CHAPITRE XII
Uès sa première jeunesse mon père avoit été intimement lié avec la famille de M. Stanley. Quoique celui-ci fût de quelques années plus jeune, il existoit entre eux une telle affinité de goûts, de sentimens , de vues et de principes, qu'ils vécurent toujours dans la plus étroite amitié ; leurs deux familles avoient résidé à Londres pendant les premières années de leur vie , circonstance qui avoit extrêmement facilité cette parfaite connoissance mutuelle qui nait d'une liaison intime et familière. Je me souvenois d'une visite faite par M. Stanley à mon père, au Prieuré, pendant que j'étois encore fort petit garçon , et il m'étoit resté une impression imparfaite , mais agréable , de sa physionomie et de ses manières engageantes.
Ayant hérité d'une terre considérable
1 7 ^ en Hampshire , il sy ëtoit fixé en se mariant. L'attacliement mutuel qui subsistoit entre mon père et lui, s ëtoit en- Irelenu par leur correspondance. A la mort de mon père et à celle de ma mère , j avois reçu l'invitation pressante de venir adoucir mon affliction dans le sein de leur famille ; mon père avoit exigé de moi qu'une de mes premières visites , après sa mort, seroit à Stanley-Grove ; et , pour dire le vrai , je regardois l'engagement de m'y rendre comme le but le plus agréable de ma tournée méridionale.
J'arrivai à Stanley-Grove avant diner; je trouvai une maison de belle dimension , analogue à la fortune et aux idées libérales du propriétaire. Je vis, avec un plaisir singulier, une foret décorer l'approche du parc. Le bâtiment présenloit lui extérieur noble, et rénnissoit dans l'intérieur la commodité et l'élégance.
Il étoit situé sur le côté méiidlonal d'une colline, pi us près de sa base que du sommet; un beau bois antique l'abriloit au
nord-est. Le parc , quoique d'une médiocre étendue , etoit remarquable par la belle ondulation du terrain , abondamment couvert de chênes les plus pittoresques , entremêlés de magnifiques arbres de haute-futaie. L'ensemble etoit combiné avec intelligence; mais, quoiqu'on aperçût visiblement l'empreinte du goût moderne , le propriétaire l'a voit adopté avec mesure , et avoit su cotiserver de beaux ombrages ; aussi , malgré les critiques du jour , l'avenue avoit été préserve e d2 la hache.
Je fus reçu par M. et M'"^ Stanley de la manière la plus cordiale; et, par un etïétde cette impression forte et soudaine que produisent sur l'esprit d'un hôte le tact délicat et le savoir vivre de ceux qui* l'accueillent , joint à la vénération qu'il a déjà pour leur caractère moral , je me sentis à l'instant comme installé chez moi : tous les préliminaires d'une connoissance progressive devinrent à un certain point inutiles; et j'éprouvai bien-
tôt le sentiment de cette intimité véritable et affectueuse , qui semble à peine demander l'habitude de se voir pour acquérir de la force , et du temps pour se consolider. M. Stanley n'eut que quelques instans pour me présenter à sa femme et à ses deux aimables filles avant qu'on annonçât ledùier, auquel avait été invitée une compagnie nombreuse : car le voisinage étoit considérable et bien composé.
