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TRAVAUX DE LA COMPAONIE DE JÉSUS

(jues ; an Étienne Michalcz, d’une des plus illustres familles de la Transylvanie, qui consacra de beaux talents et la connaissance approfondie de plusieurs langues au salut des pauvres de la campagne. Dans le même catalogue, à cêtê des dix-neuf missionnaires catéchisants, nous trouvons huit missionnaires ségneriens, x ingt missionnaires stationnaiiTS, et (pjatone missionnaires des camps et des armées. Dans le catalogue de l’année 1770, ces nombres sont restés à peu près les mêmes, à l’exception de celui des missionnaires stationnâmes qui s’élève à trente-trois. fut veis cette épcxjue (1770-1772) qu’eut lieu cette grande et merveilleuse révolution religieuse opérée en Hongi-ie et en Transylvanie, où plus de sept mille familles héréticjues ou schismatiques revinrent à l’unité. (Voir M. l’abl)é Maynard, Des Études et de l’Enseignement des jésuites, etc., etc., p. 191, 192.)

Dans les autres provinces de la Germanie, même zèle à instruire le peuple, les ignorants. Les théologiens les plus habiles ne dédaignaient pas d'embrasser cette humble mais fructueuse tâche. Mathias Schienberg, un des athlètes les plus infatigables et les plus puissants dans la guerre contre les hérétiques et les incrédules, et l’un des premiers controversistes qui attaquèrent ta philosophie sceptique de Kant, Schœnberg avait reçu de l’électeur de Bavière la direction de l’Aumône d’or, institution très-utile qui avait pour objet de répandre parmi le peuple des ouvrages instructifs*. « Schœnberg lui-même, dit le protestant Schœll’, lédigea une quarantaine de ces écrits populaires qui, imprimés en grand

■ Cette œuvre de V Aumône d’or, autrement connue tous le nom de Bibliothèque caléchètique ou instructive, avait son siège dans le collège de la compagnie de Jésus, à Munich. J'ai sous les jeux le catalogue des livres de celte bibliothèque pour l'année 1766. Il renterme deux séries de livres, les livres écrits en latin, et les livres écrits en allemand. Ces deux séries se divisent elles-mêmes en plusieurs classes : ascétiques et moraux ; liturgiques ; exercices spirituels et méditations ; historiques ; de controverse ou de polémique, etc., etc.

' Biographie universetie , art. ScBOwaxic.

lX)Cl'M£.NTS. CUAP. IX.

nombre, dans des éditions rapidement épuisées et rép*‘tées, n’ont pas peu contribué à inspirer des sentiments religieux aux peuples de l’Allemagne méridionale et de la Suisse catholique. »

Mais la grande œuvre des jésuites allemands, j’aime à le dire, semblait être, au dedans et au dehors des collèges, l’œuvre des catéchismes proprement dits. Dans chaque maison, toujoui’s plusieure religieux étaient consacrés à cette fonction si importante et si noble.

Ainsi dans le seul collège d’ingolstadt, parmi les jeunes jésuites alore étudiants en théologie et en philosophie, nous en comptons seize désignés pour évangéliser les pauvres ou les enfants des villages voisins. Le jadil collège de Hall, en Tyrol, et le collège de Ncubourg fournis-seut chacun six catéchistes. En l’année 1773, dans la province île Davière, le collège d’Amberg envoie six professeurs fahe le catéchisme hors de la maison, le collège de Munich neuf, et les autres collèges dans la même proportion. Dans la province du Rhin inférieur, dix professemrs ont le titre de catéchistes au collège de 'frèves; dix également, parmi lesquels trois scolais tiques, au collège de Paderborn, huit au colli'-ge d’Üsnabruck, vingt et un au collège de Munster, vingt-cinq au collège de Cologne L’Italie pcmnait nous offrir un même résultat : pour l’année 1 773, l’on trouve douze catéchistes au collège de Ferrare, vingt-six à celui de Milan et prés de quarante à celui de üologne, etc... C’en est assez pour mon lier quel prix et quel intéi-èl la compagnie de Jésus a mis dans tous les temps, et surtout à sa dernière heure, à l’instruction des pauvres et des enfants.

A cêté des apôtres des pauvres et de l’enfance, on comptait une foule de théologiens, d’exégètes, de canonistes et de controversistes d’un > rai mérite. C'est à cette même éjKXiue que paraissaient les ouvrages de Zaccaria , de Kleiner, d’An*-

I M. l'tbM Matnam, owragt àU, p. ItS.

