‹ Clebs (volume 3)Chapitre 11 sur 18 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

XiASSEMBLÉs un soir en petit cercle dans la bibliothèque , causant de littérature , et lady Belfield à son métier, un domestique annonça mlstrissFentham, et nous vîmes paroitre une femme de très-bon air, d'un certain âge, mise un peu trop en jeune personne , et presque belle. Au lieu de se jeter, suivant l'usage, dans le jargon à la mode , elle se mêla poliment au sujet dans lequel elle nous trouva engagées , envia à lady Belfield son bonheur tranquille (bonheur dont, par parenthèse , il ne tenoit qu'à elle de jouir également chez elle), et se déclara admiratrice passionnée de la poésie. Elle auroit probablement déclaré un goût tout aussi décidé pour la métaphysique, la géométrie, la tactique militaire, ou la langue arabe, si elle nous eût trouvés occupés de l'une ou de l'autre.

De la poésie à la peinture , la transi tioa étoit facile et naturelle. Mistriss Fentham possëdoit tout le style d'un connoisseur, et me demanda si j'aimois les tableaux. Je l'assurai fort , et avec vérité, que j'en faisois mes délices. Elle me dit là-dessus poliment que M. Fentham avoit chez lui un choix très-passable des meilleurs maîtres, et particulièrement un Titien , qu'elle se feroit un plaisir et un honneur de me montrer le lendemain matin. J'acceptai l'offre. Elle me fixa l'heure , et , bientôt après, regardant à sa montre , dit : « Je me vois à regret obligée de quitter une société si intéressante et si bien choisie , pour me rendre à une invitation qui m'est infiniment moins agréable. »

Quand elle fut loin, je parlai avec reconnoissance de sa politesse et du plaisir que je me promettois de l'examen de ses tableaux. « Elle a bien plutôt envie que vous voyez ses originaux , dit lady Bel-

field en souriant. Son obligeance n'est pas tout-à-fait désintéressée. . . . Prenez garde à votre cœur! » Sir John dit d'un air assez sérieux : « Quand je me permets la moindre expression défavorable à ceux que je reçois chez moi , c'est à contre-cœur; mais je me crois obligé de vous prévenir, comme fils de mon digne ami, que cette vigilante matrone est à la piste de tous les jeunes gens riches. Ce n'est pas la première fois que son Titien a servi d'amorce pour attirer chez elle une nouvelle connoissance. Cette amorce est même si usée , que , si ce n'étoit pas ici votre première apparition , elle eût à peine osé la risquer. Si par hasard vous n'eussiez pas été amateur de tableaux, elle vous eût offert un livre. Le retour du livre amène nécessairement la visite du lecteur; mais jusqu'ici toutes ses combinaisons ont échoué; semblables à la jeune plaintive dont parle Shakespeare, ses filles restent dans la béatitude

du célibat. Ce n'est pas qu'elles passent, comme elle, des nuits vaporeuses,

Chanling cold hjmns , to ihe pale liftless moon;

mais c'est avec des ariettes bien plus animées, et à des auditeurs bien plus vifs, qu'elles se font entendre. » Je fus exact à l'invitation , garanti de tout danger par cet avis amical, et par une égide encore plus sûre, la reconi7na?ida1ion de mon père y de ne m' embarquer dans aucun engagement, que je n eusse fait. ma visite à M. Stanley; recommandation qui, par l'effet de ma vénération pour sa mémoire, équivaloit pour moi à une défense absolue.

Je vis et j'admirai les tableaux; les tableaux amenèrent l'invitation pourdîner.

Je trouvai mistriss Fentham , dans la eonversation , une femme sensée, exacte et habile. Ses filles étoient d'une jolie figure, fort instruites dans les usages du monde, bien élevées, et en apparence d'un bon naturel. M. Fentham étoit

homme d'affaires, et homme du monde.