La conversation après le dîner fut sensée, animée, instructive ; j'observai que M. Stanley ne perdit pas une seule occasion convenable de suggérer quelques réflexions utiles. Mais ce qui me frappa le plus dans la tournure de sa conversation , fut de voir que , sans mettre mal à propos la religion sur le tapis , il avoit le talent de rendre instructifs les sujets les plus ordinaires , et de tirer des idées salutaires, ou défaire jaillir quelque lumière importante , d'objets qui , en des mains ordinaires , n'eussent pas été sus-
ceptibles d'utilité. Il étoit évident que la piété étoit le principe dominant de son esprit ; et qu'il en consultoit aussi soigneusement les intérêts quand la prudence l'empêchoit de les mettre en ayant , que lorsqu'il y avoit de la convenance à le faire : sa piété se montroit plus par des sentimens que par des paroles -, il pensoit qu'un argument de mauvais goût ne pouvoit jamais servir à l'avancement du christianisme ; et il n'est, je crois, aucun ami de la religion qui blessât moins que lui les gens du monde: car, quoique aucune considération humaine ne lui eût fait rabattre la moindre partie de son zèle , ni tempérer aucune doctrine , ni déguiser aucune vérité, ni pallier, ni chercher des biais , ni mettre rien en compromis , néanmoins il ne disputoit jamais sur des mots ou sur de légères distinctions ; il pensoit que , sans déroger à la piété , il étoit libre à tout homme de réunir le choix des expressions, la pureté du goût,
la justesse du raisonnement , pour les consacrer au soutien de la cause qui est si chère à tout vrai chrétien , et qui exige tous les efforts dont il est capable. Il étoil également prompt à encourager les objets d'une utilité pratique dans les affaires de la vie, en leur donnant une impulsion analogue aux situations diverses ainsi qu'aux vues de ses convives. Mais il se félicitoit surtout de ce que la littérature en général présente un champ sans bornes, si vaste et si sur : « C'est là , disoit-il , que les gens instruits trouvent sans cesse des ressources inépuisables avec un abri contre ces lieux communs de la conversation à la fois ignobles , dangereux et stériles. S'il n'est pas en notre pouvoir , dans le cercle de notre société , d'ajouter de l'élévation à nos principes, il l'est toujours de tenir notre entendement en activité ; et je ne mets pas au nombre des moindres bienfaiteurs du genre humain, ces auteurs qui iournissent à l'homme
matière à des discussions innocentes et de bon goût, w
Dans le cours de ma liaison avec M. Stanley, j'ai plus d'une fois remarqué l'adresse avec laquelle il a su faire servir à un but religieux un passage purement moral : je l'ai vu conversant avec telle personne qui n'auroit pas goûté une autorité sacrée, s'appuyer d'un sentiment pris des Offices de Cicéron , en faire le premier degré de son échelle morale; et s'élevant ensuite graduellement, suivre et faire briller la même pensée dans les œuvres de Paley ou de Johnson, d'Addisson ou de Bacon , jusqu'à ce qu'il eût insensiblement amené son antagoniste à la pure morale de l'Evangile, et lui eût fait à l'improviste adopter un principe chrétien.
Comme je savois qu'il avoit une belle et nombreuse famille , chaque fois que la porte s'ouvroit , j'étois étonné et presque fâché de ne pas voir paroître ses enfans ; car je commençois à m'intéresser à tout
ce qui tenoit à une famille aussi engageante. Les dames ayant, à notre grande satisfaction , fait une plus longue séance à table qu'il n est d'usage de le faire dans bien des maisons, elles se rendirent au signe delà maîtresse du logis, et se retirèrent suivies des demoiselles Stanley.
Mistriss Stanley est une femme remplie de grâces et de la meilleure tournure. Entre mille excellentes qualités, elle est remarquable par la sagacité avec laquelle elle adapte sa conversation à l'esprit de ses convives , et par son talent particulier à en choisir les sujets. Je n'ai jamais connu de femme qui possédât au même point celui de répandre autour d'elle, à sa table, autant d'enjouement, sans dévier le moins du monde de ce qu'elle doit à sa dignité personnelle ; les questions qu'elle y fait sont de nature à ce que les étrangers auxquels elles s'adressent , aient plutôt à gagner qu'à perdre en y répondant, et elle a soin de les mesurer au degré de connoissances
quelle leur suppose. Par ce moyen-là, elle obtient le double avantage de faire ressortir ses convives d'une manière honorable pour eux, et d'acquérir quelque instruction pour elle-même. J'ai connu des femmes qui, faute de ce discernement, faisoient des questions sur l'Amérique à un homme arrivant des Grandes- Indes. J'en ai connu d'autres qui, manquant de cette véritable délicatesse dont l'existence s'aperçoit jusque dans les minuties, s'arrogeoient une supériorité facile et mortifiante pour leurs hôtes; demandant, par exemple, à telle ou telle personne son opinion sur un livre nouveau, quoiqu'elles sussent que, d'après la nature des choses , il étoit très-invraisemblable que cette personne en eût entendu parler. S'il y a à la table de mistriss Stanley quelque convive qui, par sa position, ait moins de droits que d'autres à ses attentions, il peut être certain d'éprouver de sa part une attention particulière. Ceux qui se méfient d'eux-mê-
mes sont sûrs de son appui , et elle sait faire valoir l'homme modeste par l'obligeance et la recherche de ses attentions.
