‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 55 sur 89 · TRAVAUX DR LA COMTAGNIE CB JÉSUS · texte numérisé non relu

TRAVAUX DR LA COMTAGNIE CB JÉSUS

Mexique, qui ne tardera pas à ^tr*i traduite en anglais, en allemand et en danois. Le P. Martin Dobrizhoffer , de missionnaire des Abipons et (les autres peuplades du Paraguay , en devenait le géogiaphe et rhistorieu ; il composait son Histoire si estimtie des Abipons , traduite aussi dans plusieurs de nos langues européennes.

En Chine , l’institut d’Ignace envoya , jusqu’à son dernier jour, non-seulement des apôtres, mais encore des savants du premier ordre. La génération des Parrenin et des Verbiest n’était pas éteinte; elle avait de dignes reprt'-sentants dans la personne des PP. Gibot , de Mailla , de Uallerstein, Michel Benoit, Amyot.

a Martial Cibot, dit l’abbé Maynard*, auquel toutes les sciences , astronomie , langues , hisk)ire , mécanique, agriculture, botanique, étaient familières; Amyot, non moins savtmt que son confrère, qu’il aida à recueillir les nombreux renseignements qu'il a publiés sur la Chine’ ; Joseph de Mailla, si versé dans la science , les arts , la littérature , la langue des Chinois, qu’il étonnait les lettrés eux-mémes; Michel Benoit, astronome , mathématicien et physicien, qui, pour mi.eux se concilier, en vue de la religion , la faveur de l’empereur, devina l’hydraulique et s’improvisa graveur; » le P. deHallers-

• Des Études et de l'Enseignement des jésuites à l'époque de leur suppression (1751-1773), p. 188. — Le P. Cibot était arrivé au Céleste Empire vers l'époque où ses frères de France étaient si cruellement proscrits; il Tut bientôt suivi, entre autres, des PP. de Vontavon, ên 1768; Bourfreois, dernier supérieur de la mission dés jésuites français à Pékin ; de Méricourt; Poisson, qui ménagea plus lard un traité de commerce entre la république française et l'empire chinois; Pansi, qui succéda en qualité de peintre de l'empereur au P. Castiglione, etc. .

’ Le P. Joseph-Marie Amyot réussit surtout à jeter un nouveau jour sur la liltérainre des Chinois et des Tartares-Mantchoux. L'académicien Langlès, qui avait suivi lord Macartney dans sa célèbre ambassade, dédia en 1805 un de ses ouvrages au P. Amyot, mort en 1791. La dédicacées! conçue en ces termes : « Hommage de vénération, de regrets et de reconnaissance offert k la mémoire dq R. P. Amyot, missidhnaire apostolique è Pékin, correspondant de l'Académie des inscriptions et bellas-letlres, savant infatigable, profondément versé dans riiiiloire des sciences, des arts et la langue des Chinois, ardent promoteur de la langue et de la littérature tartare-mantchoue. »

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taÎD , président du tribunal des mathéinatiquos à I^kin, qui , à la pi-emière nouvelle de la ilestruction de son ordre , expira de douleur, sous le coup même, semblable au vieux soldat qui aime mieux mourir que de se séjtaier de son drapeau

Tous ces hommes, dont nos académiciens d’Europe appréciaient les découvertes et honoraient le savoir, ne perdaient point de vue, au milieu des travaux scientifiques, leurs devoirs, bien plus piv-cieux à leurs yeux, de religieux et de missionnaires. Tous, iLs pensaient comme l’un d’entre eux, Antoine Gaubil; et ils auraient pu, comme lui, écrire : a Selon l’ordre de mes supérieurs, mandait le P. Gaubil à un de ses confrères en France, je communique à Messieurs de l’Académie plusieurs observations astronomicpies, et à d'auti-es savants ce que je trouve de plus curieux et de plus important dans l’histoire chinoise et dans la vieille astronomie de cette nation. Mais dans le fond je ne fais tout cela que par oliéissance et à contre-CŒur, et j’aliaudonne tout cela avec plaisir pour baptiser, coufesser, commmiier, et surtout pour instruire les fidèles et les gentils. »

Le 2ti novernbro 1728, écrivant de Pékin au P. Étienne Souciet , le même missionnaire révélait dans la simplicité de son ambition ce qu’il espérait de ses travaux littéraires : « Je sais, dit-il, que Votre Révérence est pleine de zèle, et les objets n’en manquent pas. Je vous prie d’env isager la bonne œuvre des petits enfants exjwsés ici et à Canton. Rien de plus beau ; et je m’estimerais heureux si, par ce que je vous envoie, vous aviez occasion de faire connaître A des gens puissants l’importance de la bonne œuvre. » Et ailleurs : «Je ne m’embairasse pas que Messieurs de l’observatoire (tle Paris) me nomment ou ne me nomment pas... Je ne fais nul cas du petit honnem’ qui peut m’en revenir. De tous les missionnaires, je suis celui qui mérite le moins d’être honoré ’. »

> Histoire îles mathématiques, MontucU. II* partie, liv. iv, p. 471.