Au moyen d'un emploi public, il jouissoit d'un grand revenu , sur lequel les dépenses de sa famille ne lui permettoient pas d'économiser. Il n'avoit que peu ou point de patrimoine. Son emploi absorbant presque tout son temps , il se mêloit peu de ses affaires domestiques. Un ton d'élégance approchant de la magnificence régnoit dans toute sa maison; et d'abord je n'aperçus que très-peu de choses qui pussent donner l'éveil sur le caractère artificiel de la maîtresse du logis. La première lueur qui m'éclaira , fut l'expression fréquente de mistriss Fentham :

« Que dira le monde? Qu'est-ce qu'on en pensera? Quel air ceci aura-t-il ? Cela sera-t-il d'un bon effet? Le monde est d'opinion. Ceci ne sera-t-il pas blâmé? » Au bout de quelque temps, je m'aperçus que l'approbation des hommes étoit le but de toutes ses paroles, et que se faire un norrif étoit le grand objet de ses actions. U opinion étoit l'idole à laquelle

elle sacrifîoit. La décence extérieure formoit la règle de ses devoirs, et la louange en étoit la recompense. Elle pesoit toutes ses actions à la balance humaine. Elle ri'avoit pas de principes de conduite plus élevés; elle s'assujettissoit aux pratiques de la religion, parce qu'elle voyoit que, poussées jusqu'à un certain point, elles obtenoient l'approbation publique plutôt que le blâme. Pendant que son mari régloit ses comptes le dimanche matin, elle raenoit régulièrement ses filles à l'église , à moins d'un mal de tête à la suite de l'opéra du samedi ; et tout aussi régulièrement, elle alloit , après l'église, se produire avec elles dans Hyde-Park.

Ayant fait connoître que le dimanche etoit le jour de loisir de M. Fentham, elle avoit soin, par égard pour lui, d'avoir un grand diner ce jour là; et, donnant sa piété pour excuse , de ce que le soir du dimanche se passoit chez elle sans parties de jeu , elle ne se faisoit pas scrupule d'aller jouer chez ses amis en I. 7

petit comité , sous la sage condition qu'il n'y eût pas plus de trois tables de jeu. C'étoit, à son gré, le nombre des tables qui décidoit du mal ou du bien, de la décence ou de l'inconvenance, de l'insignifiance ou du sérieux de la chose.

EUeétoit, en général, excessivement rigide sur le chapitre des femmes perdues de réputation 5 mais elle ne se faisoit pas scrupule d'en fréquenter quelquesunes des plus diffamées , pourvu qu'elles fussent d'un haut rang , ou qu'elles fussent de certaine société. Dans ce cas-là , son excuse étoit de dire que, comme les personnes du bon ton continuoient à les voir, ce n'étoit pas à elle à être plus difficile. « Il faut aller avec le courant. Je ne puis pas faire la loi. » Mais si une malheureuse fille a été détournée de la vertu, si , dans son égarement , elle ne peut se faire une égide de son rang, la chose devient différente à ses yeux. Elle exprime alors la plus vertueuse indignation. Lorsque la modestie étoit de mode , la gorge

de la reine Élisabelh et celles des vierges de sa cour n'etoient pas mieux palissadées par leurs vertugadins et leurs colletsmoutës , que ne l etoient celles de mistriss Fentham et de ses filles ; mais quand Véialage des charmes est devenu l'ordre du jour, elles ont pu défier la Vénus de la Grèce d'être moiiis voilée qu'elles.