Invité à passer dans le salon de compagnie, je fus ravi d'y trouver quatre beaux enfansbrillans de santë, avec tout l'enjouement de leur âge, et folâtrant avec les dames. L'un sautoit, l'autre chautoit: une petite fille faisoit voir des dessins d'oiseaux dont elle paroissoit comprendre l'histoire naturelle : une quatrième avoit étalé sur le tapis une carte de géographie dépecée, et avoit attiré sa sœur près d'elle pour lui montrer Copenhague. Tableau animé! cet ensemble me faisoit le plus grand plaisir. J'acquis de fimportance auprès de la petite chanteuse, en lui rappelant un vers qu'elle avoit oublié ; et auprès de la géographe, quand elle vit que je connoissois mieux qu'elle les côtes de la mer Baltiqiie.
Dans la soirée, après que la compagnie se fut retirée , je demandai à mis-
triss Stanley comment elle avoit pu s'ecarter d'un usage reçu , au point de ne pas faire paroître ses enfans au dessert, a C'est à moi qu'il faut le demander, dit M. Stanley en souriant, car ce fut moi qui, le premier, bazardai de suggérer une innovation aussi hardie. J'aime tendrement mes enfans ; mais ils sont toujours chez moi : je n'ai mes amis que de temps en temps; je ne veux pas que la riioindre portion des heures que je souhaite donner à une jouissance sociale et intellectuelle , soit dérangée par une autre ou traversée par im plaisir qui est toujours à ma portée. Eu même temps , je souhaite que mes enfans voient mes amis 5 la société les amuse , les instruit et les forme. Ainsi je me consultai avec mistriss Stanley, pour savoir comment nous ferions pour jouir de nos amis, sans séquestrer nos enfans, et voici le moyen qu'elle imagina : « Le temps , ditelle, que passent les dames depuis le moment où elles quittent la salle à man-
ger, jusqu'à celui où les hommes viennent prendre le thé , est un temps dont souvent elles ne savent que faire ; c'est plutôt un intervalle d'attente que de jouissance. Les femmes d'un esprit borné ont bientôt épuise' leur admiration réciproque pour leur parure , en mousselines brodées et en manches à dentelle; et celles d'un esprit différent ne demandent pas mieux que de lui donner un délassement aussi agréable. » Elle proposa donc, pour animer cet intervalle languissant, d'introduire ses enfans.
