‹ Clef, ou, Explication des divers points et termes principaux /Chapitre 18 sur 23 · Mais dans l'éternité il y a ainsi une lu · texte numérisé non relu

Mais dans l'éternité il y a ainsi une lu

mière et un fénèbre éternels l’un dans l’autre. Le ténèbre est le principe de la nature et la lumière est le principe de l’allégresse de la manifestation divine. Le monde ténébreux, c’est-à-dire le fond des qualités du désir et de la volonté propres s'appelle le premier principe, étant une cause de la manifestation divine selon la sensibilité, et formant en soi un propre royaume, c’est-à-dire un tourment douloureux, selon lequel Dieu se nomme un Dieu jaloux et colérique, et un feu dévorant : et la lumière, qui est manifeste dans le feu, où l’on conçoit l’unité de l’effluve divin de l'amour, s'appelle le deuxième principe, c’est-àdire le monde de la puissance divine, où l'amour de Dieu est un feu d'amour et une vie virtuelle, comme il est écrit : Dieu demeure dans une lumière de laquelle personne ne peut approcher ; car la puissance de l'unité de Dieu opère dans la lumière, et est Dieu ; mais la matière ignée de la lumière est la nature éternelle, où l’amour éternel de l’unité s'aime et se sent.

156. Sous les premier et deuxième principes il y a dans les sept cases sept nombres, qui signifient les sept qualités de la nature éternelle, et - au-dessous est le mot feinture, divisé dans les sept cases, qui indiquent le verbe divin, un tempérament, une homogénéité, qui renferme les puissances divines dans une volonté, dans une inqualification et dans une essence égales, c’est-à-dire le nom émané de Dieu, où l’on comprend le grand mystère de la puissance et de l’opération divines avec les caractères des lettres dans la répartition des qualités.

157. Le mot feinture est le mot séparable, d'ou découlent les sept qualités. La lettre (T) est le tau ou l'ouverture de l'unité, c’est-à-dire la + du triple I, un principe de souffle. L° (1) est l’effluve du (T), ou la sortie de l’unité, c’est-à-dire l'angle croisé de la vie. L’(N) est l’émanation de l'esprit manifeste triple. Le (C) est le découpement du son, où l’I, c’est-à-dire l’effluve de l’unité se sépare de nouveau des ténèbres, et brise l’adoption de la volonté éternelle. Le deuxième T sous le n° 5 est le fau saint ou l’ouverture de la gloire de la sensibilité ignée avec l’amour igné, par lequel amour le royaume de Dieu se manifeste, et indique le grand pouvoir de la puissance de la lumière. Le (V) est le caractère de l’esprit saint par les trois pointes, dont les deux du haut signifient le feu et la lumière, et la troisième du bas signifie l’unité de l'amour, c’est-à-dire l'humilité. Par l’(R) le feu et la lumière saints sont saisis en un être effectif naturel ; car elle signifie le royaume, c’està dire le trône, et on indique par là, comment le nom saint s’inqualifie par la volonté émanante avec le grand mystère, c’est-à-dire avec le secret éternel, d’où est provenu le monde visible.

Le grand mystère de la Teinture, ou principe de la Trinité de Dieu.

158. T est le triple I, et signifie Dieu le père. I est l’engendré : I est Jésus.

N est le triple I de l'esprit. :

C signifie Christ.

T Dans la cinquième case est le Père en Christ.

V est l’esprit de Christ dans le verbe, qui vivifie.

R est le trône royal, que la lumière et les ténèbres se disputent, où Satan et Christ sont opposés : c’est-à-dire selon l’adoption de la propre volonté, Satan comme l'esprit d'erreurs ; et selon l'unité Christ ; où l’on comprend l'amour et la colère dans un seul principe, mais en deux manifestations ; ceux qui appartiennent à Dieu, nous comprendront, quant aux autres, ils n’en sont pas dignes.

Du grand mystère de la Teinture ; ou‘principe le plus sublime de la Trinité de Dieu.

159. Cette table partagée en sept cases est le principe des anges et des âmes, c’est-à-dire Le grand mystère de la transmutation, qui renferme toutes les possibilités.

160. En travers, selon les nombres, se conçoit l’effluve d’un en sept. Jusqu'au feu, d’où se manifeste la lumière, il faut comprendre le premier principe, et du feu jusqu'à l’essence, le deuxième principe ; et en descendant on comprend sous chaque qualité, quel effluve provient de chaque qualité par la coopération des autres qualités : il ne faut pas croire, qu'une seule qualité produise un tel effluve, mais tous les sept ensemble le produisent, mais la première forme y domine, et conserve la supériorité.

