‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 46 sur 89 · ÉLECTION PE CLÉMENT XIV. 36S · texte numérisé non relu

ÉLECTION PE CLÉMENT XIV. 36S

Sa Majesté et Leurs Majestés catholique et sicilienne concertèrent entre elles le plan de la conduite uniforme à tenir de leur part pour obtenir du pape la réparation éclatante qu’elles avaient droit d’en exiger; elles tirent adresser, en conséquence , leurs instructions et leiu^ ordres à leurs ministres auprès du saint-siège; et MM. les cardinaux de Luynes et de Bemis seront exactement informés par le marquis d’Aubeterre , ambassadeur du roi à Rome , de tout ce qui s’est passé successivement sur cette affaire et de la situation où elle se trouve actuellement.

On joindra seulement ici , sous le n’ t , une copie de cinq conditions dont les trois souverains ont fait dépendre leur réconciliation avec la cour romaine ; et, sous le n" 2, les copies des mémoires que Leurs Majestés ont fait remettre en dernier lieu au feu pape , pour demander l’abolition absolue et totale de la société des jésuites.

C’est dans ces circonstances que MM. les cardinaux de Luynes et de Bemis vont se rendre au conclave , pour concourir par leur suffrage à l’élection du successeur de Clément XIII.

Dans toutes les occasions qui se présenteront, et elles seront fréquentes et journalières , de s’expliquer avec les autres membres du sacré collège sur les dispositions du roi au sujet des moyens à imaginer et des mesures à prendre pour parvenir à un accommodement entre Sa Majesté et la cour de Rome, MM. les canlinaux de Luynes et de Bemis déclareront que les intentions du roi, qui lui sont communes avec les rois d’Espagne et de Naples, n’ont jamais varié, et que Leurs Majestés s’en tiendront constamment aux conditions qu’elles ont proposées, et dont elles sont bien déterminées à ne pas se départir.

Parmi ces conditions , il y en a une qui intéresse directement la France , et qui concerne la ville et le comtat d’Avignon, dont le roi s’est mis en possession, et que Sa Majesté a résolu de réunir à perpétuité à sa couronne.

lX>CrUE!CT3. CHAP. VII.

Tout ce qu’on vient d’exposer dans ce mémoire fera aisément juger à MM. les cardinaux de Luynes et de Bemis qu’ils doivent parler et agir dans une parfaite conformité de principes, de sentiments et de vues avec les cardinaux espagnols et siciliens, qui auront, de leur côté, les ordres les plus formels de leurs cours respectives, de se conduire de concert, soit conjointement, soit séparément , et dans la plus intime confiance, avec les cardinaux français, non-seulement par rapport aux objets dont on a parlé ci-dessus, mais aussi relativement au choix du prélat qui doit remplacer Clément XIII.

Le roi n’a point jiersonnellement de plan formé , soit pour porter sur le trône pontifical, soit pour en exclure tel ou tel membre du sacré collège. Sa Majesté désire même de ne se point trouver dans la nécessité de donner à quelqu’un d’entre eux une exclusion authentique.

U y a cependant un cas où il faudrait encore en user, et ce serait celui où MM. les cardinaux de Luynes et de Bemis auraient lieu de penser que les voix nécessaires pour élire un pape pourraient se réunir en faveur d’un sujet dont les préjugés personnels, les affections particulières, et un zèle aveugle et imprudent ne pourraient que rendre son administration dangereuse, et peut-être pernicieuse et fatale à la religion et à la tranquillité des États catholiques. De ce nombre sont les caivlinaux Torregiani, Boschi , Buonaccorsi et Castelli.

Les vœux sincères et constants du roi sont que la barque de saint Pierre soit confiée à un pilote assez éclairé pour sentir la nécessité dont il est, que le chef de l’Église entretienne la plus parfaite correspondance avec tous les souverains qui professent la foi romaine , et assez sage pour éviter toute démarche inconsidérée d’un zèle indiscret et outré, et pour diriger sa conduite par les règles de modération, de pnidence et de douceur qui sont également conformes à la religion divine et à la politique humaine.

Le roi d’Lspagne et sûrement la cour de Naples désirent

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