» Cette petite diversion a non-seulement réussi dans notre famille , mais elle a été adoptée par plusieurs de nos voisins. Quant à nous , elle a un double avantage : non - seulement elle fait le bonheur des pauvres petits , mais , de plus, elle les rend heureux avec moins de risque pour leur santé , que le moment 011 ci-devant il étoit d'usage de les faire paraître. Nos enfans ont toujours, après leur dîner, autant de fruits qu'ils
en souhaitent ; ils n'ont, par conséquent, ni besoin ni envie des fruits , des confitures, des gâteaux et du vin' que les convives , pour plaire à la maman , ne sont que trop disposes à leur donner en abondance. Outre cela, Tintërèt personnel se mêle trop au plaisir qu'ils ont naturellement à voir du monde, en ce qu'ils associent à ce plaisir l'idée des bonnes choses qu'ils vont avoir; mais, p^r ce changement de méthode, nous faisons ce qui est en nous pour mêler un peu de désintéressement au plaisir qu ils ont à venir vers nous. Nous les aimons trop pour diminuer leurs petites jouissances; ainsi, nous leur procurons deux plaisirs au lieu d'un : car ils ont premièrement leur dessert , et, à la suite de cela, notre société. »
« Quoique Je n'approuve pas la trop grande familiarité avec les domestiques, je suis cependant d'avis qu'il est dû de vrais égards à d'anciens et fidèles serviteurs. Celui que j'avois avec moi pendant
celte tournée , avoit vécu dans notre famille depuis sa jeunesse , et m'avoit donné ses soins dès mon enfance. Sa fidélité, son bon sens, et j'ajouterai sa piété, lui avoient acquis son franc parler. « Oh î monsieur , me dit-il , en faisant son service auprès de moi le jour suivant, nous voici enfin dans une excellente maison.
Quelle famille î comme elle est pieuse , bien réglée, charitable ! Ici, monsieur, tout le monde se ressemble. Madame Jenner , la femme de charge , me dit que son maître et sa maîtresse sont un exemple pour tous les riches, et le refuge de tous les pauvres du voisinage ; et quand à miss Lucilla , si la bénédiction de ceux qu'elle sauve de leur perte, peut ouvrir les portes du Paradis, elle ne peut manquer d'y entrer. » Cette effusion du bon Edouard m'anima , et me fit souvenir que j'avois oublié de demander des nouvelles de cette brave femme de charge , qui avoit demeuré chez mon grand-père, et qui , à sa mort, avoit passé
dans la famille de M. Stanley. Dès que je le pus, j'allai la voir dans son appartement ; j etois avide de connoitre plus à fond une famille qui ressembloit si fort à mes parcns, et pour laquelle je sentoisdejà quelque chose de plus tendre que la simple estime.
Je félicitai madame Jenner du bonheur qu'elle avoit de demeurer dans une famille aussi estimable ; elle me répondit par réloge énergique des personnes qui la composent : « Ma maîtresse, me ditelle , est pour les dames un modèle si correct, et en même temps si plein de bonté !... Il est vrai qu'à présent miss Lucilla soulage sa mère de tous les soins de famille. Le jour où elle eut seize ans, monsieur (c'est-à-dire il y a environ deux ans et demi ) , elle commença à avoir l'inspection des affaires du ménage; et, à mesure qu'elles lui devinrent familières, elle s'y voua de plus en plus. Miss Matilda sera bientôt d'âge à soulager sa sœur j mais ma maîtresse ne veut pas que
ses filles aient la conduite des affaires de la maison avant qu'elles soient à peu près des femmes faites ; d'un côté, parce que cela pourroit les détourner de ce qu'elles ont à apprendre , et de l'autre, leur donner des notions trop communes sur les soins de la table et sur l'importance des mets , et en même temps les conduire à un caquètage déplacé et familier avec les domestiques. » Elles seront à temps , dit-elle , lorsque leurs idées seront plus formées ; elles ne prendront alors que le bon , et échapperont à tout danger. »
Voyant que je l'écoutois avec une attention et une satisfaction toute particulière, cette bonne femme continua ainsi : « En été, monsieur , miss Stanley se lève à six heures, et en passe deux dans son cabinet , qui est garni des meilleurs livres ; à huit heures , elle me consulte sur l'état des provisions et autres objets de ménage, et me doiaie la feuille du menu, sauf l'approbation de sa ma-
