‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 58 sur 89 · TRAVAUX DE I.A COMPAGNIE DE JÉSUS. 40S · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE I.A COMPAGNIE DE JÉSUS. 40S

Je n’éprouve pas muius d'inquiétude par suite de la deuxième prescription , par la(|uelle il est statué : « Si quelques-uns de ceux qui ont appartenu à la compagnie de Jésus étaient chargés de l’instruction de la jeunesse , ou s'ils exerr raient les fonctions de prol'esseurs dans quelques collèges ou écok“3, nous voulons qu’alisoliiment écartés de toute direction, administration ou autorité, on ne leur permette de continuer ces fonctions qu’autant que l’on aura lieu de bien espérer de leurs travaux. »

Tout le monde sait avec (jiiel avantage , pour la religion et pour TÉtat, le collège 7’éré.w'en a été fondé et ouvert par l’auguste impératrice , et combien cette institution a prospéré jusqu’à ce jour. Car, voyant que les païunls envoyaient leurs enfants dans les universités hértHiques, pour y être instruits, parce «jue ces universités surpassaient nos écoles catholiques dans certains genres de sciences, notre sage souveraine, poussée jiar son îèle incomparable pour la conservation de la vraie foi et de la pureté des mœurs , résolut d’ériger ce collège , où , avec la religion et la piété , on verrait fleurir toutes les sciences. Trois cents jeunes gens et plus, venus soit des royaumes soumis A notre souveraine, siiit des provinces étrangères, sont si merveilleusement élevés dans la religion et dans toutes sortes de connaissances, que ce collège s’wt rendu célèbre dans toutes les parties de l'Europe, et qu’il a formé en grand nombre d’excellents citoyens et d’excellents ministres pour l’Église comme pour l’État. Tant et de si grands avantages sont dus à celui (jui en était le recteur lorsque la compagnie subsistait encore, et aux autres admiiiistratimrset directeurs de ce collège, tous membres de la même compagnie. Contraint par la hrièveh* du «lélai , je proposiii à notra auguste souveraine d’onlonner que le i-ecteur continuât d’exercer ses fonctions sous le nom et sous l’autorité du comla Lautieri, jus<|u’à c.e que j’eusse recours à Votre Sainteté pour lui expli(juer l’état présent des affaires. Mais un tel état de choses ne peut se prolonger longtemps sons engendrer la con-

POCIMEXTS. CHAP. IX.

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fusion et le désordre dans la discipline et dans la direction de rétablissement. D'abord on y a conserv é ceux qui auparavant étaient chargés de la direcfiou de la jeunesse, et on les emploie conjointement avec d’autres qui leur ont été adjoints. Quant aux prêtres qui étaient auparavant prédicatem-s et confesseurs , on leur a ordonné de s’abstenir de ces fonctions sacrées, ce qui, toutefois, n’a pas été sans de graves inconvénients; car la jeunesse , lialdtuée à ces directeurs, u’aceajrde pas facilement à d’autres sa confiance, en ce qui concerne la religion et la conscience.

Plusieurs personnes , il est vrai, ont pensé que le collège en question n’est point compris dans le bref pontifical ; car il y a déjà plusieurs années qu’une ordonnance royale lui avait fait déposer le nom et les insignes de la compagnie , et lui avait donné le nom de Collège royal Térésien. Toutefois , ayant recoimu que . dans sa première érection, il appartenait à h» compagnie, et que les prêtres auxquels il était confié vivaient suivant les règles et les coutumes des jésuites, j’ai cru devoir, pom plus de sûreté, recourir très-humblement à Votre Sainhilé ; de telle sorte que je puisse en même temps satisfaire à ma conscience et ne point laisser renverser le bel ordre qui n'gnait dans l’organisation première, digne de tout éloge. -

Il me reste à faire connaître à Votre Sainteté que quelquesunes des maisons ou ccdléges seront changés en séminaires ecclésiastiques. Ici encore je suis réduit par la nécessité à ne pouvoir point changer ceux (pii avaient le gouvernement et l’administration de ces établissements. Néanmoins j’espèi-e que Votre Sainteté, ainsi que je l’en supplie, ne considérera point de mauvais oiil cette manière d’agir. Je ne puis [)as môme cacher à Votre Sainteté qu’il m’est venu connaissance d’un certain or.lre , qui enlèverait aux évêques le droit (jue leur accorde le bref publié, de coulier le ministère de la prédication et de la confession aux membres de l’ordre supprimé , sans en demander à Rome une autorisation spéciale pour chaque fois. A celte rumeur incertaine , on a vu se

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