LETTRES BES ÉVÊQUES A CLÉMENT XIII
similUmadecantentur. Hoc iinuin milii expecfandum a Sanctitate Vestra credo ut, sedata lempestate fra-naUique circuniquaque l'urentiuin impetu, in pristinuin debitumque honorein restituatur ordo, quem pro totius Ecclesiæ bono poufiliciaquc auctoritale fîimanda utilissimum censeo. — D. 0.. M. Sanctitaüs Vestræ vota vit,uni(ue ad universalis Ecclesiæ bonum fœcundet. Gienni, die 8* julii 1739.
F. Benebictus , episcop. Giennensis. {Coll, V. G.)
Lettre de Sigismond , prince-archevêque de Saltzbourg, à Clément XIII. ^
Très-saint-pére , ' ►
Les reproches calomnieux et diffamatoires dont on chofge les rcligieiu de la comjiagnic de Jésus, reproches dont l’univei-s entier retentit depuis quelque temps, ne sont point ignorés de Votre SainteU;. Tout le momie même sait assez que 'sa tendres.se paternelle en a été alarmée et qu’ils n’ont pas peu contribué à aggraver le pesant fardeau que lui cause le gouvernement suprême de l’Église univei'selle. Je n’ai donc garde de prétendre ixmvoir suggérer à Votre Sainteh- , dans une matière de cette iinjmrtance, rien qui ait pu échapper à la supériorité de s«'s lumites. Mais j’ai cru que ce serait manquer au devoir de la cliarge qui m’a été confiée par le saint-siège apostolique , <pie de refuser en aucune manière aux pères et aux religieux de la compagnie un témoignage que la régularité de leur omduite et les services signalés qu’ils ont rendus à l’Église, semblent exiger , et que l’exemple des autres évè* ques d’Allemagne m’apprend à leur rendre.
Mon diocèse, qui s’étend au loin dans les provinces d’Autriche, de Bavière , de Styrie, de Carinthie et du Tyrol, a de grandes obligations au zèle avec lequel cette compagnie s’applique à étendre la foi catholique, à soutenir les droits du saint-siège et A élever la jeunesse. Les fruits qu’il en retire deviennent chaque jour plus abondants; et quoique dans la
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principauté inèuie de Saltzlxiur^, il n’y ait point de collège ou de résidence des jésuites, mw sujets cependant ne sont pas sans y rece\oir de liès-grands avantages spirituels du séjour (ju’y tout de temps en temps quelques-uns de ces pÎTes. Leur zèle éclata surtout il y a queliiues années, dans ces temps de trouble, où des milliers île personnes de ce diocèse quittèrent la religion cafludique pour embrasse*!' la secte de Luther, sans qu’aucun remède pai-ùt assez tort yionr empêcher le progrès d’un si grand mal. Le bien qu’ils lirent alors l'ut immense; et ils continuèrent encore à en faire de très-grands dans ces missions où ils enseignent la doctrine chrétienne et l’exi«isent avec une méthode admirable et tout à fait propre à instruire.
Quelles funestes conséijuences, et pour cette compagnie, et même pour le bien commun des fidèles, n’y aurait-il donc pas à craindre de ces bruits funestes qui, du Portugal , se répandent dans tout l’univers, si cette compagnie ne trouvait un abri dans le sein paternel et la protection de Votre Sainteté ; et si, pour des fautes étrangères, pour des fautes qui, s’il est vrai qu’elles aient jamais existé, n’ont été apnès tout que les fautes de quelques particuliei-s, un corps respectable de religieux avantageux l’Kglisc, et dont l’institut excite à tout ce qui peut servir daxanhige au salut des Ames, fournissait, par une plus longue oppression, matière de triomphe aux hérétiques, et devenait pour les fidèles mêmes un sujet de scandale?
Tels sont, très-saint-père , les motifs ijuj m’ont enhardi à présenter A Votre Sainti*té mes faibles prières en faveur des religieux de la cqmi>agnie de Jésus, et A solliciter pour eux sa puissante protection avec un resjiect filial et la soumission la plus profonde. C’est dans ces sentiments et ceux d’une dévotion affectueuse que jô baise constamment ses pieds sacrés, etc.
Siuisiio.ND, archevêque de üaltzbowg , primat d’Allemagne. i6 juillet 1739.