t87 man.La cuisinière aime fort à recevoir ses ordres, parce qu'elle avoue que miss Luciilasait bien distinguer quand les choses sont bonnes , et ne se plaint jamais à tort; ce qui, dit-elle, rend le service des dames ij^norantes extrêmement pénible, attendu qu'elles louent ou blâment au hasard , non pas d'après l'ouvrage de la cuisinière, mais selon leur humeur. Toutes les semaines elle règle mes comptes , qui , de celte manière , étant fort courts, lui donnent peu de peine; et, une fois par mois , elle fait un règlement général avec sa mère. C'est un plaisir, monsieur , de voir comme elle s'entend aux comptes ; on ne pourroit pas la tromper d'un liard si on le voulait; et cependant, elle est si douce et si raisonnable ! et si prompte à distinguer les erreurs des fautes volontaires! ensuite, elle est si compatissante ! Ce sera un jour d'affliction pour Stanley Grove, monsieur, que le jour où miss Stanley se mariera. Quand mon maître est malade,
c'est elle qui e'crit ses lettres. Elle est sa lectrice, et elle aide sa mère à le soigner. Après ces occupations de la matinée, pensez-vous, monsieur, qu'elle vienne rejoindre la compagnie , fatiguée et de mauvaise humeur , comme les temmes qui n'ont rien à faire , ou qui viennent de se lever ? Pas du tout : elle arrive fraîche comme une rose , et joyeuse comme l'alouette du matin, pour faire le thé de ses parens. Une heure après le déjeuner, elle et mon maître s'occupent de quelque livre de science. Elle aide ensuite aux leçons de ses petites soeurs ,et jamais enfans ne furent mieux enseignés. Elle consacre un jour par semaine à travailler avec ses sœurs pour les pauvres, et deux fois par semaine elle les visite dans leurs chaumières ; car elle dit que si l'on voyoit la porte de son père obstruée de pauvres , cela r(?ssembleroit à de l'ostentalion , et occasionneroit de l'embarras ; elle ne pourroit pas non plus connoîlre leurs besoins et leurs
caractères à moitié aussi-bien qu'en allant elle-même visiter leurs demeures.
Ma bonne maîtresse lui a donné une petite chambre , qui sert de magasin pour les vêtemens et les livres destinés à ses voisins indigens. Dans cette chambre , chacune des filles cadettes, le jour où elle a sept ans accomplis , a son tiroir à elle, avec son nom en écrit, et la seule rivalité à peu près qui existe entre les soeurs, est à qui l'aura le plus tôt rempli de bonnets, de tabliers et de mouchoirs. Le jour où l'on travaille à ces ouvrages se termine ordinairement par une de ces visites charitables. Les chers enfans sont chargés de leurs petites corbeilles à ouvrage remplies de choses nécessaires 5 c'est aujourd'hui le jour , monsieur, et elles le voient toujours venir avec plaisir. Il n'y a pas jusques à la petite Célia, la plus jeune de toutes, qui ne vienne vers moi demander quelque chose de bon à mettre dans sa corbeille pour la pauvre Mary , ou Betty une telle. Je
suis surpris de n'avoir pas encore aperçu ces charmans entans ; voici à peu près l'heure où elles viennent me voir. Les dimanches avant le service divin , elles vont à l'école du village , et c'est là que l'argent de leurs menus plaisirs de la semaine , qui a été soigneusement gardé dans ce but , est distribué à titre de récompense aux enfans qui l'ont le mieux mérité. Cependant, monsieur, malgré tout cela , vous pourriez être dans la maison un mois entier sans en entendre jamais le moindre mot , tant les choses se font tranquillement! et quand elles se rassemblent à riieure des repas, elles sont bien plus contentes et plus gaies que si elles avoient passé leur temps dans l'oisiveté, j)
Ici, mistriss Jenner s'arrêta, et au même instant, deux charmantes petites ligures aux joues vermeilles vinrent se présenter à la porte , balançant entre elles une corbeille de paille , et disant d'une petite voix suppliante : « Mistriss
Jenner, la charité, s'il vousplait : nous avons besoin de quelque chose de nourrissant pour ceux qui ont faim, et de quelque chose de délicat pour les malades. La pauvre Alice et sa petite
fille » Elles alloient continuer ; mais,
m'apercevant, elles rougirent jusqu'aux yeux , et se sauvèrent aussi vite qu'elles purent , quoique je fisse mon possible pour les retenir.