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impatiemment et dont elle sesouvient avecterreur.
Petite M'* Lanthenay, votre corps souple cher-
che, et appelle, un bien-être inconnu; si vous
n’étiez pas institutrice-adjointe à Montigny, vous seriez peut-être... je ne veux pas dire quoi. Mais que j'aime vous entendre et vous voir, vous qui avez quatre ans de plus que moi, et de qui je me sens, à chaque instant, la sœur ainéet
Ma nouvelle confidente .me dit un jour qu'elle sait pas mal d'anglais, et cela m'inspire un projot tout simplement merveilleux. Je demande à papa (puisqu'il me tient lieu de maman) s’il ne voudrait pas me faire donner par M°° Aimée Lanthenay des Icçons de grammaire anglaise. Papa trouve l’idée géniale, comme la plupart de mes idées, et, « pour boucler l’affaire », comme il dit, m'accompagne chez M"° Sergent. Elle nous reçoit avec une politesse impassible, et, pendant que papa lui expose son projet, paraît l’approuver; mais je sens une vague inquiétude de ne pas voir ses yeux pendant qu'elle parle. (Je me suis aperçue très vite que ses yeux disent toujours sa pensée, sans qu’elle puisse la dissimuler, et je suis anxieuse de constater qu’elle les tient obstinément baissés). On appelle M'° Aimée qui descend empressée, rougissante, et répétant « Oui Monsieur », et « Certainement Monsieur », sans trop savoir ce qu’elle dit, pendant que je la regarde, toute contente de ma ruse, et réjouie à la pensée que je vais, désormais, l'avoir
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Pn19 GLAUDINE À L'ÉCOLE
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avec moi plus intimement que sur le seuil de la petite classe. Prix des leçons : quinze francs par mois, deux séances par semaine; pour cette pauvre petite adjointe qui gagne soixante-quinze francs par mois et paie sa pension là-dessus, c’est une aubaine inespérée. Je crois aussi qu’elle a du plai-
sir à se trouver plus souvent avec moi. Pendant cette visite-là, je n’échange guère que deux ou
(rois phrases avec elle.
Premier jour de leçon! Je l'attends après la
classe, pendant qu’elle réunit ses livres d'anglais,
et en route pour la maisont J'ai installé un coin confortable pour nous deux dans la bibliothèque de papa, une grande table, des cahiers et des plumes, avec une bonne lampe qui n’éclaire que la
table. M°* Aimée, très embarrasséc (pourquoi?) …
rougit, toussotte :
— Allons, Claudine, vous savez votre alphabet, je pense?
— Bien sûr, Mademoiselle, je sais aussi un peu de grammaire anglaise, je pourrais très bien faire celle petite version-là.…. On est bien, s’pas ici?
— Oui, très bien.
Je demande, en baissant un peu la voix pour prendre le ton de nos bavardages :
— Est-ce que M" Sergent vous a reparlé de mes leçons avec vous ?
— Oh! presque pas. Elle m'a dit que c'était une chance pour moi, que vous ne me donneriez pas
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. de peine, si vous vouliez sculement travailler un peu, que vous appreniez avec une HS facilité quand vous vouliez bien.
— Rien que ça? C'est pas beaucoupt Elle pensait bien que vous me le répétcriez.
— Voyons, Claudine, nous ne travaillons pas.
Il n’y a en anglais qu’un seul article. etc., etc.
Au bout de dix minutes d'anglais séricux, j'interroge encore : |
— Vous n'avez pas remarqué qu’elle n'avait pas l'air content quand je suis venue avec papa pour demander de prendre des leçons avec vous ?
— Non... Si... Peut-être, mais nous ne nous sommes presque pas parlé le soir.
— Otez donc votre jaquette, on étouffe toujours chez papa. Ah! comme vous êtes mince, on vous casserait ! Vos yeux sont bien jolis à la lumière.
Je dis tout ça parce que je le pense, et que je prends plaisir à lui faire des compliments, plus de plaisir que si j’en recevais pour mon compte. Je demande :
— Vous couchez toujours dans la même chambre que M'° Sergent ?
(Celle promiscuité me paraît odieuse, mais le moyen de faire autrement! Toutes les autres chambres sont déjà démeublées, et on comment
à enlever le toit. La pauvre pelite soupire) :
— ]l faut bien, mais c’est ennuyeux comme tout ! Le soir, à neuf heures, je me couche tout de suite, vite, vite, et elle vient se coucher après ;