer la bouteille … couchée dans le panier, le bec dehors. A la petite . récréation d’un quart d’heure (à neuf heures et à trois heures), tout le monde se précipite à lapompe … pour inonder les bouteilles et les rafraîchir un peu. … Il y a trois ans, une petite est tombée avec sa bou- … teille, s’est crevé un œil; son œil est tout blanc, … maintenant. À la suite de cet accident, on a con- « fisqué tous les récipients, tous, pendant une se- » maine... et puis quelqu’une a rapporté le sien, exemple suivi par une autre le jour suivant... le mois d’après, les bouteilles fonctionnaient régulièrement. Mademoiselle ignore peut-être cet accident « qui date d’avant son arrivée, — ou bien elle pré- … fère fermer les yeux pour que nous la laissions tranquille.

Rien ne se passe, en vérité. La chaleur nous « ôte tout entrain : Luce m’assiège moins de ses. importunes câlineries; des velléités de querelles s'éveillent à peine pour tomber tout de suite ; c'est la flemme, quoi, et les orages brusques de juillet, qui nous surprennent dans la cour, nous balaient sous des trombes de grêle, — une heure après, le ciel est pur.

On a joué une méchante farce à Marie Belhomms qui s’était vantée de venir à l’École sans pantalon, à cause de la chaleur.

Nous étions quatre, une après-midi, assises sur un banc dans l’ordre que voici :

Marie — Anaïs — Luce — Claudine.

Après s'être fait dûment expliquer mon plan, tout bas, mes deux voisines se lèvent pour se laver les mains, et le milieu du banc reste vide, Marie à un bout, moi à l’autre. Elle dort à moitié sur son arithmétique. Je me lève brusquement ; le banc bascule : Marie, réveillée en sursaut, tombe les jambes en l'air, avec un de ces cris de poule égorgée dont elle a le secret, et nous montre... qu’eflectivement elle ne porte pas de pantalon. Des huées, des rires énormes éclatent ; la Directrice veut tonner et ne peut pas, prise elle-même d’un fou rire; et Aimée Lanthenay préfère s’en aller, pour ne pas offrir à ses élèves le spectacle de ses tortillements de chatte empoisonnée.

Dutertre ne vient plus depuis des temps. On le dit aux bains de mer, quelque part, où il lézarde et flirte (mais où prend-il de Pargent ?) Je le vois, en flanelle blanche, en chemises molles, avec des ceintures trop larges et des souliers trop jaunes ; il adore ces costumes un peu rastas, très rasta lui-même sous ces teintes claires, trop hâlé et d’yeux trop brillants, les dents pointues et la moustache d’un noir roussi comme si on l’avail flambée. Je n’ai guère pensé à sa brusque attaque dans le couloir vitré — l’impression a été vive

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mais courte — et puis, avec lui, on sait si bien que ça ne tire pas à conséquence! Je suis peut- . être la trois centième petite fille qu’il tente d’attirer chez lui; l'incident n’a d'intérêt ni pour lui ni pour moi. Ça en aurait si le coup avait réussi, .

voilà tout. |

Déjà nous songeons beaucoup aux toilettes de la distribution des prix. Mademoiselle se fat broder une robe de soie noire par sa mère, fine travailleuse qui exécute dessus, au plumetis, de grands bouquets, des guirlandes minces qui suivent le bas de la jupe, des branches qui grimpent sur le corsage, tout cela en soies violettes nuancées, passées, — quelque chose de très distingué, un peu « dame âgée » peut-être, mais de coupe impeccable ; toujours sombrement et simplement vêtue, le chic de ses jupes éclipse toutes les notairesses, receveuses, commerçantes et rentières d'ici! C’est sa petite vengeance de femme laide et bien faite.

M'° Sergent s'occupe aussi d’habiller gèntiment sa petite Aimée pour ce grand jour. On a fait venir des échantillons du Louvre, du Bon Marché, et les deux amies choisissent ensemble, absorbées, devant nous, dans la cour où nous travaillons à l'ombre. Je pense que voilà une robe qui ne coùtera pas cher à Ml Aimée; de vrai, elle aurait bien tort d’agir autrement, ce n'est pas avec seu :

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15 francs par mois — desquels il faut retrancher trente francs, sa pension (qu’elle ne paie pas) autant pour celle de sa sœur (qu’elle économise) et vingt francs qu'elle envoie à ses parents, je le sais par Luce — ce n’est pas avec ces appointements, je dis, qu'elle paierait la gentille robe de mohair blanc dont j'ai vu l'échantillon.

Parmi les élèves, c’est très bien porté de ne

point paraître s’occuper de sa toilette de distribu-

tion. Toutes y réfléchissent un mois à l’avance, tourmentent les mamans pour obtenir des rubans, des dentelles, ou seulement des modifications qui moderniseront la robe de l’an passé, — mais il

est de bon goût de n’en rien dire; on se demande.

avec une curiosité détachée, comme par politesse : « Comment sera ta robe? » Et on semble à peine écouter la réponse, faite sur le même ton négjligent et dédaigneux.

La grande Anaïs m'a posé la question d’usage, les yeux ailleurs, la figure distraite. Le regard perdu, la voix indifférente, j'ai expliqué : « Oh! rien d'étonnant... de la mousseline blanche... le corsage en fichu croisé ouvert en pointe. et les manches Louis XV avec un sabot de mousseline arrêtées au coude... C’est tout. »

Nous sommes toutes en blanc pour la distribution; mais les robes sont ornées de rubans clairs, choux, nœuds, ceintures, dont la nuance, que nous tenons à changer tous les ans, nous préoccupe beaucoup.

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