AFFAIRES RE FRANCE
.Volnmus autem hoo præseiis decietum omnibus nosiris innotescere et a sipgulis proviucialilMis in sua proA incia pro> mulgari.
Formule d'approbation proposée au Général sur la déclaration faite par les jésuites de France.
Ego pnppositus generalis sociefatis Jesu censeo rectum et asquuin esse ut hæc déclarai io , quam nostræ societatis hominés in Gallia degentes subscripsere , fidcHter ab omnibus in praxi teneatur
Ijettre du provincial des jésuites à M. de Flesselles,
(30 septembre 176 t.)
Monsieur ,
Permettez-moi de vous représenter que dans le décret qui doit être envoyé aü père général , le mot sentire doit être retranché, parce que nul général d’ordre n’a droit sur les pensées, et que ce droit est réservé à l’Église universelle, à qui seule il appartient de commander les sentiments intérieurs; tout le reste subsistera et passera, à ce que je crois , sans ce mot; ce mot seul rendrait le décret défectueux et sans force ‘ ’
J’ai l’honneur d’être avec respect.
Signé E. De la Croix , provincial. S. J.
I Le iiéDéral de la rompagnio de Jésus refusa de donner son approbation i la déclaration des Jésuites de France, comme il arait refuse de publier le nouveau décret, inlerprélalif de celui d'Aquariva. M.dc Flesselles ayant rendu compte devant le conseil de Lonis XV de cette aflaire , et ayant exposé ce double refus du général ; a Tous les ministres, ajoute-t-il dans sa relation, en paruranl vivement frappés. Et ce fut alors que M. le dur de Choiseul ne put s'empêcher de s'écrier ; « Les jésuites peuvent devenir ce a qu'ils voudront , ils sont indignes des bontés du roy. >>
* Cette observation sur le mot eentire, tenir, croire, penjcr, s’applique aussi au projet de la déclaration sur les quatre articles tel qu'il fut proposé aux jésuites; ceux-ci refusèrent de le signer tant qu'il renfermerait ces
DOCl'ÏENTS. CHAP. IV,
Relation de M. de Flesselles (suite)
Ayant fait aux jésuites les reproches les plus vils sur le retranchement du mot sentire, le provincial, accompagné de trois jésuites, m’apporta les observations suivantes sur la nature et les bornes de l’autorité des supérieurs en matière de doctrine.
Observations ou mémoire des pères jésuites.
1" Le vécu d’obéissance (|u’on fait faire aux religieux est le même p.vr sa nature et son objet dans tous les ordres religieux sans exception.
Le religieux y renonce à sa propre volonté et la soumet à celle des supérieurs (|u’il choisit pour maîtres et guides de sa conduite dans la recherche de la perfection évangélique.
La pratique de ce renoncement à sa propre volonté, et de cet assujettissement à celle il’autrui, eSt différente, selon la diversité des luis et des constitutions particulières de chaque ordre : mais ijue le détail de ce renoncement soit réglé par une personne, ou (ju’il le. soit par une assemblée do vingt ou de cent personnes, l’assujettissement et la dépendance du particulier sont toujours des nu'mes, et l’autorité de celui qui le gouvernerait seul n’en serait pas supérieure à celle qu’aurait sur la conduite de ce même partieuher une assemblée de vingt ou, de cent personnes; comme dans un État l’autorité souveraine est toujours la même dans son fonds , dans
mots : qu'ils tiennent, ils tiendront, c’csl-à-diro qu'ils penseront , qu'ils adhéreront, A’esprit ou de coeur, etc. Le mol (pt'ih tiennent (ut rclnniché comme on le verra plus bas dans la déclaration signée par les Jésuites de Paris , et remplacé par ce seul mot : nous enseignerons ( extérieurement), ce qui est bien durèrent et peut, surtout comme dans le cas présent de violence exercée, exclure l'adbésion intérieure.
> Voir aux pièces justificatives de rouvrage n» V, p. 616, un extrait de celle relation. Il faut remarquer ici que le texte de la relation lui-méroe est entrecoupé par les pièces qui y sont insérées.
Digitizeelby C-