ÉTAT DÉ LA ÛUSSTION
dont les magistrats semblent vnuloir ternir l’érlat par une coupable résistance à vos volontés. » (23 septembre 1701, -w Manuicrit de Af. de Flesselles.)
L’évwjue irUiès établit avec non moins de force et de vérité que les arrêts du parlement conciu’nant les jésuites sont îles attentats contre l’autorité du roi et contre celle de l'liglise, des plaies sanglantes faites à la religion; il ajoute :
B Mais qui pourrait se dissimuler (iu’«« paiii qui combat depuis longtemps a\ec la plus opiniâtre résistance les déq}.sions de l’Église, animé par une haine implacable à la perle de cette comiMgnie , a trouvé entin le moment de faire éclater, dirai-je sa vengeance contre elle, ou te» pernicieux dei~ teins contre l'Église? Attentif à saisir les conjonctures, il profite de celle où la religion se trouve affaiblie dans les esprits et dans les cœui’s j>ar l’impression funeste d’une prétendue philosophie, où par consiMjiieiit les hommes sont moins touchés des intérêts de la religion et de la foi , et plus susceptibles desjiassiuns fpi’on leur inspire ; dans celte situation , on leur fait oublier les services tjue celte coinjiagnie a rendus à leurs ancêtres, à euï-mèmos, et qu’elle rend encore à leure enfants; on leur ferme les yeux sur l’utilité qu’en ont reçu tous les genres de littérature; on décrie les avantages encore plus pi’écieux (jii’ils en retirent par les fonctions du ministère; d’estimable et de digne iju’elle était aujiarar vaut lie leur confiance, elle ii’est plus, à leurs yeux prévenus, qu’un assemblage de méchants et le fléau des Ktats; tout eonspire A sa mine; l’enseignement public lui est ôté, même avant que son état soit jugé définitivement; elle est remplacée dans ses propres collèges par des maîtres pris à la hâte, tant l'aveu de Voire Majesté , sam égard aux droits de votre elergé , sans qu’il soit même consulté : on s’empare de l’enseU gncment de la jeunesse de votre royaume ; quelles peuvent être les suites de ce renversement î La main qui l’a préparé, et qui en presse l’exécution avec ai-deur, veut en retirer le fruit : mettre à la place des jésuites, qu’elle regaitle comme
DOClTtfENTâ. CHAP. I.
sps ennemis, de nouveaux maîtres dont elle puisse disposer à son gré; des maîtres sur lesquels les évéques vomiront en vain exercer l’inspection qu’ils ont de droit sur l’enseignement ; on saura bien les soustraire à leur vigilance et à leur zél(“ ; V/imnme ennemi sèmera impunément la zizanie dans le champ du père de famille. Qu'il est à craindre que dans peu de temps la jeuness<; ne se trouve imbue dans ces nouvelles écoles de maximes pernicieuses , contraires à la religion et à la soumission à l’Église ! Et quand on a franchi ces bornes sacrées, y en a-t-il qui puissent arrêter? » Et plus loin î « Détruire les jésuites, c’est faire injure à l’Église; c’est s’élever contre la Providence qui a marqué à chaque homme sa destinée... c’est êter aux premiers pasteui’s . des sujets utiles qu’ils emploient à la sancfilication des âmes... Quel vide ne laisseront-ils pas quand ils ne seront plus; quand on aura détruit ce corps qui a produit des hommes excellents , des prédicateurs, des ouvriers évangéliques, toujours prêts à se livrer au travail dans les missions, dans les retraites, dans toutes les œuvres de z.êh> , œuvres suspectées sans raison entre les mains des jésuites? Le bien en était évident; le public s’en voit privé à regret; l’envie qui poursuit la société s’irrite de la confiance que les peuples leur témoignent; elle s’offense de l’estime que nous leur accordons ; elle veut vous enlever leur secours et nous aflaiblir; et comme elle prévoit que la société dissoute, les particuliers pourront encore nous servir, elle inspire les précautions les plus inouïes pour nous les rendre inutiles après leur dispersion. On ne saurait s’y méprendre... o ( Lettre du IT.juillet 1762. Recueil depièces, 1763. )
11 n’est pas inutile de remarquer ici que les évêques , et en particulier les évêques de France, étaient bien éloignés d’identifier, comme on les en a accusés, la compagnie de Jésus avec l’Église. Voici comment l’un des plus zélés défenseurs des jésuites, M. de Montmorin , évêque de Langres, s’exprime dans une lettre pastorale condamnée au feu par le parlement de Paris :