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Réponse de Clément XIII à l’archevêque de Saltzbowq.
Vénérable frère, salut et bénédiction’ apostolique.
Plact- sans l’avoir mérité sur le siège apostolique, d’où, comme d’uii lieu élevé , nous devons sans cesse veiller à la gaitle du troupeau de Jésus-Christ, nous ne cesserons de fa\oriser et de protéger de tout notre pouvoir les amateurs de la justice et de la vérité, ceux surtout tjui, étant revêtus du sacerdoce, n’ont d’autre soif que celle du salut des àrnes, et s’appliquent sans relâche à étendre le culte divin en esprit et en vérité ; afin que ceux qui sont saints par tant <le titres soient ti’aités de tout le monde avec le respect dû à la sainteté de leur caractère et de leur personne. C’est pourquoi , si les prêtres de la comjwignie de Jésus, que Votre Fraternité nous recommande si afTectueuseinent, suivant les engagements de leur profession , s’attachent inviolablement à l’institut (|u’ils ont reçu de lem’ saint fondateur , s’ils observent avec soin la pauvreté religieuse; si , par leurs prédications et leurs travaux , ils s’efforcent d’allumer le feu céleste de la charité envers Dieu et le prochain, non-seulement ils n’ont aucun sujet de douter de notre protection , mais ce qui doit surtout exciter leur confiance , ils doivent se tenir assurés de l’assistance de Dieu même.
Le Dieu que nous servons est juste; il est plein de douc-eur et de véracité, il dispose tout dans sa miséricorde; si donc , avec l’humble soumission que tout chrétien doit avoir, nous adorons en silence la profondeur de ses jugements et l’inscrutabilité de ses voies, il nous manifestera quelque jour la grandeur de sa puissance, et nous montrera à découvert quels fruits il prétend tirer , pour sa plus grande gloire, des choses qui paraissent lui être le plus coutrau’es. En attendant nous acconlons, avec les sentiments de l’amour le plus vif, à Votre
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Fraternité et à tout le troupeau (|ui lui est confié, notre liéiié diction aiiostolique.
Donne à Rome , à .Sainte-Marie-Majeure , le G des calendes de septembre de l'année 1759. (Coll. V. G.)
Lettre de Joachim Castelli, évêque de Céfalu, à Clément XIII.
Santissimo e beatissimo Padbe ,
Per compire al mio dovere mi présente npieilidi V. Santità per darle conto di medietà délia inia diocesi, dopo che coU’ {ÿulo divino hoquella visita. Con suinino mio compiacimente, teovai le cliiese piii decenti e meglio ornafe délia trascorsa visita, fatia nell’ aniio 17.50. I loro rendoli posti in bilancio, i conti lien tenuti, i legati pii, si perpelui clie mamiali soddisfatti, seconde l’esatto de’ medesimi faite, e tutt’ altro, che concerne alla loro buoiia amministrazione, poste in buoii sistcma. In quaiito poi alla disciplina del ceto ecclesiastico c de’ secolari, sia per consolazione di V’. Santità, tutte ^■a liene : poichè mediante le mie fatiche e dei padri délia compagnià di Gesu, quali ho fatto girare per la diocesi, c col loro fervore ed esenaplaritù, le missioni ed esercizj di S. Ignazio hanno reso le anime ben instrutte nel catechismo, frcquenti ne’sacramenti, amanti délia parola divina c inolto morigerate, e col timoré di Dio. Devo moite a’ riferiti Padri poichè, col loro fervoroso zelo ed esemplare condotta, lianno ritirato dal male, e fatto [lerseverare le anime nel Inme spirituale. Anzi ho avuto la sorte, che, se le altre diocesi, anzi il regno tutto, moite deve alla compagnià di Gesù, io pero piü d’ogni altro le sono obligato per il profitto, che han da loro ricavate le anime alla mia cura commesse, e consomme compiacimente godod’esscrvinella città di Polizzi, mia diocesi, un collcgio, che fa moite bene, si nellü spirituale che nellalitteratura. Quindi umilio tutto alla Santità Vostiapcr implorarne la benedizionc, si a pro di queste
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mie pecore, che per me ; giacchè con pieno ossequio a suoi santissimi pi«>(li m’ inchino.
Cefalù, 21 luglio 17S9.