Avec de l'intelligence, elle ne se permit jamais une pensée à elle, ni un acte spontané. Ses idées, son langage et sa conduite , se régloient sur les idées , le langage et la conduite de ceux qui donnoient le ton dans le grand monde. La vanité étoit en elle un principe intérieur, fixe, despotique; il ne se manifestoit ni légèrement ni indiscrètement, mais il étoit le ressort caché, quoique efficace, de toute sa conduite. Elle avoit toutes les jouissances que la vanité procure en secret , et tout le relief qu'elle donne en public, lorsqu'on la dirige avec inteili--! gence. On ne pouvoit , en apparence , lui reprocher d'excès en aucun genre. Elle

avoit une mesure raisonnable de vices k la mode , et ne se permettoit jamais , dans aucun de ces vices , de dépasser un certain nombre de degrés ; elle condamnoit le jeu , mais elle ne pouvoit vivre sans cartes. Elle blâmait les mascarades publiques, comme un amusement extravagant et dangereux ; mais si des femmes de qualité en donnoient chez elles, elle y voyoit un amusement très-convenable et de bon goût. Elle alloit de temps en temps au spectacle. Ce n'est pas qu'elle se souciât de ce qui se passoitsurlascène; mais elle avouoit que , pour elle, le plus grand [)laisir qu'elle se promettoit du spectacle, c'étoit de pouvoir compter, à son retour au logis , le nombre de personnes titrées qui l'avoient saluée de leurs loges.

Complètement despotique chez elle, son pouvoir est tellement voilé par l'exactitude de sa politesse et par un savoir vivre recherché, qu'elle s'est acquise une réputation de grande douceur et de beau-

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coup de modération. On dit qu'elle n'aime pas ses filles , dont l'âge se rapproche trop du sien, et dont la beauté surpasse trop la sienne, pour qu'elle la leur pardonne. Toutefois, en politique consommée , elle travaille sans cesse à leur avancement. Elle a, pour l'ordinaire, plusieurs projets en maiii, et toujours, chez elle , un projet sert de doublure à l'autre , de manière que celui de dessous est toujours prêt à éclore , si le projet principal vient à manquer. Tout en encourageant les prétendans , elle craint d'accepter une offre raisonnable, de peur d'en manquer une meilleure ; mais si celle-ci lui échappe , elle trouve le moyen de ramener la première. Elle sait peser jusqu'à une légère fraction dans le calcul des chances, les avantages et les désavantages d'un plus de possibilité contre une moindre probabilité.

Quoiqu'elle ne manque ni de lecture ni de goût, son esprit n'est jamais assez libre pour faire rechercher sa société. Sa

tête travaille sans cesse , calculant le résultat probable de chaque bal et de chaque nouvelle connoissance. Elle ne peut pas même

Prendre le the' sans stratagème.

Elle débuta dansle monde par un cercle de société très-borné , et s'accrocha pendant quelque temps à deux femmes de qualité, d'une réputation délabrée, qui ii'étoient plus reçues par des femmes du même rang; c'étoit, dit-on , une chose à voir, que l'adresse avec laquelle elle savoit se dégager de connoissances de cette espèce , lorsqu'elle trouvoit le moyen de remplir leur place d'une manière plus honorable pour elle. Elle avaiiçoitrapidenïent dans sa marche , donnant à entendre à telle personne de distinction sa grande intimité avec telle autre, et à chacune d'elles tout le bien qu'elles disoient réciproquement l'une de l'autre. Par des attentions soutenues, par de petits services, par une flatterie mesurée, elle a su s'introduire dans presque toutes les maisons

marquantes. La bienséance est une chose à laquelle elle ne manque jamais. Elle fait gloire de ne s'être jamais rendue in-. décemment coupable d'une passion violente. Pauvre tcmme ! elle imagine qu'il n'y a de passion violente que celle de la colère , et ne songe pas que l'ambition , la vanité , la soif de la louange , la rage d'être universellement répandue, sont autant de passions violentes, de quelque manière qu'on les déguise ou qu'on les colore. Elle éprouve, de plus, toute l'agitation , tout le trouble d'esprit qui suivent de près la vanité. Les mécomptes et la jalousie empoisonnent des jours consacrés au plaisir. Telle assemblée ne répond pas à son attente. Ceux qu'on ne voudroit pas, ne manquent pas de s'y trouver, et ceux qu'on désire, ne viennent jamais ; la personne pour q la uiaïaj est préparée, manque à sa parole; elle n'obtient qu'une société très-peu nombreuse , tandis qu'on étouffe à l'assemblée d'une de ses ri vales ; ou bien il y a chez elle