TRAVAUX l)E LA UoMI’AüME DE JÉSUS. .3lW

toine S(’bmi(lt et de t'eller contre Fébronius’. Weitenauer, Weisseinliacli , WidenLol'ei', Nicnlal , Goldliagen publiaient leure savants travaux sur l’FA^rituie sainte. Sardagna à Ratis- Ixjnne , Stattler à Ingolstadt , les théologiens de Würtzljourg , Kilber, Holtzklau , .Neultauer donnaient leur Cours de Théologie doginatujue; FdinondVoit imprimait sa Théologie morale. De nonibn>ux apologistes défendaient la-religion contre les attaques des sophistes et des inci-édules. Le champ de l’histoire, de la littérature et des sciences était cultivé par une multitude de ces écrivains religieux, non moins remarquables par l’élégance de la diction (jue par la profondeur et l’étendue tle leui'S connaissances.

Qiiaut aux collèges eiix-nièmes qui restaient à la compagnie en Allemagne et en Italie , ils étaient tivs-llorissants. En 1772 et 1773, les chaires de théologie, d'Ecriture sainte et de droit canon étaient occupécis à Rome par les PP. Faui'e, Stoppini, Gravina, Stefanucci, eU'. Un y voyait, parmi les professeurs de sciences et de Ijelles-letlres, les PP. Lagomarsini, Asclepi, Couich, Morcelli et Lanzi ; Saracinelli', Zaccaria et Ambroggi étaient les prédicateurs de l’église duGesfi. Angeri et Lazzeri, tous deux conser\és par Clément .\1V dans leurs fonctions, étaient , au moinenl de la suppression, l’un tliéologien de la pénitencerie, l’autre examinateur des é\éques et chargé de la correction des livres orientaux. En d’autres parties de l’Italie, Boscovich, Xiinenez, Noghera, Nicolaï, Zamagna.Tirabôschi,, Eckhel , Riccati , etc., étaient les représentants de l’enseigne*

I Feller incUait tu jour son Caléchitme philosophique , en l’année tlTI. C'est par erreur que l'Iiistorien du Ponlifical de Clément XIV appelle le P. de Feller ex-jésuile français, et qu’il le fait, en 1774, rédacteur d’une gazette à Cologne. F.-X. de Feller était Belge et non Français : il n’était pas ex -Jésuite; il ne faisait que de prononcer ses derniers vœux à Bruxelles en 1771. Il ne rédigeait alors, ni plus tard , aucun journal A Cologne; car en 1772 il exerçait les fonctions de prédicateur au collège des jésuites de Liège , et composait de savants ouvrages apologétiques. Ce ne fut qu’en I7H qu’il se chargea de la rédaction, non d'une gazette à Cologne, mais du Journal historique et littéraire de Luxembourg, qu'il continua Jusqu'en 1794. (0fo* graphie universelle, art. Fzllei.} *

DOClMEMS. CÉAÎ>. IXi

ment scientifnjue et littéraire Enfin, à cette dernière ép<xjue> de 1709 à 1773, plus de -iO(» ouvrages de science sacrée ou profane, de littératui’e ou de piété, avaient été couiposés j>ar 200 auteui-s jé-suites

C’est d’après cet eim-mble de choses que Chàteaubriand a pu dire, dans son Génie du Chrisliantsme : « L’EurüjX! savante e lait une porta im-parable dans les jésuites ; l’éducation ne s’est jamais bien relevée depuis lem’ chute. » Et dans un autre cuiv rage : « Les jésuites w toutinreni et se j>erfection~ fièrent jusqu’à leur dernier moment. La destruction de cet oixlre a fait un mal irréjiarable à l’éducation et aux lettres : on en conv ient aujounl’hui ’. » C’était en présence des ruines que la révolution française avait amoncelées dans toute l’Eu- .^Tope (jue l’illustre écrivain formulait ainsi si pensée , (jui était celle de tous les hommes sages de son époque, il est permis de le dire. Les évêques de France ijui , en 176.Ï, n’avaient pu voir encore tous les désastres de cette révolution, pendant laquelle ils devaient donner au monde un si bel exemple de magnânimité clirétienne et de courage sacerdotal , les évé(]ues de France voyaient du moins, et ne manquaient pas de signaler à d’imprudents démolisseui-s, les suites qu’entraînait et devait entraîner pour la religion la suppression de la compagnie de Jésus. Tel était alors leur langage et celui du plus grand nombre des évêques catho- • Uques. Les lettres publiées dans ce volume supplémentaire en font foi. Nous ajouterons ici, pour Couronner cet ensemble de témoignages imposants, la lettre que le cardinal Migazzi, archevêque de Vienne, adressait à Clément Xl\', après en avoir reçu le bref qui éteignait la compagnie de Jésus dans le monde entier.

* Nous avons parle du collège de Vienne au chap. ii de l'ouvrage , p 360. Pour les autres savants ou professeurs jésuites, on peut voir les noms de plusieurs d’entre eus dans l'intéressant ouvrage, déjà cite, de M. l’alibc Mat- IVASD : Des Études et de !' Enseignement des jésuites à l'époque de leur suppression (1760-1773).

* Caialleuo, Supplémenta Bibliotheex scriptoram soc. Jesu.

* Génie du Christianisme, t. IV, p. 311 (7< édition). — Mélanges.

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