‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 23 sur 89 · X>CCX£NTS. CHAP. III · texte numérisé non relu

X>CCX£NTS. CHAP. III

république chrétienne s’accorde à regarder comme les ou* vriers les plus propres à exercer les fonctions de zèle et de piété, et qu’elle trouve toujours disposés à s’en acquitter avec joie et promptitude. Pour nous, nous leur rendons devant Dieu ce témoignage , que leur rendent également tous les évêques de France, qui, autant que j’en puis juger, n’ont point sim cela une façon de penser dilTérente de la nètre; qu’ils travaillent avec tant d’ardeur à procurer la gloire de Dieu et la propagation de la foi , qu’on ne peut jamais assez louer le vif attachement qu’ils montrent et pour nous et pour le siège apostolique. J’omets à dessein un nombre infini de traits qui font partie de leur éloge. Qu’il me soit seulement permis de rappeler ici le travail et l’adresse avec lesquels ils s’appliquent si heureusement à instruire dans les belleslettres et à former à la piété la jeunesse qui leur est confiée ; le succès qui les accompagne dans les missions, dans les retraites, dans l’administration des sacrements; emplois infiniment salutaires à notre troupi’au, <pii y apprend à connaître ce qu’il y a de plus excellent dans les mœurs et à régler sa conduite sur les plus pures maximes de l’Évangile. Mais ce qui nous touche encore davantage et apporte à la religion le plus d’utilité, c’est le soin qu’ils ont d’élever les jeunes ecclésiastiques, dans le séminaire qui leur est confié, et de leur inspirer des mœurs si conformes à leur état , et une doctrine si saine, que même dans ces temps malheureux, on n’en a vu aucun s’écarter des sentiments de l’Église , et que tandis que ces erreurs prosc'rites par les décrets apostoliques , ne laissaient pas néanmoins de se glisser et de se répandre en d’autres pays, elles n’ont jamais pu pénétrer dans celui-ci. Nous attribuons un bienfait si signalé aux mœurs exemplaires de la compagnie de Jésus , à la pureté de sa doctrine et à son zèle ardent pour la gloire de Dieu ; et c’est surtout ce qui nous donne la plus haute idée de sa piété. Qu’il me soit donc permis de conjurer humblement œt respectueusement Votre Sainteté d’apporter , par sen zèle et son affection paternelle ,

LETTRES DES ËVÊOCES A CLÉMENT XIII. loi

quelque soulagement aux maux excessifs que souffrent des ouvriers si recommandables dans la vigne du Seigneur. Leur singulier attachement pour le siège apostolique, leur humble et constante soumission aux légitimes pasteurs de l’Ëglise , leur travail infatigable à étendre la foi, le zèle avec lerpiel ils s’opposent à tous les hérétiques , et surtout à ceux de notre siècle qui sont moins les ennemis de la compagnie que ceux de l’Église elle-méine ; toutes ces vertus, dis-je, les rendent dignes de votre protection ; comme c’est aussi ce qui irrite davantage leurs ennemis, ce qui fait tout leur crime, et ce qui a attiré sur eux tous les maux dont ils sont accablés. Ces considérations excitent ma confiance , et me font espérer que Votre Sainteté ne tardera pas, comme j’ose encore la supplier, de leur faire sentir les effets de sa protection.

Je vous demande eu même temps pour moi votre bénédiction paternelle.

A Auch, 17 août 1759.

Jean-François, arch. (T Auch. ( Colf. V. G. )

Lettre de r archevêque d’ALc à Clément XIII.

Thés-saint-pêre ,

Il SC répand journellement divers écrits, dont plusieurs mêmes sont imprimés, dans lesquels les jésuites sont dépeints avec les plus noires couleurs. Quelques-uns de ces écrits osent insinuer (jue Votre Sainteté pense que les pères sont coupables de plusieurs exc.ès dont on les accuse ; et si ces accusations étaient bien fondées, il faudrait convenir que ceux d’entre ces religieux qui seraient convaincus devant les tribunaux mériteraient une juste indignation et une punition exemplaire. Mais, dans la supposition que quelques-uns d’entre eux fussent criminels , ce que l’on ne doit pas facilement pré-

DOCUMENTS. CHAF. III.

sumer, serait- il juste que leurs fautes, leurs exct'*s, leurs crimes mêmes fussent imputés à un corps qui a si bien mérité (le riîglise, et qui contient un grand nombre de sujets distingués par leurs talents, leui’s vertus et leur zèle? et l’équité n’exigerait-elle pas (jue le corps de religieux fût protégé, ainsi que devrait l’être tout corps de rtdigieux d’un autre onlre, <|ui se tiouverait dans un semblable cas?

Pour moi, tn*s-saint-|)ère, depuis trtmte ans que, par la disposition de la Providence, je suis chargé de l’administration de ce diocèse, j’ai toujours vu les pères de la compagnie de Jésus travailler avec zidc à la sanctification des âmes; aucun d’entre eux ne m’a jamais donné lieu de soupçonner ni sa foi , ni ses mœurs ; ils viennent tout récemment de faire dans cette ville-ci une mission, qui est l'oiidf-e. Je ciaignais, et ils le craignaient aussi, ipie, dans les circonstances présemtes, elle n’eût aucun succès; cependant, par un effet delà miséricorde en laquelle nous avons mis notre confiance , et malgré les efforts des ennemis de l’Pglise et des peiTsinncs animées contre leur société , cette mission a réussi au delà de nos espérances.

J’ose vous représenter, trf*s-saint-père , que le corps de ces religieux mérite que Votre Sainteb: daigne l’honorer d’une protection spéciale, dans un temps surtout où la pliqiart des personnes ouvertement déchaînées conlre lui le sont aussi contre l’autorité de l’Église. Car, quoique une liaison particulière avec les jésuites ne soit nullement m-cessaire, pourvu que , ainsi qu’on doit en user à l’égard de tous les ordres religieux , on respecte le corps , on acconle son estime à ceux des membres qui sont estimables et qu’on conserve la charité pour tous; il n’est (|uc trop vrai en France, que presque tous les réfractaires contre l'autorité de l'Église, U'moignent haïr spécialement les jésuites, et que la plupart des personnes (jui sont acharnées contre ces religieux , en violant comme elles font les lois de la charité , se rendent en même temps sus-

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