surabondance de douairières, et disette déjeunes gens. Lorsque le souper (aussi dispendieux que recherché ) est sur table, arrivent des billets d'excuses ; et lors même que la table est pleine , ses lilles ne lui en restent pas moins sur les bras. Après avoir passé la journée chez mistriss Fentham , j'allai souper chez mes amis de Cavendish-Square. Lady Belfield attendoit avec impatience l'histoire du dîner 5 mais sir John dit en riant: « Gardez le silence , Charles. Je vais vous rendre exactement tout ce qui s'est passé, comme si j'y avois été. Charlotte ayant la plus jolie voix, on a décidé qu'elle chanteroit; mais on l'a placée un peu sur l'arrière-tableau , attendu que sa taille n'est pas des meilleures; Matilda, dont la figure est plus pittoresque, a été mise en attitude à sa harpe, pour essayer son pouvoir sur vous. C'étoit là, Charles, le moment du danger. De crainte cependant que votre cœur d'acier ne rtsislàt à tant d'assauts périlleux, sa vuliu-vabililé

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devoitétre mise à une épreuve d'un autre genre. Le Titien amenoit naturellement les dessins de Lavinia. On devoit produire une belle esquisse de nos lacs, en disant tout bas : « Le délicieux séjour à liabiterqueleWestmoreland! » Après vous être épuisé en extases convenables sur la science et sur l'artiste, on se sera rappelé que, comme le Westmoreland étoit si près de l'Ecosse, il étoit tout simple de vous voir aimer une dame écossaise, et le Réel a été dansé.

C'est alors que les perfections de toutes les nymphes ont brillé dans tout leur éclat. Jamais vous n'aurez pu résister à un assemblage de tout ce qui est attrayant ; car enfin vous êtes homme, et à l'heure qu'il est, sans doute un homme perdu. Il s'arrêta là en riant ^ et je fus obligé d'avouer, malgré moi , que le tableau, quoique chargé, étoit néanmoins assez ressemblant. »

— « Ainsi donc, ditsir John, cette visite ne vous a pas fixé sous le charme de la

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baguette magique. Bien différent d'Ulysse séduit par les sirènes, vous ne serez pas obligé de vous lier à un mât, ni, pour votre sûreté, de fuir l'enchantement de ces sirènes. «

Pendant le souper , il nous dit plus sérieusement : <( Parmi les objets divers de l'ambition , il en est peu dans la vie qui ajoutent moins au bonheur, que ces efforts continuels faits pour s'élever dans la société à un rang trop au-dessus du niveau de notre condition naturelle, à moins d'être soutenu par une force ascendante supérieure à celle de la seule vanité. De grands talens, de quelque genre qu'ils soient , tendent naturellement à élever et à soutenir celui qui ert est doué; la flamme ascendante ne fait qu'obéir à son impulsion : mais lorsqu'il n'y a pas de mobile plus puissant que la seule passion de s'agrandir, dénuée des moyens qui mènent à la grandeur, les pénibles efforts de l'ambition ressemblent aux forces mécaniques qui élèvent l'eau

au-dessus de son niveau; on a besoin des efforts suivis de Tart , pour soutenir l'effet produit par les premiers coups de levier. La tète de la pauvre mistriss Fentham est sans cesse en travail pour se maintenir à l'élévation qu'elle a atteinte; et, après tout, de quelle considération jouit-elle auprès de ceux dont elle fait dépendre son bonheur? Elle a perdu l'estime de sa première société , où elle auroit eu droit à des égards, sans acquérir celle de ses connoissances titrées , qui tout en la recevant chez elles, lui refusent tous droits à l'égalité. Elle n'est pas regardée comme faisant partie de leur cercle, mais comme y étant simplement soufferte. »