Gioacchino Castelli, vescovo di Cefalù. {Coll. Lar/.)
Lettre de l’évêque de Malaga à Clement XI U, Sanctissime Pater,
Quanto timoré ad sanctissimos Sanctitatis Vestra* peiles provoliitus acceilam, scit ipse Üeus, quem in Vobis nt in unico visibili capite totiiis Ecclesiæ militantis timere dobemus omnes orlhodoxi ; seil ut andeam non tam suadet qiiam impellit dolor ipse, qui ni fallor, tangit etiam et non leviter pupillam oculi vestri. Pro roligiosis societatis Jesu palienfibus in Lusitaniæ regno, imo pro iiniversidi sua religione, graviter hisce difTicillimis temporibus aftlictis eCFundere humillimas preres meas suscepi ; sed quid polissimum precari delieam pene dubito. Nam sicut tentare aliquid prece, ^el quovis alio modo contra justitiam injustum est, sic pro justitia multum latxirare apud ezimium justitiæ amatorem, superfluum Ast. Venim et, si quid orcm sicut oportet nescio, scio tamen supereminentem prudentiam Sanctitatis Vestræ, confidotjiic in manu vestra valida et forti, propulsandas quascumque in sollicita discussione hujusmodi causarum invenerit injurias, calumiiiasque malignantium, quibus impetitur hoc propugnaculum iidei, hæc sapientiæ domus ædificata a Deo, ministerio sancti Ignatii de Loyola ad conterendos Ecclesiæ suæ hostes, Lutherum, Calvinum, alio8<iuo sectarios quorum venenum sicut aspidum adhuc spumat sub labiis sequacium illorum.
Quo lahore, et quo fructu insudaveriiit biveri jesuitœ, hi fortissimi Christi athletæ in dcfendendo illiiis pusilluiu gregein ab illis mortiferis morsibus, quibus ut rabidi canes trucidare deglutireque ilium desiderant illi miserrimi a vera flde aberrantes, ita notum est toto orbi cbristianp ut pulla commanda-
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tione indigeat. Sed quia quod viget in pluribus, noq esset mi. rum si in paucis dcficeret, non erit inoongruum meo pastorali muneri deponere de Jesuilis hujus provinciæ Bœticæ, annuntiareque Sanctitati Vestræquod vidi, quml ÿudivi, quod manus meæ conlrecfaverunt circa fulgorem quo splendet suum sacrum institutum in moribus eoriun.
In bis omnibus, Lam respective ad communitates quam ad illarum individua nihil notatur alienum a perfeetione religiosi sui status , e contra vero plures micantur in mediis quibus enixe utuntur ad illam assequendam, nimis adstricti suis statutis. Eteniin ultra exactemi ohservationem substantialium votorum, nihil vel minimum prætermittunt eorumquæ ordinantur tum ad sui perfectam abiiegationem in omnibus et per omnia , cum ad internam animi de\ olionem , et puritatem cordis , ut est quotidiana spiritualis lectio, meditatio, oratio , et contemplatio, quotidiana item conscientise examinatio, institutio et consultatin de rebus spiritualibus; per quæ omnia pluraque alia media conantur continua manuduci ad ilium apicem spiritualis incrementi in quo consistit cssentialiter ipsa perfectio.
Non solum suæ propriæ perfection! incumbunt , sed eliam saluti proximorum ; idque sedulo expe<liunt per omnia ministeria sacra ({uæ ad purgandas , illuminandas et periiciendas animas utilia sunt. In sacramentorum administratione , pnesertim eucharistiœ et pœnitentiæ, ju^andoque fidcles extremo raorbo lalwrantes ad pie fidelitcrque morieudum indeficientes sunt quüliliet tempore, iqualüjet hora, sine distinctione diei vel noctis, frigoris vel æstus, sine ulloque respectu ad propriam naturalem comino<litatem. Eodem modo sunt infatigabiles in prædicando verbum Dei, tum in privatis, tum in publiais plateis , tradenrlo pueris et nidioribus hominibus omnia rudimenta fidei, exhortandoqiie omnes ad rectam morum institutionem juxta unius cujusque statum et conditionem , ad quod etiam non paiaun eonferunl privata consilia in (juibus innumeræ personæ , variusque sexus inveniunt
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secura et pura dofçmata adslabiliendam normam vitœ et viœ illius quæ ducit ad vitain.
