LETTRES DES ÉVÈQCES A CLÉMENT XIII. \M
religiosorum ordinum (absit verbo invidia) et addictissimos, et utilissimos : a quibus insuper et ego adha^ionem eidem SandœSeiliineam, quam, cum alii antistites minus fortiterse gesserint, palain non ita pridem, didici abjue hausi. Interea pcdcsSanctitatisTuæ clenuo provolutus cxosculor et apostolicam mihi afflictæque Hiberniæ bencdictionein demississime imploro.
Datum Kal. julii 1759.
Antoniüs, archiepiscopus Armacanus, lolius Hibemia; primas.
{Coll. V. G.)
Lettre de Raymond-Antoine de Strasoldo, êvèque d’Eichstadt, à Clément XIII.
Très-saint-père,
La renommée a déjà publié dans toute l’Allemagne les violentes persécutions que souffre dans le Portugal la compagnie de Jésus, cette compagnie si respectable et si digne de nos éloges : l’hérésie en triomphe, et elle applaudit à la manière tout à fait indigne dont on déchire la réputation de ce corps. Je n’en suis point étonné : tel est le partage des serviteurs de Dieu; de ceux surtout qui par état se sont toujoms proposé et se font encore un devoir essentiel de combattre l’enfer, l’hérésie et les vices, et s’opposent comme un mur de défense aux efforts que l’on fait contre la maison de Dieu, prêts à tout faire et à tout souffrir pour une si belle cause. Mais est-il un seul catholique, pourvu qu’il soit tel en effet et non pas de nom seulement, qui puisse voir sans indignation les nuages épais que des hommes ennemis de la lumière s’efforcent d’élever pour obscurcir l’éclat de cet astre brillant que Dieu a placé dans le finnament de son Église? je veux dire, cet amas nombreux de calomnies et d’injures qu’ils répandent pour ternir la gloire d’une compagnie, qui, per son zèle, sa doctrine et sa
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pi^W, comme par autant de rayons bienfaisants, éclaire tout l’univers. L’importance dont il est, pour la gloire de Dieu, pour le bien de l’Église et de la religion, de s’unir jwur préserver la compagnie d’un traitement si injurieux, avait depuis longtemps frappé les yeux de Votre Sainteté, qui, du haut du trône pontifical où elle est assise, veille avec une sollicitude vraiment paternelle à la garde de l’Église universelle confiée à ses soins. Ce qui s’est fait jusqu’à présent à Home par rapport aux affaires des jésuites ne permet aucunement d’en douter. Eh! comment, très-saint-père, ne prendriez-vous pas en main la cause d’une compagnie qui a toujours défendu avec tant de zèle, de vive voix, par écrit et au prix de son sang, les intérêts de Dieu, ceux de notre sainte religion et la primauté de PierreT J’en appelle sur cela au témoignage de l'Église romaine; j’en appelle à sa conduite constamment soutenue depuis sa première origine jusqu’à présent, conduite qui a toujours fait regarder ce zèle comme une marque distinctive de la compagnie. Touché des services importants qu’elle rend à l’Église, vous avez cru qu’il était de votre justice et de votre équité de vous en montrer le protecteur auprès des princes ecclésia,stiques et séculiers : les mêmes avantages rpie moii Eglise particulière d’Eichstadt recueille de cet institut, m’oblige également à m’intéresser en sa faveur auprès de Votre Sainteté. Je dois faire de ces hommes apostoliques tout le cas qu’ils méritent, et veiller de tout mon pouvoir à leur conservation; je le dois non-seulement à titre de reconnaissance, mais encore à cause des biens spirituels qu’ils procurent à mon diocèse, et du sou lagement qu’ils nous appoitenl en partageant avec nous, suivant que leur état le permet, les soins inse-parables de la dignité épiscopale. En effet, ils cultivent avec nn travail infatigable cette partie du champ du Seigneur ; ils prêchent, ils instruisent les ignorants, ils réfutent les hérétiques, ils ramènent dans la voie du salut ceux qui s’en sont écai tés, ils donnent en tout genre de science les preuves les plus éclatantes de leur habileté» Nommément la ville d'Eiohstadt, lien de ma
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résilience épiscopale, en fait l’heureuse expérience. Mais dans mon diocèse il n’y a point de ville où le zèle de ces pères s’exerce avec plus de fruit que dans la très-célèbre université d'Ingolstadt; ils y président en grande partie aux classes et aux études ils y enseignent les hautes sciences, et sont de plus chargésde l’administrationd’un séminaire destiné àl’éducation de la jeunesse. J'ai cru qu’il m'appartenait de présenter de très^ humbles supplications à Votre Sainteté, en faveur d’une compagnie si féconde en hommes apostoliques non-seulement dans ce diocèse, mais même dans l’Église universelle, pour qu’il lui plaise d’opposer à la fureur des vagues dont elle est assaillie, l’inébranlable appui de la chaire de Pierre. C’est pourquoi, avec le profond respect qui est dû au vicaire de Jésus-Clirist, je me recommande humblement moi-mémc, mon diocèse et cette compagnie à votre protection puissante. Je baise les pieds de Votre Sainteté, etc.
