XL1V
— Mais entrez donc, marne Grasselot... Y a pas... y a pas...
Sur cette invite de Claudine avançait jusqu'à la table, dans le roulement de sa courte personne bedonnante, le large visage de santé de la femme du comique. Et ce visage, un moment elle le mouvait en des recommencements de petits saluts gênés par-dessus les convives en cercle autour de la nappe, la serviette passée dans le gilet. Leurs têtes gouailleuses et spirituelles tous les mardis à présent arrivaient décorer les déjeuners de la chanteuse. En une brève présentation, elle énonçait des noms de journalistes, d'écrivains et d'artistes connus.
— Ducrotois... Poiron... Laquem... Lorge... Ghaudieu... Mirouet... Bêche, vous savez, l'auteur des Dos et de la Guenuche... Messieurs, en vous serrant un peu... Vous allez goûter de cette omelette, marne Grapselot.
— Merci, vrai. Mais ne vous dérangez donc pas, je suis honteuse... J'étais venue...
Et, levant un filet qu'elle tenait à la main, elle l'approchait de Claudine.
— C'est Grasselot, vous savez... Il a passé tonte son après-midi d'hier à vous les cueillir... Et comme ça il me dit ce matin : — « J'ai un plant à retourner, je peux pas, tu iras lui porter ces poires toi-même... Et alors j'ai pris le train. Grasselot vous recommande ses Beuré.
— 11 est bien aimable... Ah ! oui, c'est tout à fait aimable... Mais ne restez donc pas debout, ma petite madame Grasselot... C'est bien le moins que vous nous demeuriez... Vous saurez, messieurs...
Elle leur silhouetta un Grasselot levé dès l'aube et passant ses journées à bêcher un jardinet qu'il possédait à Bois-Colombes, très fier de ses couches à melons, embusqué des nuits entières dans un appentis et tirant sur les lapins qui, par la haie, arrivaient lui dévaster ses choux.
— Ah ! oui, son jardin ! Il s'en ferait mourir, s'écria la grosse petite femme qui enfin se décidait à s'asseoir et à qui, en reculant les couverts, Laquem et Lorge ménageaient une place à la table. Je suis obligée de lui rappeler l'heure tous les soirs... « Dis donc , Grasselot, laisse tout là, v'ià le train qui va passer... » Alors faut l'entendre ronchonner : « Comment ! déjà l'heure ! Et rr>on semis qui n'est pas fini ! Et ma tine qu'y m'faut quitter ! Ah ! la sacrée chienne de vie 1 » — « Mais va donc, Grasselot, tu n'as plus qu'un
quart d'heure, je te dis... » Je lui passe sa chemise, je lui fixe ses bretelles... « Et ta cravate, attends donc que je te fasse ton nœud... « Bah ! qu'il me répond, je m'en passerai bien, de ma cravate... » Et là-dessus le voilà parti en coup de vent avec ses godillots à clous, son chapeau de paille, sa trique de roulier. — Vrai, ça me fait de la peine de le voir se négliger comme ça... Mais rien à faire, il est endiablé après son jardin.
— - Ah ! bien, fit Mirouet, le critique de VEclaireur, et la Sainte-Bohème, et les vieilles mœurs de la confrérie, qu'est-ce que nous en faisons alors si les comédiens se mettentà jouer les petits propriétaires?... Les comédiens ! Il n'y avait plus que ça qui faisait encore un peu rire... Des gens pour qui 89 n'existait pas et qui, avec leurs épates, leurs airs de tête à se foutre du bourgeois, étaient les derniers rois de nos sociétés égalitaires... C'était bien plus rigolo !
Ducrotois réclama le droit pour l'artiste de ressembler aux autres citoyens. Autrefois des règlements de police régissaient la corporation; ils étaient soumis à un contrôle spécial comme des habitués de dispensaires. Les Comédiennes étaient les filles cartées des menus-plaisirs de S. M. le public. L'Eglise les excommuniait ; l'archevêque de Paris leur retirait le Sacrement nuptial.
— Aujourd'hui, on les décore... Même les femmes sont officiers d'académie... Je ne dis pas qu'il n'y a
pas là an peu d'exagération... Mais enfin, Mironet, l'art aussi a changé, nous ne sommes plus au temps des baladins et des histrions !
— Oh ! vous, Ducrotois, on sait bien que vous êtes pour le sacerdoce en tout. Moi, voyez-vons, j'aime mieux le c Roman Comique ».
— Mais, Mirouet, dit Claudine, nous en sommes tous là... Nous vivons en bons bourgeois. Pourquoi voulez-vous que nous soyons autrement faits que les autres ? Je vous assure, quant à moi, qu'une fois ma petite pelote faite, je fiche mon camp... Hein, Lorge ! la petite maison sous les feuilles... Et aller à la messe en poney-chaise que je conduirais moimême... Les chansons des petites filles... Des fois il me vient des idées de vie tranquille à regarder pousser les fruits aux arbres comme Grasselot... Alors j'ai besoin de me tenir à quatre pour ne pas planter tout là... Et Grasselot n'est pas le seul, à Marigny... Tenez, Gharolais, pas, marne Grasselot?