161. Savoir : sous le n° 1 il y a, désir ou saisissabilité, où l’on conçoit, que le désir est ma-

gnétique, qu'il s’enferme ct s’obscurcit soi-même, ce qui est un principe des ténèbres éternelles et temporelles, et de cet attract provient l’âcreté, l’astringence et la dureté, qui est une cause primitive de la qualité colérique, d’où s’originise la grande mort éternelle, car cet aimant tire en soi la puissance, et la renferme en soi, en sorte que l’inqualification s'arrête, et devient impuissante, comme on peut le voir en descendant du n° 1 en bas.

162. Sous le n° 2, il y a science ou attract, ce qui est la deuxième forme de la nature, c’est-àdire le mouvement de l’attract magnétique, d’où résulte la sensibilité de la nature, et est le principe de toute contrariété, car la dureté et le mouvement sont ennemis, car le mouvement brise de nouveau la dureté, et il engendre pourtant la dureté par l’attract.

163. IL provient donc deux essences de la volonté désireuse émanée de Dieu ; c’est-à-dire l’artract de la puissance magnétique donne le mouvement et la sensibilité, et l’attiré produit l'essence, où l’on comprend la cause de l'esprit et du corps : savoir, dans l’attract de la sensibilité l'esprit, et dans l’attiré le corps, ou la cause de la corporéité.

164. Lors donc qu'un tel attract ou une telle essence ne peut pas atteindre la lumière de l'unité de Dieu, par laquelle il est adouci, il reste en soi une pure inimitié, et il est une source de la rage, de l’exaltation, d’où proviennent l'adoption propre et l’orgueil, car la volonté de l'adoption propre est fausse, et un destructeur perpétuel de

son soi-même, c'est-à-dire de son être ; et l’on entend sous ces deux formes,c’est-à-dire du désir ct de l’attract, dans leurs qualités émanantes, la colère de Dieu : et quoiqu'’elles soient la base de la vie sensible, elles sont néanmoins, quand la lumière y donne, le principe de l’allégresse, savoir un mouvement interne de l'unité de Dieu, et une cause première des cinq sens, d’où s’est aussi originisée la vie créaturelle, et où réside aussi sa perte, si elle perd la lumière, car c’est la source de l’angoisse infernale, c’est-à-dire la cause de la douleur, et est cependant la racine de la vie naturelle.

165. Sous le n.° 3, est la troisième forme de la nature ; elle s'appelle angoisse, c’est-à-dire une source du soufre spirituel selon la qualité, qui prend son fondement des premières et deuxièmes qualités ou formes, savoir : 1.0 du désir magnétique, et 2° du mouvement de l’attract, où la volonté émanée est dans l'inquiétude et dans l’angoisse. L’angoisse est la cause du vouloir, du cœur et des sens naturels, elle est la roue de la vie, c’està-dire une cause de la vie ignée.

166. Car la volonté émanée de l’unité de Dieu étant dans l’angoisse, cette volonté désire passionnement l'unité, c'est-à-dire le repos ; et l’unité ou le repos aspire au mouvement et à la manifestation : cependant il ne pourrait y avoir de manifestation sans mouvement, c’est pourquoi la volonté divine découle de soi-même, et l’allégresse divine s’inqualifie, dans la volonté émanée, avec le désir et avec le mouvement d’une sensibilité,

afin qu'elle se ressente soi-même, et deux choses restent dans une essence, savoir : 1.2 l’allégresse sensible divine, et 2.0 la cause de la sensibilité, où Dieu s’appelle Dieu bon, c’est-à-dire selon l’allégresse sensible. divine d'amour, et Dieu colérique, selon la cause de la sensibilité, selon la nature éternelle. |

167. Et nous comprenons dans l’angoisse, en tant que la lumière divine n’y est pas manifeste, le feu infernal, un désespoir et une frayeur éternels, où la propre volonté de la nature est continuellement dans un tourment mortel, et désire toujours de se séparer de ce principe, ce que j'appelle la petite mort, parce que c’est la mort mourante éternellement ; mais qui est, dans la dureté, la grande mort immobile.

168. Cette forme, si elle ne possède pas la Iumière, est la source de l’âme fausse ; mais si elle ressent en soi la lumière, elle est la source et le principe de l’âme sensible, et la racine véritable du feu, comme on peut le voir en descendant la -colonne 3.

169. La quatrième forme, n.° 4, est le feu de la nature éternelle. savoir un feu spirituel de la vie, qui provient de la conjonction ou de l’assemblage perpétuel de la dureté et du mouvement, concevez que la douleur en provient ; mais l'éclat igné provient de l’allégresse libre de la volonté, l'unité de l’allégresse étant aiguisée dans les qualités, elle paraît comme un éclair par la conjonction perpétuelle des grandes quintessences de l’unitécet de la qualité colérique du mouvement

des trois premières qualités, car il en est de la conjonction de l'essence, comme du frottement de l’acier contre une pierre dure, d’où provient l’éclair.

170. Cet éclair est la vie véritable naturelle et créaturelle des créatures éternelles, car c’est la manifestation du mouvement divin, et a en soi les qualités de la nature, ainsi que la manifestation de l'unité de l’effluve divin, celui des deux qui a ou obtient la prépondérance, là réside la vie.

