Dans cette inquiétude et dans ce désir se
forme la vertu émanée divine par l'opération de la nature, pour la gloire et la contemplation éternelle des anges, des hommes et de toutes les créatures ; car toutes choses de ce monde portent une empreinte de la vertu divine.
108. Le monde interne spirituel est empreint sur toutes choses de ce monde, tant selon la qualité colérique du principe interne, que selon la qualité bonne, et que cependant le fond intérieur de la plante la plus venimeuse renferme souvent la vertu la plus efficace du monde interne.
109. Mais la chose qui renferme une vie ténébreuse, c’est-à-dire une huile ténébreuse, est nuisible, car elle est une base de la qualité colérique, c'est-à-dire un venin dangereux ; mais où la vie est dans le venin, et a un éclat brillant dans l'huile, c'est-à-dire dans la quintessence, là le ciel est manifeste dans les enfers, et là est cachée la grande vertu ; à bon entendeur, salut.
110. Tout le monde spirituel n’est qu'un principe spermatique inqualifiant, chaque être désire l’autre, le supérieur l'inférieur, et l’inférieur le supérieur, car ils sont séparés l’un de l’autre, et dans cette faim ils se conçoivent l’un l’autre dans le désir, nous voyons par la terre combien elle est affamée de la constellation et de l'esprit du monde, c'est-à-dire de l'esprit d’où elle provient dès le commencement, que cette faim ne lui laisse pas de repos, et cette faim de la terre est une consommation des corps, afin que l'esprit soit de nouveau séparé de la matière grossière élémentaire, et rentre dans l’archée.
111. Nous trouvons encore dans cette faim l’imprégnation de l’archée, c’est-à-dire du séparateur, comment l’archée inférieur de la terre attire en soi l’archée supérieur subtil de la constellation au-dessus de la terre, où ensuite ce principe saisi de l’archée supérieur aspire de nouveau à son principe, et pénètre jusqu’à l’archée supérieur, et cette pénétration produit la croissance des métaux, des plantes et des arbres.
112. Car l’archée de la terre devient par là si joyeux, qu'il goûte et sent de nouveau en soi son premier principe, et cette joie cause la eroissance de toutes choses tant végétatives qu'animées, c'est comme une conjonction continuelle du ciel et de la terre, où la puissance divine coopère, comme on le voit par la teinture des êtres croissans, c’est-à-dire par leur principe interne.
113. C’est pourquoi il faut que l'homme, comme une noble image, qui a son principe dans le tems et dans l'éternité, s’examine bien, qu'il n’agisse pas aveuglément, et qu'il ne cherche pas sa patrie éternelle loin de lui: elle est en lui, mais couverte par le combat de la grossièreté des élémens ; le combat des élémens ayant cessé par la mort de la partie grossière du corps, l’homme spirituel se manifestera, qu'il soit né dans la lumière ou dans les ténèbres, n’importe : la puissance qui prédominera en lui, le dominera éternellement, soit dans le principe de la colère de Dieu, soit dans le principe de l’amour de Dieu.
114. Car l’homme externe visible actuel n’est pas l’image véritable de Dieu, il n'est qu’une
image de l’archée, c’est-à-dire une enveloppe de l’homme spirituel, dans laquelle il croît, comme | l’or dans une pierre dure, ou comme une plante pousse de la terre inculte, car l’Ecriture en parle aussi, en disant : Si nous avons un corps naturel, nous avons aussi un corps spirituel : tel corps naturel, tel corps spirituel, mais le corps externe grossier composé de quatre élémens n’héritera pas du royaume de Dieu, mais le corps né de l'élément unique, c’est-à-dire de la manifestation et de la vertu divines, non pas celui qui est né de la chair ou de la volonté de l’homme, mais celui qui est né, dans ce corps grossier, de l’archée céleste, auquel ce corps grossier sert d’habitacle et d’instrument. Mais lorsque l’enveloppe se brisera, alors nous saurons pourquoi nous portons tous le nom d’hommes, quoiqu’une partie ait à peine été des animaux, et pire que des animaux.
115. IL faut donc bien méditer l'esprit du monde externe, c’est-à-dire qu’il n’est qu’un habitacle et un instrument du monde interne spirituel, qui y est caché, et qui opère par le monde externe, et qui s’inqualifie ainsi avec des formes.