A ce nom, la petite femme en train de gâcher du plat de son couteau un morceau de Brie qu'elle écrasait ensuite sur son pain, levait le nez et, reprise à son caquet, disait d'une enfilée:
— Allez, c'est très drôle... Quand on va le voir, on le trouve en bras de chemise, sous sa cloche de paille, des sabots aux pieds, et taillant, émondant, échenillant, son sécateur et des brins d'osier dans la poche de son tablier bleu, comme un vrai jardinier... Et le plus amusant, c'est qu'il répète ses ma-
chines et cherche ses effets sans cesser de travailler... Si bien qu'on voit parmi ses perches à haricots une autre perche à haricots qui est Charolais, avec sa petite tôte en boule faisant la grimace, ouvrant une bouche en gueule de four, roulant des yeux comme des disques de chemin de fer... Et toujours ce gloussement, vous savez, cette voix qui n'est plus une voix humaine et a l'air de monter du fond d'une oie qu'il aurait dans le ventre... Avec ça correct comme un notaire quand il vient en ville, l'air d'un English, bottes vernies, gants pattes de canard. Ah ! ce n'est pas comme Grasselot !
— Un squelelette qui se tiendrait bien, fit Claudine en pelant un quartier de poire.
— Et vous savez, chez lui on ne parle jamais des camarades.il a deux filles qui ne savent même pas ce que leur père va faire tous les soirs à Paris... lia mis son fils aux études pour devenir avocat... Et quanta M me Charolais, elle me disait un jour, cette dame : « Je meurs d'envie d'aller au théâtre, mais M. Charolais ne veut pas... Croiriez-vous que je ne l'ai pas entendu une seule fois depuis que j'ai eu mes enfants ? Quand il s'en va à Paris, je dis à mes filles : « Yoilà votre père qui s'en va à ses affaires... » Et nous jouons au loto jusqu'à dix heures pour tuer le temps.
— Hein ? s'écriait Claudine, c'est-y de la vertu, ça? Chaudieu, de l'autre bout de la table, l'interpella :
— Dite» donc, Laraour, est-ce vrai ce qu'on dît de Léonce et qu'il est conseiller municipal dans sa commune ?
— Je vous crois... Léonce ! mais c'est presque un seigneur. 11 arrive à Paris en buggy, il a des poissons dans un vrai étang... Il m'avait invitée une fois, j'aurais voulu le voir dans son justaucorps rouge, avec ses grandes bottes... Mais voilà, au dernier moment, il m'a envoyé un mot d'excuses... Sa femme était malade... Sa femme est toujours ma* lade quand une autre femme doit venir... Et comme ça on ne reçoit jamais de femmes chez eux. Et il l'aime, parait-il, il lui est fidèle comme un caniche. Lui, le beau Léonce, l'homme espéré de toutes les femmes, avec ses airs à la Napoléon, il se laisse traiter en petit garçon par la maternité bourrue de la maman Léonce. Une ancienne écuyère qui, après s'être cassé la jambe, un soir qu'elle passait à travers ses cercles de papier, imaginait de dresser des cochons qu'elle faisait travailler chez Fernando. Allez, c'est un vrai ménage, celui-là, un ménage comme il n'y en a pas beaucoup ailleurs. Elle vient l'entendre chanter tous les soirs. Un groom garde le buggy devant Marigny, puis ils refilent ensemble comme si elle l'enlevait... Moi il ne m'excite pas du tout, Léonce. Mais faudrait voir alors la tête des autres femmes faisant les cent pas pour l'attendre au passage.
Une rancune flamba au pince-nez de Lorge.
— Et ce qu'il est rat, celui-là ! II a toute une po-
Hce, il traque les pauvres bougres qui, dans leurs bastringues, font danser sur ses vieilles scies patriotiques... Et quand il en pince un, c'est cinquante francs de dommages et intérêts qu'il encaisse.
— Je ne dis pas, interrompit Claudine en riant, mais tout de même son Peiit Tambour, vous savez, cette histoire du petit tapin battant la charge et qu'il chante en tricotant des baguettes sur de la peau d'âne et qui tout à coup, dans le pif paf de la fusillade, crie : Vive la France ! et meurt.. Je vous assure bien, Lorge, que ça y est.
Mais le chansonnier, avec le mépris d'un haussement d'épaules pour cette vogue chauvine du grand Léonce qui courait la rue, s'empourprait.
