B E L T O N , CLAUDINE
B E L t o N , tres-gaimenl .
Ah! te voilà, Claude ?
Claudine, poussant un cri de joie et de surprise.
Ah !
Je suis bien aise de te rencontrer ; j’ai besoin de parler ^
d’être entendu d’avoir quelqu’un qui me réponde....... il ne
suffit pas d’être heureux ; il faut trouver à qui le dire de
ma vie je n’ai eu de jour aussi complettement agréable que celui-ci.... je suis enchanté de tout ce qui m’environne. Il n’y
a pas jusqu’à le petit Benjamin
Claudine, vivement.
N’est-ilpas vrai qu’il est charmant ?
Oui , charmant , c’est le mot.
Claudine, tendrement .
Vous l’aimerez, monsieur, vous l’aimerez.
Eh ! comment s’en défendre ? c’est le petit être le plus aimable il court, il s’assied, il rit, il boude , il caresse ,, il
Ca
36 C L A U D I îï Ë D E F L O R X A N ,
égratigne* et, tout cela , dans l'intervalle d'une seconde. Lé contrarie-t-on, il se met dans une colère, mais dans une colère à faire rire aux éclats; d'un coup de pied? il vient decasseE le plus joli déjeûner de porcelaine
Oh ! je le gronderai , monsieur , je le gronderai.
C'est inutile ; je l'ai puni.
Claudine, avec une sorte de crainte.
Tous l’avez puni ?
Je lrai mis à même druu tas de gimblettes , et je lui ai déclaré très-sérieusement que , s’il en laissoit une , il ne casseroit plus rien chez moi.
Ah ! vous avez Lame d'un père.
C'est vrai, au moins je lui en tiendrai lieu , je te le promets*.
Claudine, très- tendrement.
Vous ferez plus ; vous le serez, monsieur, vous le serez.
Il est certains momens , où je crois l'être en effet. Ses petites mains caressent-elles mes cheveux; ses lèvres effleurent-elles mes joues , j'éprouve une douce émotion qui m'étoit inconnue.
CLAUDINE, à part.
Quel espoir vient ranimer mon cœur ? ( Pendant le cou plet suivant , elle s9 afflige par degrés. )
BEI. t o N.
Il me semble alors être au sein du plus heureux ménage. Madame Dernetti est à moi ; c'est son fils , c’est le mien que je caresse. De mes bras , il passe dans les siens ; il s’échappe , nous lui sourions , nous l'appelions à la fois , et notre Benjamin, incertain, interdit, ne sait auquel se rendre. Son embarras nous amuse , ses grâces naïves nous attirent. Nous nous approchons insensiblement , et ^bientôt unis tous les trois dans1 ces étreintes délicieuses, dont l'amour seul sait connoître le prix, nous nous félicitons d’avoir doublé notre existence, nos sensations, notre bonheur.
Claudine, laissant tomber sa tête sur sa poitrine .
! mon dieu ! mon dieu !
N’est-il pas vrai que ce tableau est enchanteur^
Pour vous , monsieur.
Et pour la mère de l'enfant chéri