116. De cette manière l’esprit de l’homme n'est aussi qu’un habitacle de la vraie intelligence, de la science divine, et il ne faut se fier ni à son esprit, ni à sa sagacité ; notre raison n’est que la constellation externe selon notre constellation ; elle nous égare au lieu de nous ramener à l’unité de Dieu.
117. Il faut que l'esprit s’abandonne à Dieu, afin que l’archée interne se manifeste ; c’est lui
qui produira et enfantera un fondement véritable spirituel conforme à Dieu, où est manifeste l’esprit de Dieu, et qui ramènera l'esprit à Dieu ; alors cet esprit scrutera dans ce fondement toutes choses, même la profondeur de Dieu, dit Saint- Paul.
J'ai cru le devoir développer un peu, afin que le lecteur puisse y réfléchir.
Explication ou formule abrégée de la manifestation divine.
118. Dieu est l'unité éternelle, infinie, insaisissable, il se manifeste en soi-même d'éternité, en éternité par la Trinité, il est Père, Fils et Saint- Esprit, en trois qualités différentes.
119. Le premier effluve et la première manifestation de cette Trinité est le verbe éternel, ou le parler de la puissance divine : la première essence prononcée de la puissance est la sagesse divine, c'est-à-dire, un être dans lequel la puissance opère. |
120. De la sagesse découle la puissance de l’expiration, et passe dans la variété et dans la formation, où la puissance divine est manifeste dans sa vertu.
121. Ces mêmes puissances variées s’inqualifient avec l’adoption de leur sensibilité propre ; et de la sensibilité proviennent lä propre volonté et le désir.
122. Cette propre volonté est le principe de la nature éternelle, qui s’inqualifie par le désir avec les qualités jusqu’au feu.
123. Dans le désir s’originisent les ténèbres, dans le feu se manifeste l'unité éternelle par la lumière de la nature ignée.
124. De cette nature ignée et lumineuse sont provenus les anges et les âmes, comme une manifestation divine.
125. La puissance du feu et de la lumière se nomme {einture, et le mouvement de cette puissance s'appelle l'élément saint ou pur.
126. Les ténèbres deviennent essentielles en soi-même, et la lumière devient aussi essentielle dans le désir igné, ces deux feux sont deux principes : c’est-à-dire dans les ténèbres est la colère de Dieu, et dans la lumière, est l’amour de Dieu, chacun agit en soi-même, et il n’y a d’autre différence que celle du jour à la nuit, et tous les deux ne sont cependant qu'un principe unique, et chacun est une cause de l’autre, afin que l’autre soit manifeste et reconnu en lui, de même que la lumière se manifeste par le feu.
127. Le monde visible est le troisième principe, c'est-à-dire le troisième fond et le commencement, -ce monde a été exhalé du principe interne, c’està-dire des deux premiers principes, et il a été réduit en une forme et en une qualité.
128. La vertu interne éternelle est cachée dans le monde visible, elle est en tout et partout, et pourtant le tout ne peut pas la saisir de son propre pouvoir : les forces externes ne sont que passives, ou l'habitacle : toutes les créatures en général ont été créées de la substance du monde externe ; mais l’homme a été créé du temps et de l'éternité, de
l'être de tous les êtres en une image de la manifestation divine.
129. La manifestation éternelle de la lumière divine s'appelle le royaume des cieux, la demeure des anges et des âmes saintes. Les ténèbres ignées s’appellent l'enfer et la colère de Dieu, où demeurent les démons et les âmes damnées.
Au lieu de ce monde est présent partout le ciel et les enfers, mais selon le principe interne.
130. Dans les enfans de Dieu l’efficace de Dieu est manifeste intérieurement, et dans les impies l’efficace des ténèbres douloureuses.
131. Le lieu du paradis éternel est caché dans ce monde dans le principe interne, et manifeste dans l’homme interne, où la puissance de Dieu opère en lui.
132. De ce monde ne périront que les quatre élémens, la constellation et les créatures terrestres, c’est-à-dire cette vie externe grossière de toutes choses : la puissance interne de tous les êtres subsistera éternellement. |
Explication de quelques mots.
133. La Turba magna est la qualité colérique excitée et réveillée du principe interne, où le fondement infernal se manifeste dans l'esprit du monde, d’où proviennent de grandes tribulations et‘des maladies : elle est aussi la qualité colérique excitée de la nature externe, comme on le.voit au frémissement des grands orages où le feu se manifeste dans l’eau ; c’est une effusion de la colère de Dieu dont la nature est {ourbée (troublée).