Je vis chez mistriss Fenthara lady Bab Lawless, l'une des doyennes à la mode , célèbre par son talent reconnu pour s'emparer du cœur de tout homme marquant, moyennant la double artillerie de son esprit et de la beauté de ses filles. Que de moyens n'a-t-on pas pour

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mal faire ! Elle e'toit d'un caractère diamétralement opposé à celui de mistriss Fentham ; elle alloit au niônie but qu'elle, mais ses moyens de succès étoieiit d'ua genre plus hardi. Lady Bab ne se piquoit pas de délicatesse, elle se moquoit de toute retenue, elle avoit dit adieu à la décence, et suivoit hautement sa route sans se mettre en peine du qu'en dirat-on. Loin de couvrir ses vices d'un voile de bienséance, elle dédaignoit un moyen aussi hors de mode; ses plans réussissoient d'autant plus sûrement, que sa franchise déjouoit tout soupçon. Nul homme ne pouvoit imaginer que des attaques aussi vives et aussi visibles fussent le résultat d'un plan formé; et on lui faisoit honneur de son innocente simplicité, au moment même où on étoit pris dans ses filets. Si par hasard elle faisoit un pas de trop, ou que par un moment d'inadvertance , ou par un excès de légèreté, elle mît son jeu à découvert, détournant alors le propos , elle

se mettoit à discuter , non sans un certain degré de lumière, quelque point de morale ou de théologie. C'est ainsi qu'elle affectoit de se donner la réputation d'une femme étourdie par trop d'esprit, imprudente par simplicité, mais religieuse par principe.

Comme de toutes les qualités dangereuses dans une femme mariée , il n'en est aucune plus redoutable , suivant moi , que celle d'une mère machiavéliste; j'aurois été sourd à l'esprit , aveugle à là beauté, et à l'épreuve de toute avance, quand même toutes ces batteries réunies eussent été dirigées contre moi ; mais je n'avois pas l'ambition d'aspirer à cet honneur, sachant que j'étois pour elle un point de mire trop au-dessous de son attention. Elle avoit une antipathie innée contre tous ceux dont le nom ne se trouvoit pas dans l'almanach de la cour ; elle fuyoit également l'opulence roturière et la noblesse indigente ; elle connoissoit, d'instinct , s'il se trouvoit dans

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l'appartement quelque fils cadet de maison, et savoit, par un regard glaçant, lui en imposer de loin, tandis que, cora-, me par sortilège, elle iie manquoit jamais d'attirer le riche héritier dans son cercle magique, et de le conduire à son but comme par enchantement.

D'une grande naissance elle-même , elle avoit été mariée de bonne heure , et pour l'amour d'un gros douaire, à un homme opulent, mais d'un rang inférieur. Son plan éloit que ses filles, douces d'ailleurs de mérite et de modestie , trouvassent dans ceux qu'elles épouseroient, une naissance supérieure même à la sienne, avec plus de richesses que n'en avoit son mari.

Cétoit une chose curieuse que la comparaison à faire entre ces deux mères , et d'observer combien les manœuvres étudiées de mistriss Fcntham réussissoient moins que les attaques ouvertes de l'intrépide lady Bab. Tous les réseaux, tous les labyrinthes que celle-là a fabriqués

avec tant d'art et de patience, n'ont jusqu'à présent enchaîné aucun captif; tandis que la froide effronterie de celle-ci , l'affectation de regarder comme faite l'offre à laquelle on ne songeoit seulement pas , et de traiter comme affaire conclue celle dont on n'avoit pas même conçu l'idée , faisoit tomber dans le piège la victime sans défiance, avant qu'elle le soupçonnât. La profondeur de son dessein consistoit à paroitre n'en avoir aucun j c'étoit une nouveauté en intrigue , une marche originale qui déficit toute rivalité , et dans laquelle nulle imitatrice ne peut espérer de succès.

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