‹ Clef, ou, Explication des divers points et termes principaux /Chapitre 14 sur 23 · EXPLICATION DES TERMES · texte numérisé non relu

EXPLICATION DES TERMES

Comment il faut considérer Dieu hors de la nature et hors de la créature.

1. Moïse dit : Le Seigneur notre Dieu est un Dieu unique, et il est encore écrit : Toutes choses sont de de lui, par lui et en lui. Il y a encore dans un autre endroit :N'’esi-ce pas‘ moi qui remplis toutes choses : et dans un autre endroit encore : Tout ce qui a élé fait, a été fait par lui.

2. C’est pourquoi il faut dire, que Dieu est l’origine de toutes choses ; qu'il est l’unité éternelle, infinie : si l’on me demandait, par exemple, que resterait-il au lieu de ce monde, si les quatre élémens, le firmament et toute la nature disparaissaient et cessaient d’exister, ensorte qu’il n’y aurait plus rien du tout ? Je répondrais : il resterait cette même unité éternelle, de laquelle sont provenues la nature et la créature. Il en serait de même en disant : qu'y a-t-il à un million de lieues au-dessus des astres, là où 1l n’y a pas de créature ? Il y a, dirais-je, l’unité éternelle, immuable, l’unique bien, qui n’a rien, ni devant lui, ni derrière lui, pour lui donner ou pour lui prendre quelque chose, ou d’où cette unité provienne ; il n’y a là ni fondement, ni temps, ni lieu, c’est le Dieu unique ou le bien unique, qu’il est impossible de prononcer.

Continuation de l'examen comment ce Dieu unique est trinaire.

3. L’Ecriture sainte nous montre que ce Dieu unique est trinaire, c'est-à-dire une essence unique triple, qui a trois vertus différentes, laquelle essence, cependant, n’est qu'un être unique, comme on peut s’en convaincre par la vertu émanée de toutes choses.

4. Nous en avons un exemple particulier du feu, de la lumière et de l'air, qui sont trois virtualités particulières, et qui cependant ne sont qu'un principe et un être uniques, et de même qu’on voit, que le feu, la lumière et l’air proviennent d’un cicrge, le cierge n'étant cependant pas aucune de ces choses, et qu’il en est cependant la cause, de même aussi l'unité éternelle est la cause et le principe de la Trinité éternelle, qui se manifeste elle-même de l'unité éternelle, et s’inqualifie avec un vouloir, ou avec une volonté, avec l’allégresse et avec l’émanation. |

5. Le vouloir, ou la volonté, est le père, c’està-dire, la manifestation ou le mouvement de l'unité, par lequel mouvement l'unité se veut ellemême.

6. L’allégresse est le fils, c’est-à-dire la chose que la volonté veut, son amour et son affection ; on peut s’en convaincre par le baptême de Christ, où le père dit : (Math. 3. v. 17.) Celui-ci est mon fils bien aimé, dans lequel j'ai mis toute mon affeclion, écoulez-le. ;

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