* Lettres autographes du P. Gaubil ; manuacrits du P. Brotier. — Le P. (laubil avait succédé au P Parrenin A la cour de l'empereur de la

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Et désormais la longue chniiie «le res travaux était interrompue; les anneaux en avaient été brisés. Mais ce qui était bien plus déplorable encore , la foi de Jésus-Christ de> ait , dans ces vastes régions, recevoir des blessui^es et subir des atteintes qui ne sont pas encore guéries.

Dans le même temps, le zèle desjésuites d’Europe ne s’était pas ralenti. Concentré dans un espace assez restreint, il semblait grandir à mesure que le théâtre où il pouvait s’exercer perdait de son étendue. Durant ces dernières années , de 1767 b 1773, les ouvriers évangéliques de la compagnie de Jésus multiplièrent leurs travaux dans l’Allemagne catholique et en Italie : partout ils faisaient entendre la parole du salut dans les villes et dans les campagnes, avec des fruits innombrables et vTaiment inouïs. Dieu l>éDissait donc cette dernière heure. Parmi eux, on distinguait les pères Zucconi, Saracinelli , Lentini , Oiorgi , Pellegrini , Venino , Trento , dans la {léninsule italique. Zucconi , remarquable par un don et un talent rares d’expliquer et de faire goûter les saintes licritures au peuple chrétien; Saracinelli, dont toutes les grandes cités , Florence , Venise , Padoue , Bologne , Milan , Rome avaient admiré l’élocpience et la piété ; Venino , surnommé le Massillon italien; Giorgi, distingué comme élégant écrivain et comme zélé prédicateur; Pellegrini, l’orateur des empereurs et des rois, et le consolateur des pauvres ; Trento, qui, pendant trente années, a évangéhsé les villes et les campagnes *.

Cbioe. « Cet illustre missiouDiire, dit Abel de Rémunt, nous présente encore bien d'autres titres à la gloire. On a peine à cooiprendre où U pouvait trouver le temps que doit lui avoir demandé la composition de scs ouvrages, presque tons complets et pmronds, et roulant sur les matières les plus épineuses. Sans perler de son Truité historique et critique de l'Astronomie chinoise , de sa traduction du Chou-King, son Histoire de Gengis Kan et de toute ta dynastie des Mongols est un ouvrage qui eût suffi i la réputation d'un autre écrivain. (Voir Biographie unie. art. Gaubil.)

< En France, à la même époque (1771-1773), et à peine rentrés de leur exil, les PP. de Marolles, Papillon du Rivet, Roiasard, Rejrre, Lantant et Beauregard faisaient retentir les rlwires de la capitale et des provinces du bruit de

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L’Allemagne voyait fructilier les travaux du P. Hausen , le missionnaire chéri des évêques; de François Wurth, de Michel Kraumer, d’Ignace Vurz , professeiu' d’éloquence et pieux prédicateur; d’Aloys Ment, dont la parole , non moins puissante que les écrits, tour à tour défendait la religion, attaquait les hérétiques et convertissait les Ames égarées par le vice ou par l’eri'eiu'.

Au reste , le caractère le plus frappant peut-être du zèle des disciples de saint Ignace dans ces années critiipies, c’était le soin de distribuer au peuple et à l’enfance le lait <le la doctrine du salut. Dans les États héréditaires de la maison d’Autriche , les jésuites avaient institué (juatre catégories île ces zélés et humbles missionnaires: missionnaires catéchisants , missionnairi's stationnaires (probablement occupés à l’instruction d’une ville ou d’un pays en particulier), missionnaires ségneriens ou de la pénitence, établis par le P. Ségneri pour la conversion des pécheurs ; missionnaires des camps , attachés à la suite des années pour l’instruction religieuse des soldats.

Dans le catalogue d’Autriche de l’année 1761 , les missionnaires catéchisants destinés à parcourir les diocèses pour rompre le pain de la parole sainte aux ignorants et au peuple, sont au nombre de dix-neuf. A leur tête est le célèbre P. Parhamer, qui se consola d’avoir été arraché à l’instruction des paysans, pourdevenir le confesseur de l’empereur François !•', en fondant plusieurs établissements utiles, entre autres son orphelinat militaire, où étaient recueillis les fils des guerriers morts au service de la pati'ie. Dans leui-s rangs on compte plusieui’s hommes distingués: un Jean Delpini, nommé plus lard par Marie-Thérèse à l’ahliaye de Kolos-Monostros, en récompense des nombreux services rendus par lui à la religion en Transylvanie, où il convertit plusieurs inilliei-s d’héréti-

leur voit, que la persécution avait rendue encore plus éloquente. Le P. Berthier se livrait, dans une profonde retraite , à ses pieuses et savantes méditations.

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