‹ Clebs (volume 3)Chapitre 3 sur 18 · XXV · texte numérisé non relu

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à l'histoire. Il s'ensuit que, n'ayant ëtë témoin ni des grandes passions, ni des grands ëvënemens que souvent elles produisent, je n'en ai point à raconter, lu' amour, même dans ce rëcit, ne se prësente pas comme une impulsion irrésistible , mais plutôt comme un sentiment qui naît des qualitës propres à inspirer de l'attachement , à ceux qui , sous l'empire de la religion et de la raison , peuvent se trouver rëunis par le cours ordinaire des ëvënemens.

» Les conversations intimes de cette petite sociëtë forment une partie considërahle de ce foible ouvrage.

Le tissu de mon rëcit est si mince , qu'à peine peut-il servir de fonds aux sentimens et aux observations qu'on y trouve.

«11 n'est pas hors de propos deprë-

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venir une objection que Ton^ fera peut-être contre ces conversations :

elles pourront quelcjuefois paroître froides et un peu longues, ce qui ne s'accorde pas tout-à-fait avec le discours familier. Voici mon excuse :

Lorsque le sujet se trouve être sérieux, le dialogue ne peut pas toujours prendre une tournure facile, ni se varier comme dans la discussion d'objets moins graves.

» Mais j'attache plus d'importance à des objections d'un autre genre qui pourroient être faites par des lecteurs religieux, si toutefois il en est qui veuillent honorer ce petit ouvrage de leur attention.

»11 est possible qu'on me reproche d'avoir mis trop en évidence, et avec trop de soin , les fautes des caractères religieux que j'ai voulu pein-

dre, et d'avoir traité ces mêmes fautes avec trop de sévérité ; mais il ne faut pas oublier qu'un des principaux buts de cet ouvrage est de remédier au mal en le faisant apercevoir ; sans que jamais le motif insidieux de dégrader la religion ait pu approcher de ma pensée.

J^ai rencontré dans la société peu d'êtres grossièrement vicieux; mais j'ai eu souvent occasion d'observer les diverses formes et les diverses nuances de Terreur. Je ne parle pas seulement de ces mondains dont l'intention n'est pas de faire abstraction absolue de la religion; mais je veux parler de ces hommes qui, vertueux au fond, ser oient peut-être très étonnés de ne pas être regardés comme essentiellement religieux, et dans l'esprit

desquels se glissent les méprises , les inconséquences , et enfin les erreurs qui sont rol>jet de mon attention et de mes réflexions.

J'ai passé légèrement sur les fautes inévitables et sur les foiblesses qui, même dans les individus les plus vertueux, sont inséparables de l'humanité ( et ce sont là , par parenthèse, ceux qui les déplorent le plus ) ; j'ai traité ces foiblesses avec moins de sévérité que des erreurs importantes , le plus souvent tolérées, qu'on juslilie, et qu'on va même jusqu'à réduire trop fréquemment en système régulier.

»Si je me suisentièrementtrompé dans l'espoir que j'ai conçu de renire ce petit ouvrage de quelque utilité; si j'ai échoué dans les efforts que j'ai faits pour moutier ([ue la re-

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ligion peut être associée aux intérêts journaliers de la vie, sans en diminuer l'activité ni Tagrénient; si c'est une erreur de croire qu'il existe des vices essentiels dans l'éducation moderne ; si j'ai eu tort de penser que les femmes d'un rang supérieur pourroient allier plus de connoissancesdans l'administration de leur maison avec plus de connoissances intellectuelles; qu'elles pourroient être à la fois plus instruites et plus occupées des détails domestiques, qu'on ne l'a cru jusqu'ici ou nécessaire ou possible; en un mot, s'il se trouve que votre opinion sur l'utilité probable de ce livre m'ait été trop favorable , je me contenterai d'un mérite négatif; je serai satisfait de l'humble espérance qu'aucune partie de l'ouvrage ne sera jugée nuisible

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aux grands objets que j'ai eu, si ce n'est la force , au moins le dësir de mettre à leur juste hauteur; et que là où je n'ai pas réussi à faire du bien , je n'ai à me reprocher d'avoir fait aucun mal ; que , si mon travail ne produit aucun résultat précieux, il n'a pas ajouté à la niasse de ces ouvrages qui, en nuisant à la vertu , ont nui au bonheur du genre humain; et qu'enfin, si je n'ai pas le talent de contribuer à l'avancement de la morale chrétienne, j'ai au moins en horreur les principes qui tendent à l'avilir. >j

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