‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 22 sur 89 · LETTRES DES ÉTÊQUES A CLÉMENT XIII · texte numérisé non relu

LETTRES DES ÉTÊQUES A CLÉMENT XIII

tage à oe qui regarde l’Église et la leligion catholiqué. Les dangers qui les menacent deviennent de jour en jour plus pressants et se multiplient à proportion que les ennemis de la compagnie réussissent dans leurs projets , et qu’on les laisse impunément se livrer à toute sorte d’excès contre elle. On découvre aisément quel est leur i)ut en attaquant oetta compagnie ; ils ne veulent rien moins que saper les fondements de notre sainte religion : les principes mêmes sur lesquels ils s’appuient, les moyens qu’ils emploient le démontrent clairement , et les siècles passés fournissent divers exemples qui ne confirment que trop la vérité de ce jugement. Le zèle qu’ils affectent pour la pureté de la paorale n’est qu’un voile dont ils se servent pour eouvrir leurs véntables intentions , mais sous queltpie jour qu’ils le présentent , ils laissent toujours entrevoir quel est leur dessein, l^ur malice se trahit ellemême quand, par une sévérité outrée, ils tâchent d’appesantir le joug de Jésus-Christ et de le rendre insupportable. Ils ne représentent Dieu comme un tyran , et ses lois comme les commandements d’un mattae impitoyable , qu’afin que les hommes se portent plus aisément à secouer tout à fait le joug de la dépendance , et le respect qu’ils doivent à la sainteté de notre foi et à ses ministres. Les jésuitasau contraire ont toujours cultivé sans relâche la vigne du Seigneur, ils ont veillé constanunent à la garde et à la défense du sacré dépêt de la foi, ils se sont opposés avec courage aux efforts de ceux qui l’ont attaquée, et n’ont rien omis pour empêcher le progrès de cette horrible machination qui se prépare depuis longtemps contre elle. Voilà l’unique cause véritable des maux que souffre la compagnie; c’est pour cela qu’elle est devenue le jouet des méchants qui se réjouissent de la voir ainsi opprimée et réduite dans une situation où elle se voit chaque jour à la veille d’être accablée de maux, et plus pesants et en plus grand nombre, qui sont prêts à fondre sur eHe de tous cêtés, parce que, de tous côtés, le nombre des gens sans foi et sans équité est grand , qu’on saisit avec adresse tout# sorte dp prétraté pour diminuer son

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DOCOfENTS. CHAP. III.

crédit et hâter sa ruine. Ces membres désolés n’ont à opposer à la violence de cette persécution que la sincérité et la solidité de leur vertu et leur ferme conflanoe dans la bonté divine, dont ils espèrent éprouver l’assistance par le moyen de la protection puissante et attentive de Votre Sainteté. Parmi les bientaits <jue j ’ai reçus du Seigneur, pour l’honneur de qui je suis prêt à faire le sacrifice de ma \ ie , je compte le zèle anient qu’il m’inspire dans la cause présente des jésuites, qui n’est autre , en effet , que la cause commune de l’Église de Dieu. Ce zèle est aussi en partie excité par la reconnaissance. Depuis le grand nombre d’années que je suis dans l’épisciv pat, j’ai reçu de grands secours de religieux également savants et pieux , en qui la science et la piété, ainsi cpie la prudence , sont parfaitement réunies. Je n’ai point de paroles qui puissent exprimer la, satisfaction que j’ai reçue de leurs travaux ; je suis assuré que le peuple confié à mes soins en a toujoiire recueilli, en recueille encore à présent et en recueillera toujours les fruits les plus abondants, et cette assurance fait que je me regarde comme obligé de recommander, avec toute l’instance possible, cette compagnie aux soins paternels de Votre Sainteté, qui saura se prévaloir de son autorité suprême dans l’Église de Dieu , pour réprimer la rage effrénée des non-croyants et des libertins , qui sont les principaux et les plus implacabli‘8 ennemis des jésuites. Votre Sainteté préviendra par là la ruine d’im ordre très-utile, et lui donnera l’occasion de faire éclater de plus en plus cette innocence que l’on a si indignement et si iiÿusteinent décriée. Pénétré de la plus pi'ofonde vénération pour Votre Sainteté, je me prosterne devant elle pour baiser ses pieds sacrés; et je suis, etc.

A Turin, le f" août 17.")9.

Jean-Baftute, cardinal Rovehû, archev. de Turin.

. • . (Cfdl.V.G.)

LET^I^ DES tvtQXTSS A CLÉMENT Xltl.

Lettre de Jem-François de MontUlet, ardteüèque d’Auch, ri Clénent XIJl.

Très-saint-pèbe,

De nouveaux orages se joignent à ceux dont l’Église est si tristement agitée ; depuis longtemps attaquée avec audaoe , elle a maintenant la douleur de voir ses défenseurs les plus sélés être en butte à toutes sortes de calomnies et d’outrages. C’est l’affligeant spectacle tpie présente à ses yeux , dans la cruelle persécution qui vient de s’élever , la compagnie de Jésus, compagnie qui nous est infiniment chère , en qui nous ne trouvons rien de répréhensible, et que nous jugeons au contraire recommandable à tous égards, il nous parait absolument nécessaire de remédier promptement à un si grand mal; et nous regardons comme un des principaux objets de notre sollicitude le soin de protéger et de défendre de toute l’étendue de notee pouvoir les pères de cette compagnie, qui, en qualité de ministres du Seigneur persécutés , réclament une part singulière à votre bienveillance. Mais comme la persécution n’est point ressen-ée dans les bornes de la France ou du Portugal , et qu’il n’y a point de lieu où elle ne fasse ressentir ses cruels efforts, nous venons, excité par notre amour pour la religion, présenter nos humbles prières à Votre Sainteté , implorer sa protection puissante, et la conjurer de faire parler en faveur de ces pères cette autorité apostolique qui n’appartient qu’au chef de l’Église, ou de leur donner au moins quelque preuve éclatante de sa charité paternelle , qui les venge des attaques de leurs ennemis. Mais peut-on cependant ne pas les plaindre et voir leurs souffrances sans en être ému de compassion, quoique euxmêmes s’en félicitent et se réjouissent d’éti'e traités de la sorte pour le nom de Jésus? Tl est donc jiiiste et raisonnable que les successeurs des apôtres , et les représentants de Jésus-Christ sur la terre, se déclarent les protecteurs de ceux que toute la

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