134. Le ternaire saint est la puissance interne céleste inqualifiante de l'essence, où la Trinité de Dieu inqualifie : je conçois par là une puissance essentielle.
Sul et Phur.
135. Sul est l’unité émanée, c’est-à-dire l’essence où la lumière éternelle inqualifie, selon l’éternité d’une manière divine ; et le soufre externe métallique renferme l’huile où la lumière s’enflamme.
136. Phur est l’essence du feu, c’est-à-dire, la nature de l’angoisse de la qualité colérique.
Les sept formes ou esprits dont parle l' Apocalypse : 1.
RAI Astringence,désir, volonté. Monde ténébreux, J comparaison d'un PRET A Amertume, ou ai- | cierce, guillon.
à. QG. &. Angoisse, passe à ŒÆ l'explosion dufeu.
à P Monde ténébreux, ténébreux. comparaison d'un ee : ; 4 ©. d' 4. = see lumineux. cierge allumé.
®?, à. 5. | 7 | Lumièreouamour, d'où découle l’eau | Monde lumineux, dela vie éternelle. | comparaison d'unelumière de cier- Y k: Ge. Son, ton, mercure. ge.
CRE 2 Essence ou nature.
Explication du Schema.
137. Le mot ADONAI signifie la manifestation ou le mouvement propre de l'unité insondable
éternelle, ce qu'est en soi-même l’engendrement éternel, la manifestation et l’émanation.
L’A est un triple I, qui se saisit en soi en croix, c'est-à-dire en un commencement, en une entrée et en une sortie. Le D est le mouvement du triple I, c’est-à-dire ce qui se manifeste. L’O est la circonférence du triple I, c’est-à-dire l’engendrement du lieu de Dieu en soi-même. L’N est le triple esprit qui procède de la circonférence, de soi-même comme une triple vie. L’A inférieur est la réverbération ou l’inqualification du triple E, ou de l'esprit d’où s’originisent le mouvement, la puissance, les couleurs et les vertus. L’I est l’effluve essentiel de la triple vie, où la Trinité découle de l’unité, et l’on comprend dans tout ce mot la vie éternelle de l'unité de Dieu.
138. Le mot {père) est le commencement unique de l’inqualification et du vouloir dans le triple I de l'unité.
139. Le mot ffils) est le produit de la puissance, c'est-à-dire de la saisissabilité de la volonté, où le triple esprit s’enferme comme dans un lieu du moi-même divin.
140. Le mot (esprit) est le mouvement vivant procédant de la puissance saisie dans la similitude, comme on pourrait se le rendre intelligible par une fleur. L'ouverture ou la croissance inqualifiante est le commencement : la puissance de l'inqualification est la circonférence, et la circonscription corporelle de la croissance : et l’odeur qui émane de la puissance, est le mouvement ou la vie végétative procédante ignée de la puissance
ignée, d’où résulte la fleur, ce qui nous fournit une comparaison, comment l’engendrement de la puissance divine se représente.
141. Le mot (puissance) marque la vie respirante, procédante, raisonnable, c’est-à-dire le principe et la source de la science émanante de la diversité.
142. Le mot (couleurs) signifie le sujet ou le réfléchissement de la puissance, où l’on comprend la diversité et l’origine de la vie sensible de la connaissance, d’où s’originise une contemplation éternelle.
143. Le mot (volonté) dénote le vouloir ou le mouvement de l'unité ouvrante, par lequel l'unité elle-même se veut en Trinité, c’est-à-dire le rien en son propre quelque chose, où il a une proposition et un vouloir.
144. Le mot (allégresse) indique la sensibilité effective de la volonté ou du vouloir, c’est-à-dire le principe suprême, l'amour primitif ; où la volonté de l’abîme se sent dans son quelque chose, où il s’insinue au quelque chose, c’est-à-dire à son sentiment, et où, dans la sensibilité, il inqualifie et veut dans son propre goût.
145. Le mot (science) marque la science ef l’intelligence effectives et sensibles dans le goût d'amour, une racine des cinq sens, et un principe de la vie éternelle, d’où jaillit l'intelligence, et où se fonde l'unité éternelle.
146. Le mot (verbe) signifie, ré l’amour éternel de l’unité sensible se prononce, par la science, en un réfléchissement ; le verbe est le par-
ler ou le souffle de la volonté, de la puissance par l'intelligence. Il est le mouvement et la formation de la puissance éternelle en une quantité infinie, c’est-à-dire le créateur de la puissance de l'unité en vertus.