— Ah oui I l'armée frrrançaise, est-ce pas ? Mais l'Empire a tué la France avec cette rengaîne-là... Du caporalisme sentimental, du chauvinisme de café-concert avec accompagnement de bocks.. Laissez donc. Son Petit Tambour, à Léonce, c'est fait pour battre le rappel des gros sous...
Mirouet, froid, souffla une pulpe de raisin dans sa main.
— Lorge, vous êtes injuste. Léonce ferait un très bon candidat national... Citoyens, la parole est au citoyen Léonce... (Vif mouvement; bravos; vive Léonce ! ) Il battrait ses rrrran , chanterait deux ou trois chansons de son répertoire. Ça suffirait... Messieurs, n'oublions pas que la France est un peuple gai.
270 CLADDINB LAMODR
On entendit la voix de Gangoux qui, le nez dans son assiette, disait à Bêche :
— Oui, mon cher, un ballet qui fera sauter les grègues... Un ballet comme on n'en a pas encore fait... où Ton verra des femmes en oiseaux, avec des plumes de cygnes sur le nu de la peau et des queues de paons au derrière, l'air de grandes dindes se tortillant avec des cuisses roses... Le dernier mot de la musique pour tutus et collants... Senevez est parti recruter des danseuses à Londres... Vous savez, il leur faut du gibier exotique, c'est plus grue...
Mais Bêche, taciturne, concentré, des yeux très doux sous l'ébouriffement de ses longs cheveux noirs, tout entier à son idéal de chanson populaire et de revendications sociales, secouait la tète:
— Voyez-vous, Gangoux, c'est fini, bien fini, tout ça !... Demain sera le jour de la grande liquidation... Les bagnes se videront dans la rue... Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse de vos ballets ? Il faut faire comme le Christ, aller à la crapule, à la sainte canaille, aux Madeleines du trottoir... Allez ! demain tout s'écroulera de haut en bas... 11 n'y aura plus que la royauté de la boue et du sang.
— Anarchiste I fit Claudine.
• Puis, à propos d'un mot concernant la Xénie et qu'elle surprenait dans un bout de conversation entre Ducrotois et M me Grasselot, tout à coup elle attrapait ce mot au vol et leur criait par-dessus la table :
OLAUDTNE LAMOUR 271
— Xénie ? Je suis pourtant bonne camarade, mais celle-là 1... Non, vous ne pouvez pas vous figurer ce qu'elle est poison. Allez, on sait bien qu'elles ne valent pas lourd, les autres... Cette petite Rose Eliane qui a imaginé de se vendre au poids sur de vraies balances... Suzanne qui, l'autre soir, pariait qu'elle viendrait chanter sans maillot et qui, en rentrant, pour montrer qu'elle avait gagné son pari, le vnit tout... Ah! oui, on sait bien qu'à Marigny comme partout c'est une maison de filles... Mais cette Xénie ! Elle les dépasse toutes en rosserie. Il n'y a personne qui pourrait se vanter de n'avoir pas va sa chemise. Et avec ça débineuse î Non jamais elle ne me pardonnera mon succès ! Tenez, l'autre soir, pendant que Rosine m'attendait dans ma loge...
Elle appela la femme de chambre :
— Dis donc, Rosine, conte à ces messieurs ce que disait de moi Xénie l'autre soir.
— Ah ! bien, Mademoiselle... Ah bien ! attendez donc... Hais là, vrai, je n'oserais pas à cause que... Mais oui, elle a levé ses jupons...
Et Rosine, encouragée par le regard curieux des hommes, en soubrette de théâtre éveillée à la singerie de la mimique de sa maltresse et qui, dans le récit d'une anecdote, se taille un petit rôle, imitait le campement des poings aux hanches de la Xénie :
— Mais oui, mai oui, elle sortait de sa loge en gommeuse avec M. Narreux, un petit qui fait des Echos... Elle attendait son tour, après Mademoiselle... Et
voilà justement Mademoiselle qui finit sa seconde chanson... Alors le jardin se met à crier, à battre des mains... C'étaient comme des charrettes de pavés qu'on verserait... Ça n'avait pas l'air de l'amuser, M me Xénie... Ah! mais non, mais non... Et voilà qu'elle se campe le poing comme ça et elle dit à M. Narreux : — « Ce qu'ils la gobent, celle-là avec ses airs gnangnan... Vrai, faut avoir du goût... Mais, mon cher, c'est pas une femme, c'est un mannequin habillé. On sait bien pourquoi on ne la voit jamais qu'en robes longues. Elle est fichue en échalas..., elle est cagneuse comme une vache... Y a pas de danger qu'elle les montre, ses jambes!... » Et làdessus, en riant, elle ramasse d'une fois ses jupes, quelque chose que je ne peux pas faire... On lui voyait ses maillots jusqu'en haut. Et elle dit à M. Narreux qui avait les oreilles toutes rouges : — Tiens, mon petit, quand elle en aura comme ça...