3 juillet 1759.
Rayhond-Antoine, évêque dCEichstadt. ( Coll. Lag.)
Lettre de l’Évêque de Jaën à Clément XIII.
Beatissime Pateb.
Cum non sine maguo dolore ac piorum luctu acceperim, quamplures in reiigiosissimum societatis Jesu corpus libellos spargi, quibus religio^rumhonorimpetiturdiscerpendus, et etiam a pluribus discerptus æstimatur ; cumque ipsorum silentium et patientiam ad summum usque fuerim admiratus, nefas credidi Sanctitati Vestræ nolum non facere, quanto mœrore hujiis religiosi onlinis indigna et jniseranda sors me simul cum omnibus veri et æqui æstimatoribus afliciat. Qua* proptcr muneris mihi impositi obligationi duxi Sanctitati Vestræ humiliter exponere, quœ et quanta præfata societas pro Christi fidelium propriaijuc ipsorum sociorum sainte in hac nostra diœcesi peragat, quantoque cum profeclu commissi
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1X)CCMESTS. CIIAP. III.
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mihi gregis laborct. Ipsorum sodulitatem in juventute, tunl christianis moribus tum litteris efformanda, scholæ freijuentissimæ et populorum concursus testantur : quod et in pluribu8 optiniæ sjK*i adolescentibus virisrjuc proveefissimis, societatis a priinis puorilibus elcmenti? ad ustfuc supremam Iheologiæ facultatcm alumnis ornatissimis, inihi licuit experiri. lndofes8US labor in confessionibus cxcipiendis prudontiarpie in animarum regimine, sine offensione ulla, et cnm magno nop- Irœ pa-storalis curæ levamine in bis vere piis rcligiosistjue hominibus non parum quiescentis, omnibus est in comperto. Missiones, qnibus per oppida nostræ diœoeseos quotannis excurmint, ita oppidanonum profeetu et ædificationc probantür ut , prætcrlabente anno , hujus ordinis viros adsciverim (Jui quatuor diœccsoos urbes, qnas inter fiiennium cpiscnpalis dignitatis sedes anpumeratur, inissionibus collustrarent, et votisrespondit eventiis : nam populorum mutatio inorumque cmendatio subsecuta satis ostciidit ipsiirum indefessum laborem, modestiam, doctrinam zelumque animarum fuisse Deo, mihi ovium saluti inbianti, ipsisque popularibus gratissiina; ut intérim taceam de ipsorum cura studioque pervigili tum in christiana doctrina riulilms tra lenda, tum in moribus per concioncs reformandis, tum in rarceribus pro incarc**ratorum bono tam spirituali quam corporali obtinendo, tum in œgrotantibus (juibiisciimi|ue ad bene inoriciidmn juvandis. Quæomnia Candis manifesta , simnl cnm honestissiinis inoribus quibus in riostræ diœceseos populis versantur, cos omnibus venerandos inihique adcri gralos etficiunt , ul jusiitiæ et a'quitatis debitum ccnsiierim , de iis Sîinctitalein Vestram certiorem fkeere, ne cum ab aliis viniversus ordo sat immfslicis ci'iminibus obrnitur, silentinm de mea*di(cCeseos sociis pro ralumniariim confessioncacCipiatur. Kaque, Saiiclissiine Pater, veritatis amore, cni rem nullnin nulluirtque rps|iedum præhabeiulum r^enseo, Sanctitatein Vestram enixe precor ut, pra cüra quam dCuniVei-sa gerit Ecclesia, favere dignetur illi ordini quem ideo iiÿustc calumniatum cj-edo, quia in illos ubique