147. Le mot (sagesse) est le verbe émané, c’està-dire une réflection de la science divine de la volonté divine, la puissance essentielle du grand amour de Dieu, d’où toutes choses ont eu leur mouvement et leur pouvoir : un principe de tous les trois principes : une manifestation de l’unité de Dieu : un être passif de l’inqualification divine et une cause de toute humilité : une engendreuse de toute science des créatures, et un habitacle éternel de l’amour inqualifiant de Dieu, un rayon et souffle de l'esprit tout-puissant.
148. Le mot (JEHovAH) est le nom le plus saint de Dieu, c’est-à-dire la vie sensuelle divine, le bien unique, où est compris la Trinité Sainte avec la gloire et la Toute-puissance ; une vie de l’abîme (c'est-à-dire de l’unité), qui réside particulièrement dans l’amour unique ; on y comprend le très-saint nom de Jésus, c’est-à-dire l’I émanant: un principe et une source du souffle de l’unité de Dieu : une formation de l'intelligence, car l’effluve de l’unité s’inqualifie par l’'I avec l'E, comme une vision ou vue d’un chaos, où l’on comprend le grand mystère selon la manière divine, et il est un triple souffle de la puissance.
149. Je est un souffle de l’unité, et le ho est un souffle de l’Je, et le Vah est un souffle de (ho), il
-n’y a cependant qu’un souffle unique, mais il pro-
duit une triple émanation de trois centres et de trois saisissabilités : et nous y comprenons, comment ce triple I s’enferme enfin dans l'A, c’est-àdire dans un commencement de la nature.
150. Au dessous est le mot (vie), qui signifie que ce triple souffle n’est que vie et puissance. Et au dessous de vie il y a (verlu,) qui signifie la vertu incommensurable de cette vie exhalante.
151. On comprendra exactement par cette table, ce qu'est Dieu hors de la nature et de la créature dans la Trinité, c’est-à-dire dans une expiration triple de l'unité en soi-même, où l’on ne peut parler ni de lieu ni d’endroit de sa demeure, ni de dimension ni de division, car il n’est ni ici, ni là, mais il est partout en même temps, comme on prend l’abîme, c’est-à-dire l’unité éternelle de nature et de créature, il est une puissance et une essence virtuelle de l’unité.
152. Mais qu'on y comprend réellement une telle puissance et une telle vertu, cela résulte de sa puissance émanée du monde et des créatures qui ont été engendrées par son expiration, et toutes choses de ce monde en rendent témoignage.
Explication de la première Table.
TETRAGRAMMATION.
155. Cette table représente, comment le nom saint de la puissance éternelle s’inqualifie par la connaissance et par la science, d’éternité en éternité, avec une nature de la lumière et des ténébres éternelles, avec des qualités, comment le
verbe de l'expiration s’infuse dans un sujet ou réfléchissement, et comment il résulte de ce réfléchissement la propre volonté et l'adoption des qualités, où l’on concoit toujours deux qualités, savoir . l’effluve propre de Dieu, et puis les adoptions propres des qualités du libre arbitre, dans laquelle adoption on comprend un nouveau réfléchissement de manière externe, afin que l’unité devienne, dans son effluve, toujours plus externe, et afin que l’amour éternel s’inqualifie par là avec la sensibilité et avec une manière flamboyante, c’est-à-dire avec une inqualification des puissances divines.
154. Il y a au-dessus du tableau : monde lénébreux, et au-dessous le premier principe, et en face, à compter du nombre 4 jusqu'au nombre 7 : monde lumineux, amour de Dieu, et au-dessus le deuxième principe. Ce qui indique comment la volonté émanée s’enferme et se couvre d'ombre par l’adoption du désir propre, et s’inqualifie par le désir du moi-même avec des qualités, eb se change en ténèbres, où l’un émané devient, dans les ténèbres, manifeste et sensible par le feu dans la lumière, et est une cause de la lumière, dans laquelle lumière l’amour de Dieu adopte une inqualification ignée du feu de la nature éternelle, et luit dans le feu par l’adoption ténébreuse douloureuse, comme la lumière d’un cierge, et comme le jour dans la nuit, d’où s’originisent aussi le jour et la nuit, et dont ils ont eu leur principe et leur nom dans le temps.