— Mais on les connaît, ses jambes, s'écria Claudine, très montée. On lui enfoncerait une épingle à chapeau dedans qu'elle ne la sentirait seulement pas... Des jambes de rechange qu'elle s'achète chez le fabricant I Eh bien, qu'elle ose donc les montrer sans maillots, ses jambes... On verra bien quelles sont les mieux tournées.
En une impudeur de bravade, repoussant son fauteuil et reculant d'un pas, la petite flamme du toupet frétillante, brusquement elle se dressa, les poings passés dans l'étoffe de son peignoir. Très
vite, elle le faisait sauter jusqu'au-dessus des bouffettes de ses jarretières et, un instant, des mousseuses batistes et du joli flot bouillonné des dentelles, sortait la vision de ses bauts bas noirs et du fusèlement délicat de ses jambes.
— Ah ! oui.... ah ! oui.... et qu'elle en fasse seulement autant, ce chameau-là I
... Et des mains, des mains, toutes les mains d'une foule, l'immense douceur frôleuse de ces mains à l'infini en désirs, en errances, en glissements comme des soies de chevelures, des chaleurs de plumes, des eaux de fontaines.
Le corsage sous les mains glissa ; elles cherchèrent les routes secrètes de la nudité. Ce fut un bosquet de lune, de claires feuillées, l'égouttis d'une lumière des minuits autour de l'offrande joyeuse de son corps pour l'amour de toutes ces mains. Puis des bouches, des bouches, un vol et des frissons de tant de bouches que toute sa chair sous leur papillonnement léger s'empourpra comme une aurore,
ne fut plus qu'une grande rose butinée par les tendres folies de baisers de toutes ces bouches.
De la pointe de ses orteils à la racine de ses cheveux elles couraient, tourbillonnaient en grappes de fruits roses, en ardents bouquets d'automne, en lianes d'une forêt profonde. Et des soupirs, des brises d'haleines, le vent et le balancement d'un grand parasol que Charolais, en petite fille, remuait en dansant d'un geste de bénédiction.
Une palpitation monta, s'étendit ; elle se sentit enfoncer dans les fraîcheurs d'un lac, dans le vertige mol et ondoyant du bercement d'une vaste étendue d'eau. Des poissons aux yeux de pierreries par flottilles déferlaient, inouïs, glissant doucement à sa peau, en sillages étincelants qui ensuite s'évanouirent. Mais leurs yeux se dilatèrent ; c'était le rêve et le désir des yeux d'une foule en fusées, en Ûamblois, en diamants noirs, en rouges pépites, en disques de braises, la roue et les ellipses en feux d'artifices et en vols de lampires de tous ces milliers d'yeux, sur des tremblements de feuillages d'or, sur des fonds mouvants de roses architectures.
Et tout à coup il n'y eut plus que ces yeux, ils adhéraient à sa chair, ils s'incrustaient dans ses pores, leurs ventouses ia mangeaient, leurs tarets la vrillaient : et toute escarbouclée de leurs gemmes vivantes, elle s'aperçut l'idole possédée par leurs viols impérieux et doux.
Ces yeux, à leur tour, étaient comme des palpa-
tions de mains et des frôlements de bouches ; ils devenaient l'ondulement et la résille autour de son corps d'un myriadaire baiser.
Des arbres s'effeuillèrent et churent en pluie d'yeux lourds, la nuit pleura des larmes qui, en tombant, se congelèrent et des sphères d'yeux encore, par-dessus les autres, en remous infiniment giroyaient ; et tous étaient comme les înnumérables facettes d'un miroir où sa jouissance délirait de voir la splendeur multipliée de sa nudité.
Une agonie délicieuse la déchira. Dans un paysage glaciaire, sous la lune du pôle, elle absorbait des breuvages incendiés et aromatiques qui divinement la consumaient. Elle était enlevée à la cime d'un mont et savourait jusqu'à l'horreur la volupté de se sentir un instant suspendue sur les abîmes. Des épées lui térébraient les flancs, tandis qu'elle s'éperduait à respirer des roses et qu'un contact râpeux exquisement lui réticulait la plante des pieds.
Et des mains, des mains, des bouches, toutes les bouches au bout de la fureur amoureuse des yeux d'une multitude, des yeux et des bouches, et des mains merveilleusement agiles lacérant ses fibres, ouvrant et lui tordant les entrailles, éréthisant toutes à la fois en des affres, en l'imminence suprême, ses papilles...
D'avides et luxurieuses meutes, une démence de
foules encore se rua ; elle subissait de surhumains sévices ; le culte d'un peuple entier hurla. Des 60leils écarlates vrombirent, fusèrent. .. Le gel de ses os crépita, des laves brûlantes jaillirent et la torréfièrent, elles expira aux ombres vides