Denique iiihil oinittunt in nlia parte sui mnnerisquæ tendit ad doceudum proxiinos ; et in publieis aulis, initiuin gumendo a pueritia, linguarum, præcipue latinæ coKiiilinneque hunionioi'uin litteraruni qiias tradunt in gnulii non vulgari, pmgrediendoque per pliilosophiam ascendunt ad sacram theologiam enuliendam in tribus suis partibus, videlicet j>ositiva, scbolastica et morali, in quaruin lecfionibus nulla opinamenla, nulla systeraata priHlunt, quæ non sint valde iniiixa vero et legitimo sensu sacra* Scripturæ, doctrina SS. Patrum communirpic Ecclesiæ acceptione, nec non deliila Sedi Apostolicœ obedientia et roverentia.
Hæc oinnia, ut narravi, plui-aque alia, quæ brevitatis causa præterinitto, ex quo ivfulsit in me rationis, usiis per inemetip- Bum experlus sum in ci\itate (jranatensi , lelici ortus niei solo, in quo iiausi ab lloc pereuni sapientiæ tonte quantum potuit capeiæ liinilatio intellectus niei; idipsiun expertus suin per quainpluies posteriores annus in eadeui civiUite iu cujiis Ecclesia cathedrali olitinui canonicatura lectoralein et dignltatem abliatiœ Sanctæ Fidei : hoc ipsum clarius attingo in bac civitate Malacitana ejustjue diœcesi, pro cujus spirituali regimine indignis humeris meis imposito non meiliocre levamen afiemnt hi sapienlissimi viri religiosi, qui quidem, quantum ex se est, nullam occasionem baetenus præbuerunt in bis regionibus nec prœbent ut minus idoueum videatur illud numcpiam satis commendatum stemma, quo SS““ Papa Clemens Vlll decoravit totam religionem societatis Jesuexclamando, illam esse brachium dexlrum Sedis Apottolicw.
Hoc bracldum non debilius sed fortius evadet a præsenli calamitate, si clementia vestra, Sanctissime Pater, protegat illud sub magna umbra alaioim vestrarum a conlradictione linguarum, et a facie iinpiorum qui illud alUigunt.
Quaproptcr impetratio hujus validissimæ protectionis est scopus ad quem tendiUuec humillima mea postuiatio, quam
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iiâ
débita revereutia proslerao ante sanctissimos pedes Sanotitatis Veptræ, levando simul nianuB meas ad mandata vestra, qnœ dilexi et nimis diligo. — ü. O. M. servet incolumem vitam Beatitudinis Vestræ per quam plures annos ad roboramlam, ampliandamque Ecclesiam oatholicam, nec non ad debellandas aereas potestates, quæ illam infestant ut in meis humillimis orationibus incessanter rogo.
.31 julii 17.39.
JosEPHi's, Episcopus Malacitanta. {Coll. V. G.)
Lettre du cardinal Itovero , archevêque de Turin ,
« Clément XIII,
Tbès-saint-père ,
Encouragé par les marques singulières de bienveillance dont Votre Sainteté m’a souvent honoré, et en particulier par cette attention favorable qu’elle a bien voulu m’accorder, toutes les fois que j’ai eu- le bonheur de me prosterner -à ses pieds et d’exposer à ses yeux les sentiments les plus intimes de mon cœur ; j’ose en attendre encore la même faveur, aujourd’hui qu’avec la même confiance en ses bontés, je viens décharger dans son sein l’affliction dont je suis accablé. 11 y a déjà longtemps que je suis vivement alarmé des bruits qui viennent de tous côtés de la violente et scandaleuse persécution que la compagnie de Jésus a soulTerte de la fureur de quelques hommes pervers, qui, emportés p>ar l’esprit d’envie, mettent en œuvre tous les détoiu^ et les ruses de l’artifice , pmir décréditer cet onlre religieux, soit en tournant en ridicule le bien qu’ils ne peuvent lui contester, soit en forgeant les calomnies les plus affreuses pour détruire la réputation de ses membres, et lui enlever à lui-même, s’il était possible , son existence. Je ne puis cacher l'jntérêt que je prends aux affaires des jésuites dans les conjonctures déplorables où ils se trouvent ; mais je m’intéresse encore davan»