171. L’éclat du feu est la lumière de l’effluve de l’unité de Dieu : et l’essence du feu est la volonté émanée, qui s’est inqualifiée par le désir, avec de telles qualités.

172. Ainsi on comprend dans la volonté émanée ignée les anges et les âmes, et dans la puissance sensible aiguisée de la lumière de l'unité l'esprit, où Dieu est manifeste, et est compris dans l'essence spirituelle, et il se sépare, dans le feu, deux royaumes, savoir : le royaume de la gloire de l’effluve de l’unité de Dieu, et le royaume des qualités de la nature éternelle, chacun en soimême, et ils demeurent cependant l’un dans l’autre, comme un seul.

173. Le royaume de la nature est en soi-même le grand ténèbre éternel, et le royaume de Dieu ou la gloire est la lumière. S. Jean, chap. 1, dit : la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. De même que le jour et la nuit demeurent l’un dans l’autre, et que cependant l’un n’est pas l’autre, de même aussi provient de

la qualité propre du feu la vie douloureuse ; si cette vie se détourne de la lumière éternelle, et s'inqualifie avec le réfléchissement, c’est-à-dire avec le soi-même des qualités, la vie du feu n’est qu'une imagination et une folie, comme les démons le sont devenus,et les âmes fausses le sont, comme on le voit, en descendant la colonne du n°. 4.

174. La cinquième qualité de la nature comprend maintenant le deuxième principe avec son fondement, c’est-à-dire l’essence de l’unité dans la puissance de la lumière, où l’unité émanée est un amour flamboyant,d'où s'originise le vrai esprit intelligent avec les cinq sens. Les trois premières formes ne sont que des qualités de la vie, la quatrième forme est la vie même, mais la cinquième est le vrai esprit ; quand la cinquième qualité est manifeste du feu, elle demeure dans toutes les autres, et les transmute toutes en son doux amour, en sorte qu'il n’y a plus ni douleur mi inimitié, de même que le jour change la nuit.

175. Dans ces quatre premières qualités la vie est semblable aux démons ; mais quand la puissance de la lumière, c’est-à-dire le deuxième principe, se manifeste dans les qualités, elle est un ange, et vit dans la puissance et dans la sainteté divines, comme on le voit au bas du n° 5.

176. La sixième qualité est l'intelligence, c'est-àle ton ou le son ; toutes les qualités étant dans la lumière en équilibre, elles se réjouissent, la puissance des cinq sens devient manifeste, et toutes les qualités se réjouissent ensemble l’une de l’autre,

et ainsi s’inqualifie l'amour de l’unité avec l’inqualification et avec le vouloir, avec la sensibilité la saisissabilité et la grandeur. Et ainsi il y a un contraire dans la nature éternelle, afin que des qualités s’originisent, où l’amour soit reconnu, et qu’il y ait quelque chose à aimer, où l'amour éternel de l’unité de Dieu ait à opérer, où se fassent les louanges de Dieu : car si les qualités de la vie sont pénétrées de la flamme de l'amour divin, elles louent le grand amour de Dieu, et elles se soumettent toutes de nouveau à l’unité de Dieu. Cette réjouissance et cette reconnaissance ne seraient pas manifestes dans l'unité, si la volonté éternelle ne s’inqualifiait pas avec des qualités douloureuses mobiles.

177. La septième qualité est l’essence, où toutes les autres qualités sont substantielles, où elles agissent toutes comme l’âme dans le corps, où l’on comprend la sagesse naturelle et aussi la sagesse essentielle de Dieu, c’est-à-dire le grand mystère du principe duquel est provenu le monde visible avec sa substance. |

178. On comprendra donc, par cette table, le monde occulte spirituel, c’est-à-dire la manifestation éternelle de Dieu, d’où les anges et les âmes des hommes tirent leur origine première; c’est pourquoi ils peuvent se tourner vers le mal ou vers le bien, car l’un et l’autre est dans leur centre : le monde spirituel n’est autre chose que le verbe manifesté de Dieu, il est d’éternité, et il demeurera en éternité, et on y comprend le ciel et l'enfer.

Explication de la seconde Table.

MacrocosMus.

179. Cette Table montre, comment le monde occulte spirituel s’est rendu visible, et s’est fait une réflection par l’exhalation, d’où les principes éternels sont découlés, et où les puissances sont en même temps devenues matérielles, car la nature externe n’est autre chose qu'un effluve ou une réverbération de la nature éternelle.

180. Les quatre élémens tirent leur origine des quatre premières qualités de la nature éternelle : c’est-à-dire la terre et la dureté de toutes les substances proviennent du désir ténébreux, où toutes les autres six qualités sont aussi devenues matérielles, comme on peut voir aux métaux et aux puissances de bonnes et de mauvaises qualités. Mais le désir ténébreux les a toutes coagulées, comme cela se fait encore aujourd’hui.

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